Le « Tour de France #HealthTech » a fait étape à Nogent le 15 juin 2018

, dans le réseau de Christophe Juppin, David Biguet, Guillaume Facchi

Le « Tour de France #HealthTech » des écosystèmes de la #santé a fait étape à Nogent le 15 juin 2018. Cette table ronde a permis de découvrir la feuille de route #santé de la French Tech et de participer aux échanges autour du l’innovation dans la santé, "l’innovation dans la santé, le défi de l’adhésion de tous les acteurs, quels leviers ?".

Le « Tour de France #HealthTech » des écosystèmes de la #santé est une initiative unique imaginée par le Réseau Thématique French Tech #HealthTech.

L’objectif : renforcer les écosystèmes #HealthTech locaux et accompagner les jeunes pousses sur tout le territoire.

Table ronde "l’innovation dans la santé, le défi de l’adhésion de tous les acteurs, quels leviers ?" :

La rencontre s’est déroulé sous le signe de l’innovation dans la santé autour du défi d’adhésion de tous les acteurs du médical dans le processus d’innovation, de création et d’acceptation du produit.

L’événement est adossé à la 6ème édition du Salon des savoir-faire industriels de Haute-Marne, le plus grand salon industriel de l’ancienne Champagne-Ardenne, qui a lieu tous les deux ans à Nogent ou Chaumont.

Ce salon bisannuel, au centre de gravité de la région Grand Est et de la Région Bourgogne Franche Comté, est dans une dynamique nationale en plein essor. Ce rendez-vous est une véritable vitrine de l’étendue des compétences industrielles des leaders du Grand Est. 70 entreprises étaient présentes, dont 18 start-up de technologies très innovantes venant de tous les réseaux French Tech du Grand Est.

Participaient à cette table ronde :
MmeDelphine Descorne-Jeanny – Directrice des opérations, MARLE, vice-présidente du cluster Nogentech
M David Biguet – président du cluster Nogentech
M Guillaume Facchi – Coordinateur des programmes stratégiques Alsace BioValley et Secrétaire national du réseau HealthTech.
M Alexis Vernier – Directeur Solutions Digitales, ALPIX
M Eric Mansuy – Directeur de production, MAIRE DIDIER

Cette étape du « #HealthTech Tour » était également l’occasion pour M David Biguet – président du cluster Nogentech, de présenter l’écosystème local.

Guillaume Facchi, Secrétaire National du Réseau #HealthTech a présenté les grandes actions du réseau thématique.

Les réseaux thématiques French Tech

Créée fin 2013, l’Initiative French Tech est pilotée par la Mission French Tech au sein de l’Agence du Numérique, au sein du Ministère de l’Economie et des Finances.

Suite à la labellisation des 13 Métropoles French Tech, une seconde phase de structuration de l’écosystème a été engagée en 2016 : des réseaux d’entrepreneurs français, regroupés autour de neuf thématiques, participent à des actions collectives en France et à l’international.

Les Réseaux Thématiques French Tech ont été annoncés en juillet 2016 à Laval. Ils sont une déclinaison thématique de l’Initiative French Tech, venant en complément et intégrant l’écosystème de Paris/Ile-de-France et les 13 Métropoles French Tech (écosystèmes labellisés en régions parmi les plus dynamiques en matière de startups en France).

L’objectif : générer un effet levier sur la croissance des startups françaises. Aux côtés de vingt-quatre autres secteurs.

Premier réseau thématique de la French Tech en termes de nombre de participants, le réseau « HealthTech » se décompose en 4 sous-réseaux :
- Silver Economie,
- e-Santé,
- Medtech ( dont dispositifs médicaux),
- Biotech.
Il est une immense source d’expertise pour accompagner les start-up, c’est tout l’écosystème du médical qui est touché par la vague de la #HealthTech.

La création d’un Réseau Thématique #HealthTech répond à ce phénomène avec la mission de permettre à la France de maintenir sa position de pointe dans la création de solutions innovantes dans le domaine de la santé.

