Les biotechs françaises en manque de « sucess stories » en 2019 Les 38 sociétés françaises de l’indice européen Biotech Bourse ont reculé de 17 % l’an en 2019

, dans le réseau de Franck MOUTHON

Les 38 sociétés françaises de l’indice européen Biotech Bourse, qui en compte 52 au total (il faut y ajouter 9 sociétés côté à Bruxelles, 3 à Amsterdam et 2 à Dublin) ont reculé de 17 % l’an en 2019. Malgré ces mauvais résultats des biotechs en 2019, Euronext voit des signaux positifs quant à l’engouement des investisseurs pour le secteur en 2020. Encore faut-il fournir des résultats.

Les années se suivent et se ressemblent pour les biotechs françaises à la Bourse de Paris. Depuis deux ans au moins, celles-ci ont du mal à voir leurs valorisations décoller. 2019 n’échappe pas à la règle.

Les 38 sociétés françaises de l’indice européen Biotech Bourse, qui en compte 52 au total (il faut y ajouter 9 sociétés côté à Bruxelles, 3 à Amsterdam et 2 à Dublin) ont reculé de 17 % l’an en 2019, selon le baromètre d’Euronext. L’indice baisse, lui, de 4 %. Sa chute est ralentie par les bonnes performances des biotechs belges (+3,9 %) et des trois néerlandaises (+39,4 %).

120 nouveaux investisseurs

De quoi apporter de l’eau au moulin de ceux qui pointent du doigt le manque de financement pour les biotechs françaises. Cela obligerait ces dernières à s’endetter, voir à traverser l’Atlantique pour chercher des investisseurs au Nasdaq.
Malgré cette série de mauvais résultats, Euronext ne veut pas croire à une fatalité. Plusieurs éléments du baromètre permettent à l’opérateur boursier de dire que les valorisations pourraient repartir à la hausse en 2020.

Il s’agit d’un secteur à suivre à nouveau

D’abord, le nombre d’investisseurs présents au capital des biotechs a augmenté. Fin novembre 2019, le baromètre d’Euronext en recensait 420, contre 375 en mai 2019. Surtout, la rotation des investisseurs, déjà forte au premier semestre, s’est intensifiée au second. Environ 120 nouvelles organisations sont entrées dans le domaine. «  Cela donne le sentiment général qu’il s’agit d’un secteur à suivre à nouveau », commente un spécialiste.

Regain en décembre 2019

« Enfin, le baromètre a été arrêté en novembre 2019. Il ne tient ainsi pas compte des bons résultats des biotechs françaises en décembre 2019 [+20 % environ] », indique-t-on chez Euronext.
Selon l’opérateur, les investisseurs auraient vu revenir des fonds des épargnants et auraient ainsi pu prendre des paris notamment sur les biotechs. « Des sociétés comme Erytech ou Inventiva ont vu leurs valorisations progresser de 30 ou 40 %, en quelques semaines. »

Besoin de bonnes nouvelles

Mais pour capitaliser sur ce « momentum », les biotechs françaises devront fournir des résultats, conseille-t-on chez Euronext. Au second semestre 2019, huit annonces de laboratoires français ont « provoqué une hausse du cours d’au moins 15 % » le jour même.

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Ces confirmations qu’attendent les investisseurs peuvent être un succès clinique, que ce soit pour un essai de phase II ou III, ou l’annonce d’un partenariat avec un industriel. L’entrée de Gilead au capital de la biotech belge Galapagos, en juillet 2019, a assis sa crédibilité auprès des investisseurs. Sa capitalisation boursière a progressé de 5,95 milliards d’euros au second semestre, quand la progression totale des biotechs cotées sur Euronext a progressé de 7,4 milliards d’euros, indique le baromètre.

Quid des industriels

Les biotechs françaises ont également besoin de ce genre de « gros poissons » pour tirer le marché. « Rien qu’avec un investissement dans Ablynx, racheté en 2018 par Sanofi, certains investisseurs ont pu développer leurs autres mises dans des plus petites biotechs », explique-t-on chez Euronext.
Encore faut-il que les grands industriels du secteur, dont les centres de R&D et d’innovations sont souvent situés aux Etats-Unis, leur apportent un certain soutien. Que ce soit en investissant dans les biotechs ou en signant des partenariats de commercialisation.

Publié par Par Enrique Moreira le 24 janvier 2020 dans Les Echos


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