Un hôpital teste le cuivre pour lutter contre les infections en juillet 2011 Les bactéries les plus résistantes placées sur des surfaces en cuivre sont rapidement détruites.

, dans le réseau de Christophe Juppin

Deux services de l’hôpital de Rambouillet ont été équipés de robinetterie, poignées et rampes faites dans ce métal aux propriétés antibactériennes. L’hôpital espère mesurer un impact positif sur le taux d’infections nosocomiales.

Robinets, rampes, tablettes, prises électriques ou poignées de porte : le cuivre a fait une entrée remarquée dans les services pédiatrie et réanimation de l’hôpital de Rambouillet. Il s’agit là d’une expérimentation pionnière en France qui vise à étudier l’impact de ces équipements antibactériens sur le nombre d’infections contractées à l’hôpital.

Plusieurs études anglo-saxonnes ont déjà montré ces dernières années que les bactéries les plus résistantes placées sur des surfaces en cuivre sont rapidement détruites. Une expérience diffusée en direct en avril 2011 montrait par exemple la disparition en moins de huit minutes de la quasi-totalité des 10 millions de staphylocoques dorés résistants à la méticilline (un antibiotique usuel) déposés sur un petit bout de cuivre d’un cm2. Le microbiologiste Bill Keevil, pionnier britannique de ce domaine de recherche, expliquait alors au figaro.fr que « les ions cuivres en surface sont intégrés dans le métabolisme des microbes et conduisent à la formation de molécules qui viennent perturber leur respiration ». Le mécanisme présente par ailleurs l’avantage de n’induire aucune résistance supplémentaire aux antibiotiques chez les microorganismes.

Les autorités sanitaires restent frileuses

Les résultats prometteurs de laboratoire ont ensuite été validés in situ à l’hôpital de Southampton, en Angleterre, en 2007 : les équipements cuivrés de l’établissement présentaient au minimum 90% de germes pathogènes en moins que les équivalents en inox qu’ils remplaçaient. L’équipe américaine du Dr Michael Schmidt a depuis dévoilé en juillet 2011 que l’installation d’équipements en cuivre dans trois services de réanimation américains avaient permis de réduire de 40 à 70% le taux d’infections nosocomiales.


La démonstration a fini de convaincre la direction de l’hôpital de Rambouillet qui, sur les recommandations des associations de patients, a organisé un partenariat avec le Centre d’information du cuivre. L’institut fournit les équipements (environ 400 kg de cuivre soit 2500 euros de matière première), l’hôpital paye leur installation et mesure leur efficacité.


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Des plaques en alliage de cuivre sur les portes du service pédiatrie de l’hôpital de Rambouillet

« Dans le service pédiatrie, nous allons regarder si le cuivre permet de limiter les très nombreux cas de bronchiolites et de gastro-entérites contractées à l’hôpital entre septembre et mai  », détaille le Dr Patrick Pina, chef du service hygiène de l’hôpital et responsable de l’étude clinique. « Dans le service réanimation, nous allons contrôler les bactéries multi-résistantes et comparer les résultats obtenus à ceux des années précédentes », poursuit-il.

Pour l’instant, les autorités sanitaires françaises restent frileuses. Elles n’ont pas apporté leur soutien explicite à cette première expérimentation. Si elle se révélait concluante, il faudrait pourtant envisager avec le plus grand sérieux la mise en place d’un plan d’équipement en cuivre des hôpitaux. Il serait difficilement acceptable qu’une solution efficace aussi simple à mettre en œuvre puisse être ainsi ignorée par les pouvoirs publics alors qu’on comptabilise chaque année en France plus de 750.000 cas d’infections nosocomiales dont 4000 conduisent à la mort du patient.

Publié par Tristan Vey le 16 octobre 2011 dans http://sante.lefigaro.fr


Pour en savoir plus :

- Un hôpital teste le cuivre pour lutter contre les infections en juillet 2011
- Les alliages de titane pour le médical
- Un guide sur l’aptitude à l’utilisation des DM co-signé Cetim et Snitem
- Symposium « Matériaux antimicrobiens », 19 septembre 2018, à Reims