NovaGray, la start-up récompensée par le prix StartHer le 19 octobre 2017 les premiers tests sanguins et algorithmes permettant d’identifier les patients qui risquent de développer des effets secondaires lourds lors d’une radiothérapie.

, dans le réseau de Sandrine Jullien-Rouquié

Qui est derrière NovaGray, la start-up récompensée par le prix StartHer ? Cette jeune pousse, récompensée jeudi soir 19 octobre 2017 par ce prestigieux prix, propose un traitement contre le cancer innovant. Clémence Franc dirige Novagray dont le concept repose sur le développement d’une radiothérapie personnalisée, basée sur l’analyse d’échantillons de sang des patients.

La présentation a scotché le jury comme le public de 300 personnes réuni à l’occasion des StartHerAwards. Clémence Franc, ingénieure formée à l’École spéciale des Travaux Publics et à HEC, a sobrement expliqué le projet de NovaGray, start-up qui développe les premiers tests sanguins et algorithmes permettant d’identifier les patients qui risquent de développer des effets secondaires lourds lors d’une radiothérapie.

Grâce à ce procédé innovant, il est possible de personnaliser les traitements contre les cancers les plus meurtriers en France (ceux du sein, de la prostate et du poumon). NovaGray s’appuie sur près de quinze ans de travaux menés à l’Institut du cancer de Montpellier et sur la pugnacité de la jeune entrepreneure de 27 ans, déjà repérée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) parmi les innovateurs de demain.

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Clémence Franc, NovaGray, cette start-up développe les premiers tests sanguins et algorithmes permettant d’identifier les patients qui risquent de développer des effets secondaires lourds lors d’une radiothérapie. NovaGray, start-up récompensée par le prix StartHer le 19 octobre 2017

Le 19 octobre 2017, dans l’amphithéâtre du plus grand incubateur d’Europe Station F, Clémence Franc s’est vu remettre le prestigieux prix StartHer. Accompagnée d’un chèque de 10.000 euros, cette récompense lui ouvre également les portes des plus grands festivals d’entreprenariat au monde et des réseaux de la French Tech.

« Elle va avoir un réel impact » a assuré Evgenia Plotnikova, VC et growth investor chez Atomico et membre du jury d’experts chargés de départager les dix finalistes en compétition. Clémence Franc souhaite investir cette somme dans le volet communication de Novagray, les premiers essais cliniques ayant été validés et permettant une commercialisation prochaine.
Compétition unique en son genre

Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au numérique, a également assisté à l’événement unique en son genre. Avec ces StartHerAwards, l’association Star Her réalisait en fait un tour de force : rassembler sur scène plus de femmes que l’on n’en voit jamais dans ce type d’événements liés à l’entreprenariat. Dans ce milieu, les start-up dirigées par des femmes sont largement sous-représentées, aussi bien médiatiquement que financièrement : elles ont levé 126,6 millions d’euros en 2016 en France, mais cela ne représente que 7 % du montant total et 13 % des levées de fonds, selon le baromètre 2017 réalisé par l’association StartHer avec KPMG.

« Quelque chose est en train de changer », a toutefois affirmé sur scène Joanna Kirk, codirectrice de StartHer, qui a sélectionné les dix finalistes parmi 363 candidatures reçues, contre 300 candidatures en 2015. Mounir Mahjoubi s’est lui-même remémoré le temps où, dans le milieu très homogène du numérique parisien, il faisait partie des rares exceptions. « Je me réjouis qu’on n’insiste plus ce soir sur le fait qu’il s’agisse de femmes, mais que l’on parle avant tout de tech », a observé le secrétaire d’État au numérique.

Blockchain, fintech, assurances ou engins de constructions : les thèmes des projets représentés ne correspondaient pas aux clichés circulant autour de l’entreprenariat féminin, supposément plus fleur bleue et moins technique. Laura Medji, casque de chantier sur la tête, s’est présentée comme « la geek de l’équipe » de Tracktor, sorte de Drivy de la location d’engins de construction où elle officie en tant que directrice technique.

La fondatrice d’Exate, Sonal Rattan, s’est tout simplement mise à concevoir une blockchain pour contrôler et protéger ses données sensibles après avoir constaté que sa fille avait une « empreinte numérique avant même d’être née ».

Cette technologie très sophistiquée est également au cœur du projet d’Elisa Romondia, développe use de Devoleum, afin de certifier l’origine des huiles d’olive de son Italie natale. Une initiative qui lui vaut d’avoir été repérée par la chambre de commerce et de l’industrie italienne, avec qui elle a entamé des discussions.

