Philippe Hénaux : Conjuguer le présent au futur...

, dans le réseau de Philippe HENAUX, Victoria Di CARLO
 LORNTECH - POLE METROPOLITAIN SILLON LORRAIN

LORnTECH, au-delà de sa capillarité territoriale est aujourd’hui une structure avant-gardiste à visage humain. Philippe Hénaux, son pilote opérationnel pour Metz, en est l’emblématique figure de proue. Un personnage atypique qui brille par sa vision éclairée, son intuition sélective et sa détermination inébranlable.


Ingénieur en informatique, ce Woippycien passionné de technologies nouvelles, est débauché de TDF par Jean-Marie Rausch, alors maire de Metz, à l’époque glorieuse des autoroutes de l’information. Passage de courte durée, avant de prendre en main, à Paris, les destinées d’une startup innovante. Expérience enrichissante qui ne l’empêche pas de revenir à Metz, huit ans plus tard, à l’heure de la société numérique émergente.


Posture de pionnier

Durant une décennie très formatrice Philippe Hénaux va pouvoir tester son niveau de connaissance, vivant au rythme de la pleine exploitation des réseaux nationaux ou internationaux, tout en se forgeant une expérience enrichissante en matière de transport des données. Il met au point des applications reliées au projet Eurêka Swift. « Confronté à bon nombre de contraintes géographiques et techniques, nous avons pu expérimenter, avec succès, des méthodes efficientes en matière de diffusion d’éléments. Ce fut notamment le cas pour Le Républicain Lorrain avec l’accès d’informations provenant de la presse écrite, sur internet. » Une évidence aujourd’hui, pourtant aux allures de nébuleuses applications, en 1995.

C’est alors que ce technicien du futur est sollicité expressément par Jean-Marie Rausch qui lui propose d’implanter, en centre-ville, un espace multimédia, « posture de pionnier, avec la prise en compte de l’émergence d’un nouveau média : internet. Une seule certitude, l’importance de savoir investir au bon moment, pour préparer l’avenir de développements encore embryonnaires ».

Bulle internet

Recontacté par ces anciens dirigeants, Philippe se voit offrir, en 1999, la possibilité de se lancer dans une nouvelle aventure, à la tête d’une startup, filiale de TDF, dont la vocation première est de diffuser, sur internet, des chaînes de télévision ou des stations de radio, « une vraie révolution permettant de mailler le territoire avec des sources audio-visuelles variées et retransmises sur le web  ». Une montée en puissance spectaculaire de TV-radio.com qui va générer en quelques mois trois millions d’euros de CA, « plus de 200 radios programmées, des dizaines de chaînes télévisées, de la VOD... de quoi occuper une trentaine de salariés branchés ». En pleine explosion de la bulle internet, Philippe Hénaux n’oublie pas pour autant ces deux années prémonitoires passées à Metz « pour des raisons personnelles, je décide de passer la main à Paris et de revenir en Moselle, dans des conditions très spéciales  ». En effet, quelques mois plus tard, Jean-Marie Rausch perd la mairie,
« situation délicate pour moi, avec une petite traversée du désert... jusqu’à ce coup de téléphone de Dominique Gros. Le nouveau maire me demande de m’intéresser à l’aménagement de quartiers numériques, dans le cadre de la mise en place de la French Tech  ».

Fantastique opportunité pour Philippe Hénaux de laisser libre cours à ses aspirations, en matière d’économie numérique et d’écosystème, avec une approche métropolitaine évidente, rattachée au Sillon lorrain Thionville, Metz, Nancy, Épinal « Anne Grommerch se positionne en leader, Jean-Luc Bohl et Dominique Gros s’investissent vigoureusement avec notamment la création de TCRM Blida, Nancy l’a déjà initiée... et Épinal fait valoir la qualité séduisante de quelques belles startup  ». La colonne vertébrale de LORnTECH se profile clairement avec une accélération liée à une double rencontre, « celle d’un lieu et d’un homme ».

