« Santé : innovation cherche confiance » L’apport des algorithmes d’intelligence artificielle et le partage des données de santé

, dans le réseau de Christelle Ayache

« La promesse que nous faisons quotidiennement à tous les patients, c’est de continuer, malgré les échecs, à investir en R&D pour trouver les traitements qui sauveront des vies », écrit Frédéric Collet, président du Leem

Nous sommes en 2030.

Quentin a 13 ans. Il y a deux ans, on lui a diagnostiqué un lymphome de Hodgkin. Grâce à l’épigénétique, il est sauvé. Pierre a 52 ans. Il est diabétique de type 2 depuis l’enfance. Grâce à la thérapie cellulaire, il est guéri. Marie a 79 ans. Elle souffre d’insuffisance cardiaque depuis peu, l’une des premières causes de mortalité dans le monde. Grâce à un système de pompes cardiaques composées d’une membrane ondulante qui reproduit les pulsations du cœur, elle est guérie. Safia a 37 ans. La progression de sa sclérose en plaques est stoppée net grâce à des anticorps monoclonaux...

Nous sommes en 2030. Cette promesse n’est pas que médicale, elle est aussi technologique, numérique avec l’apport des algorithmes d’intelligence artificielle, la télémédecine, le partage des données de santé via le health data hub prévu par la loi Buzyn… Là encore, le champ des possibles a été repoussé. Nous sommes capables de livrer par drones des traitements pour guérir la drépanocytose qui affecte 200 000 nouveau-nés chaque année en Afrique et reste la maladie génétique la plus répandue dans le monde avec 50 millions de personnes touchées. Des lentilles de contact connectées sont capables de détecter le taux de glucose contenu dans les larmes des patients. On peut opérer une tumeur au cerveau sous anesthésie locale et plonger le patient dans une réalité virtuelle grâce à des lunettes 3D. Un algorithme de vision artificielle permet de dépister le cancer de la peau, en analysant plus de 100 000 images annotées comme bénignes ou suspectes. Ses performances surpassent celles de 58 dermatologues !

Prévention, dépistage, comportements, environnement et curatif

La promesse de l’innovation, elle se joue aussi sur le terrain de l’organisation des soins où les innovations bouleversent l’ordre établi. Désormais le médecin téléconsulte, le pharmacien vaccine, l’infirmière diagnostique… et le patient se soigne à domicile, connecté, informé, autonome et observant.

En 2030, nous avons cessé de raisonner par secteur : soins de ville, soins hospitaliers, soins médico-sociaux… Notre système de santé réunit désormais prévention, soins, suivi médico-social voire social. Il crée de la valeur en santé. Les politiques publiques ont suivi ce vaste mouvement de décloisonnement. En 2019, elles se concentraient sur le remboursement d’un système de soins curatif. Désormais elles intègrent le système dans son ensemble (prévention, dépistage, comportements, environnement et curatif).

Pédagogie et transparence.

En 2030, la confiance a été retrouvée car la promesse a été tenue. Les entreprises du médicament ont su convaincre face à une opinion publique exigeante, experte et informée en matière de santé. Elles ont poussé davantage leurs efforts de pédagogie et de transparence avec détermination et humilité : car nous sommes tous des patients, des citoyens, des assurés sociaux, des contribuables, soucieux de la qualité de nos vies et celles de nos proches. Et nous avons besoin de savoir. Or, la promesse que nous faisons quotidiennement à tous les patients, c’est de continuer, malgré les échecs, à investir en R&D pour trouver les traitements qui sauveront des vies.

L’an 2030 se prépare aujourd’hui. Plus l’innovation est forte, plus elle doit être expliquée et explicite. Le dialogue et la collaboration entre tous les acteurs – pouvoirs publics, médecins, pharmaciens, patients, entreprises de santé – sont indispensables. Nous sommes en 2019 et en ordre de marche pour 2030.

Frédéric Collet (Novartis) est président du Leem, l’organisation professionnelle des entreprises du médicament en France, qui a réalisé avec la revue Futuribles une étude prospective sur « La santé en 2030 ».

Publié par Frédéric Collet le 01 août 2019, dans https://www.lopinion.fr

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