Anne-Claude Pont, cofondatrice de Wilov (qui propose une assurance auto à l’usage) a pour sa part décidé à 57 ans d’abandonner son confortable poste de banquière et business angel pour « passer de l’autre côté de la barrière ». Une audace récompensée, puisque Wilov a obtenu le prix coup de cœur RCI Bank and Services.

La fondatrice de ClaimCompass Tatyana Mitkova terrifie pour sa part les compagnies aériennes : elle permet aux victimes d’annulation ou retard de vols (ayant eu lieu ces six dernières années) une solution de « legaltech » pour se faire rembourser jusqu’à 600 euros.

Enfin, la très dynamique fondatrice de Srattic, Miriam Schwab, propose de publier des sites WordPress, Joomla et Drupal en éliminant les possibilités de vulnérabilité.

Publié par Elisa Braun le 20 octobre 2017 dans https://www.lefigaro.fr/

Clémence Franc : « J’ai entrepris pour valoriser des travaux de recherche. »

Elle est la fondatrice d’une start-up susceptible d’améliorer le bien-être de celles souffrant d’un cancer du sein. Clémence Franc dirige Novagray dont le concept repose sur le développement d’une radiothérapie personnalisée, basée sur l’analyse d’échantillons de sang des patients. Echange avec cette entrepreneure de la « MedTech ».

Business O Féminin. Quel est le principe de votre entreprise ?

Clémence Franc. L’objectif est de personnaliser la radiothérapie par le biais d’un test prédictif. Le but est de savoir, avant le traitement, si les malades sont susceptibles de développer des complications. NovaGray a été créée en octobre 2015. Mon associé, le professeur David Azria, coordonnateur du pôle de radiothérapie oncologique de l’Institut du Cancer de Montpellier (ICM), est en charge de toute la partie clinique. Quant à moi, je m’occupe de tout le reste : la stratégie de la société, les aspects financiers, juridiques, réglementaires etc.

Business O Féminin. Le test NovaGray est-il encore en phase expérimentale ?

Clémence Franc. Notre premier test, dédié au traitement du cancer du sein, a été validé sur plus de 500 patientes dans le cadre d’un essai clinique financé par l’Institut National du Cancer (INCa) et labellisé par la Société Française de Radiothérapie Oncologique (SFRO). Deux brevets protègent par ailleurs cette innovation médicale, qui a reçu, début 2016, le marquage CE : la certification qu’un produit satisfait aux exigences essentielles des Directives européennes relatives aux dispositifs médicaux, soit l’autorisation d’être proposé à des patientes.

Par ailleurs, nous développons actuellement deux autres tests, en cours de validation : l’un est dédié au cancer de la prostate, le second au cancer du poumon.

Business O Féminin. Comment votre entreprise est-elle financée ?

Clémence Franc. Nous sommes actuellement en train de lever des fonds. Notre objectif est de commercialiser notre test pour le cancer du sein dans trois pays européens, en plus de la France. Parallèlement, nous espérons une prise en charge officielle du test par la Sécurité Sociale.

Business O Féminin. Comment êtes-vous devenue une entrepreneure de la MedTech ?

Clémence Franc. Je viens d’une famille de médecins. D’ailleurs, j’ai longtemps hésité moi-même à m’orienter vers cette voie. Finalement, j’ai fait une école d’ingénieur dans le domaine des travaux publics, puis HEC. Au cours de mes études, j’ai néanmoins hésité à me réorienter en médecine. Après réflexion, j’ai préféré développer, alors que j’étais encore étudiante, un projet avec Gustave Roussy, le premier centre européen de lutte contre le cancer. C’est ainsi que j’ai rencontré mon associé, David Azria. En parlant avec lui, l’idée m’est venue de fonder une entreprise pour valoriser ses travaux de recherche. Une manière d’avoir un impact sur la prise en charge des patients sans pour autant être médecin !

Business O Féminin. Quels sont les avantages à ne pas être médecin lorsque l’on entreprend dans un domaine de la santé ?

Clémence Franc. Mon associé et moi n’avons pas les mêmes qualités : il n’aurait pas pu être chef d’entreprise, et il aurait été compliqué pour lui de solliciter ses confrères pour les convaincre de l’apport de ses recherches… De mon côté, je n’aurais certes pas pu développer son produit, mais n’ai aucun mal à aller démarcher des hôpitaux : ma fonction au sein de NovaGray et ma formation sont gages d’une certaine neutralité… Bref, le fait que je ne sois pas médecin constitue un atout pour NovaGray !

@clairebauchart

Publié par Claire Bauchart le 17 octobre 2017 dans https://www.businessofeminin.com


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