Fertilisation croisée

En effet, à l’extinction de la Nuit Blanche, en 2014, Philippe Hénaux découvre l’espace TCRM-Blida. Des installations délaissées par les transports en commun, correspondant parfaitement au cahier des charges de la French Tech, « cette plateforme reconvertie, adaptée à l’éclosion des nouvelles technologies, apparaissant d’emblée comme autre chose qu’une simple pépinière du digital  ». Pour s’en convaincre, quelques heures passées avec Nicolas d’Ascenzio, jeune « maître » des lieux. « Issu d’un autre monde que le mien, d’une autre culture et d’une autre génération. Fondamentalement différent mais tellement complémentaire. » Interaction évidente entre la créativité artistique et l’économie numérique, « une fertilisation croisée... propice à l’épanouissement de talents en provenance d’horizons divers  ». Fusion évidente des compétences de chacun et d’un objectif commun, celui de libérer des énergies, de fédérer des savoir-faire et d’accompagner des initiatives porteuses de ressources inestimables.

Le 25 juin 2015, LORnTECH reçoit officiellement le label French Tech apparaissant, dès lors, en bonne place sur la carte des 13 métropoles françaises reconnues pour l’excellence de leur écosystème numérique. En juillet 2016, l’agrément est confirmé et TCRM-Blida avec ses 700 m² d’installations et sa quinzaine de pépites devient le noyau dur de ce maillage qui n’en finit plus de prospérer. Philippe Hénaux peut ainsi poursuivre sereinement sa mission catalysante en renforçant patiemment l’enracinement de ses certitudes dans un terreau aussi fertile que celui de ce quartier de la prospérité culturelle et numérique de Metz. Une manière très personnelle de conjuguer le présent au futur.

LorNtech : Une fusée à cinq étages

Révéler, identifier, mobiliser. Une déclinaison progressive qui jalonne parfaitement le déroulé logique de la démarche qui a présidé à l’installation de LORnTECH. Pour Philippe Hénaux, l’obtention du label France Tech peut, sans nul doute, être considérée comme un déclic essentiel au rayonnement économique du Sillon lorrain.

En réunissant les quatre villes majeures de l’ancienne région administrative, c’est une énergie novatrice de notre activité transfrontalière qui s’est mise en marche  : « Tous ensemble, nous gagnons. Certes, notre écosystème reste à construire, mais nous avons déjà enclenché la première étape d’un développement crucial pour le devenir de notre territoire ».

Marketing territorial

Révéler. Acte fondateur de cette charte innovante. «  Ne disposant pas d’une boîte à outils adaptée, nous avons dû, dans un premier temps, réunir les acteurs de l’économie numérique. Notre région regorge, en effet, d’entreprises de pointe qui ne demandent qu’à s’inscrire dans ce schéma particulièrement valorisant.  »
Identifier. Ce recensement effectué, il a fallu tracer des perspectives s’inscrivant dans la logique de ce réseau : « 13 entités de ce type existent en France. Nous en faisons partie avec le triangle normand, Rouen, Caen et Le Havre, le tandem azuréen Nice et Sofia Antipolis et le regroupement breton Brest-Morlaix, des exemples d’axes métropolitains dynamiques regroupant des villes s’inscrivant parfaitement dans une cohérence géographique établie  ».
Mobiliser enfin. Autour de la notion de marketing territorial, afin d’exister sur la carte French Tech. Une mobilisation des moyens rėunissant les acteurs publics comme les entreprises privées. « L’objectif étant de bouster, en préalable, le quantitatif pour créer un effet de marché qui favorisera le qualitatif. »

Maillon fort

Au terme de deux années de prospection et de négociation, la fusée LORnTECH a pu être placée sur sa rampe de lancement « fusée à cinq étages, avec à la base, le carburant, alimenté par les idées, puis le stimulant, constitué par la collecte des projets pertinents. Arrive ensuite la phase de décollage, amorcée avec l’énergie générée par ces perspectives de développement. La croissance, liée à la parfaite maîtrise des ressources identifiées. Et enfin, sur un plan plus virtuel, la mise en orbite. ». Voler ainsi de ses propres ailes, en restant fidèle aux valeurs intrinsèques du territoire. Telle est bien la finalité escomptée de ce processus structurant, engagé, avec raison et ambition, par les acteurs économiques et culturels associés à cette mutation fondamentale.

