Le numérique, outil bientôt indispensable dans les essais cliniques

, dans le réseau de Christophe Juppin

Ils représentent les trois quarts du coût de mise au point d’un nouveau médicament et l’utilisation du numérique y est encore limitée. Le marché potentiel de la gestion de ces données est donc prometteur

L’exploitation des données issues des essais cliniques constitue un marché naissant mais promis à un bel avenir selon les analyses de différents cabinets d’analyse prospective, tel Frost & Sullivan. Les estimations ont beau varier du simple au double (2 à 4 milliards de dollars à l’horizon 2025), selon le contour donné à ce marché, le caractère stratégique de l’activité fait en revanche consensus et a suscité la création de nombreux acteurs spécialisés, essentiellement américains, tels que BioClinica, Datatrack International, ERT, MedNet Solutions Parexel International ou Medidata, que Dassault Systèmes est en voie de racheter . Et c’est aussi un marché sur lequel lorgne Google via sa filiale Verily qui a annoncé en mai 2019 des accords avec Novartis, Pfizer, Otsuka et le français Sanofi.

Directeur numérique

Les laboratoires pharmaceutiques ou les CRO, sociétés spécialisées dans la réalisation des essais cliniques, pour le compte des laboratoires, sont leurs clients. Car, si l’industrie pharmaceutique a utilisé le Big Data avant l’heure pour la découverte de nouvelles molécules, la pénétration du numérique dans la réalisation des essais cliniques comme dans la production de médicament était restée jusqu’à présent relativement limitée. Mais, les laboratoires semblent avoir pris soudain conscience du parti qu’ils pourraient en tirer, si on en juge par la création dans la plupart des structures d’un poste de directeur numérique, rapportant directement au président. Cela ne suffit pas pour autant à en faire des experts du traitement de données.

30 % d’économies

Pour de nombreux observateurs, c’est dans le domaine des essais cliniques que l’apport du numérique devrait être le plus important d’autant qu’ils représentent les trois quarts du coût total de développement d’un médicament, chiffré en moyenne à 2 milliards de dollars. Or, selon Frost & Sullivan, une amélioration de la productivité de 30 % est envisageable. La collecte numérique des données, non seulement par les médecins - comme c’est déjà le cas - mais aussi directement par les patients via les objets connectés devrait en effet permettre de raccourcir les délais, d’arrêter ou redesigner un essai sans en attendre la fin. On pourrait aussi détecter plus tôt les effets indésirables mais aussi créer des groupes de patients virtuels auxquels comparer les patients effectivement traités.

Catherine Ducruet


publié par Catherine Ducruet le 12 juin 2019 dans https://www.lesechos.fr


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