C’est précisément en puisant, à la fois, dans les fondements patrimoniaux d’un héritage artistique régional diversifié et dans les aspirations légitimes d’une ambition affichée, attachée à l’avènement du numérique, que Philippe Hénaux a pu patiemment charpenter un modèle spécifique qui fait désormais école dans le Grand Est : « Nous devons impérativement faire évoluer notre stratégie en tenant compte de notre environnement géopolitique ». De Strasbourg à Châlons-en-Champagne, en passant par Metz et Nancy, LORnTECH s’affirme, dès lors, comme le maillon fort de cette chaîne interactive, construite autour de la valorisation d’un écosystème propre à notre nouvelle entité régionale, «  cerise sur le gâteau, l’ouverture évidente sur le Luxembourg naturellement intégré au périmètre French Tech, compte tenu de la présence de nombreuses start up lorraines qui ont choisi le Grand-Duché pour favoriser leur positionnement à l’international.  » A l’image de ce qui passe actuellement à New York, où plus de 200 entreprises françaises sont en connexion avec le maillage de la French Tech.

Quartier numérique

Bénéficiant avec TCRM-Blida d’un tiers lieu comparable à ceux de Bordeaux, Marseille, Lille ou Nantes, LORnTECH peut s’appuyer sur une dynamique naturelle insufflée à Metz, autour de ce futur quartier numérique, au coeur d’une agglomération où le « haut débit pour tous » est déjà une réalité, abritant déjà bon nombre de pépites comme Divacore (qui a levé cette année plus d’un million d’euros de fonds) ou Mamy Twink (chaîne sur YouTube qui rassemble déjà plus de 250 000 abonnés). La deuxième phase, qui permettra de démultiplier la notoriété de cette plateforme, est engagée depuis quelques mois avec l’élargissement, avec l’ouverture vers le grand public, des innovations proposées au cœur de ce carrefour des cultures et des technologies nouvelles. Une destinée clairement définie par Philippe Hénaux, conscient de la nécessité d’appropriation, par la population et plus particulièrement par les générations futures, de cet espace de 27 000 m2 générateur d’une dynamique collective indispensable à la réussite de ce projet fédérateur.

Textes : Christian MOREL
Photos : Miguel Antunes

Publié le 24 vovembre 2016 par Christian MOREL dans https://www.republicain-lorrain.fr

Crédit : Photos © Miguel Antunes Le Republicain Lorrain


L’édition GEN2017 (Grand Est Numérique) La 5e édition du GEN à Metz, le rendez-vous business et numérique du Grand Est, a eu lieu les 21 et 22 septembre 2017.
Témoignage de Philippe Hénaux de Lorntech - Métropole FrenchTech. Le Monsieur Innovation et Numérique de l’agglomération de Metz.

L’équipe du Pôle Métropolitain du Sillon Lorrain

- Vincent GROSS, Délégué général du Pôle métropolitain, Directeur général délégué de la Métropole du Grand Nancy,
- Laurence FRAZZINI, Gestionnaire des Affaires générales,
- Cécile KORMANN, Chargée de mission Europe et projets métropolitain, chargée de la mise en oeuvre de la Stratégie Europe du Sillon lorrain,
- Jérôme MARCHAL, Directeur de projet métropolitain, en charge des territoires associés, du marketing territorial et des projets d’infrastructures,
- Frédéric ZATKA, Chargé de mission projets métropolitains, assure le suivi du fonctionnement interne du Pôle et des projets métropolitains.

Pour en savoir plus :

- Le 27 novembre 2013 Fleur Pellerin annonce la création de La French Tech, label de mobilisation et promotion des écosystèmes numériques français
- 14 février 2014, Fleur Pellerin ambitionne de bâtir la "start-up Republique"
- Le 12 novembre 2014 : après Paris, Axelle Lemaire labellise neuf "métropoles French Tech"
- Le 24 juin 2015, Axelle Lemaire labellise "quatre métropoles French Tech" et nomme quatre territoires "écosystèmes thématiques" depuis New York
- Tour de France de la French Tech : l’Alsace, comme un coq en pâte en septembre 2014
- LORnTech : Axelle Lemaire et Christian Eckert le 9 octobre 2015 à TCRM-Blida bâtiment Totem de Metz
- LORnTECH Philippe Hénaux : Conjuguer le présent au futur...
- LORnTECH : Le numérique lorrain cherche encore ses « Licornes » en juin 2016
- 11 novembre 2016, Le Paddock , bâtiment totem à Nancy, exemple à suivre
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