Faire rayonner la #HealthTech en France et à l’international

Construite par les vingt-quatre membres, des organisations privées et publiques de l’écosystème des startups, et avec la contribution d’entrepreneurs, la feuille de route du Réseau Thématique French Tech #FinTech décline les actions à mener, visant à soutenir la croissance des startups #HealthTech et leur rayonnement en France et à l’international.

Les vingt-quatre membres du réseau ont donc travaillé à la réalisation de 5 actions structurantes dans leur feuille de route, avec pour objectif la croissance et le rayonnement des startups #HealthTech en France et à l’international.

ACTIONS NATIONALES

« #HealthTech Tour » national

Au cœur de cette feuille de route, les membres du Réseau Thématique French Tech #FinTech ont imaginé un « #HealthTech Tour » des 13 Métropoles French Tech qui réuni, tout au long de l’année 2018, l’ensemble des acteurs locaux de la #HealthTech, qu’ils soient entrepreneurs, incubateurs, investisseurs, grands comptes, universités, décideurs locaux, associations, etc. Lancé le 22 mars 2018, le « #HealthTech Tour » contribue à l’essor de pépites issues de l’ensemble des régions françaises et renforcera les écosystèmes #HealthTech régionaux.

Accompagnement des #HealthTech pour l’obtention du Pass French Tech

Lancé en 2014, le Pass French Tech est un programme national d’accompagnement des entreprises en hyper-croissance. Le 15 juin 2018, il fera étape à Nogent . L’une des ambitions du Réseau Thématique French Tech #HealthTech est d’identifier davantage de #HealthTech en hypercroissance et de les accompagner dans leur accès au Pass French Tech. Des événements dédiés seront organisés pour réunir les startups recensées par le Réseau Thématique, les lauréats du Pass French Tech, des fonds d’investissement, des accélérateurs et des acteurs du corporate venture.

ACTIONS INTERNATIONALES

Promotion de l’écosystème #HealthTech à l’international

Un second volet de l’action du Réseau Thématique French Tech #HealthTech consiste à promouvoir les forces et les spécificités de l’écosystème français au-delà de ses frontières nationales. Et ce, en vue de susciter l’intérêt des investisseurs étrangers pour les pépites tricolores et in fine, de les convaincre de prendre des participations dans leur capital.

Organisation d’un « discovery tour » à l’occasion des événements nationaux

Lors de la tenue d’événements d’attractivité internationale en France , le Réseau Thématique French Tech #HealthTech organise un programme de rencontres à destination de personnalités de premier plan, qu’elles soient investisseurs, journalistes ou encore ambassadeurs, en vue de les sensibiliser aux innovations françaises.

Le 15 juin 2018 ; seront présent Emmanuel Viellard, Jean-Claude Volot, etc

Les vingt-quatre membres du réseau ont donc travaillé à la réalisation de 5 actions structurantes dans leur feuille de route, avec pour objectif la croissance et le rayonnement des startups #HealthTech en France et à l’international.

Action 1 :
Organisation du « Tour de France HealthTech »

Organisation d’une série d’événements en France, en lien avec les membres du réseau thématique, les Métropoles French Tech et à Paris/IDF.

Cibles : entrepreneurs, acheteurs, fonds d’investissement, accélérateurs et institutionnels.

Problématique :

Comment permettre aux startups ayant réalisé leur POC d’accéder à plus de visibilité auprès d’acheteurs / distributeurs, de fonds d’investissement, d’institutionnels type Ministère de la Santé, etc. ?

Objectifs :

- rassembler et fédérer l’écosystème Santé local ;
- recenser les startups (annuaire French Tech) ;
- rendre visible les innovations des startups et leur donner accès au marché ;
- créer du lien avec des fonds d’investissement et le monde institutionnel ;
- faire émerger ou valoriser les accélérateurs privés de startups.

Table ronde French Tech Tour du 15 juin 2018 à Nogent
« L’Innovation dans la santé, quels leviers ? ».

Modérateur : M. Christophe Juppin

Intervenants :

Mme Delphine Descorne – Directrice des opérations chez Marle.
M. David Biguet – président du cluster Nogentech.
M. Guillaume Facchi – Coordinateur des programmes stratégiques d’Alsace BioValley et Secrétaire national du réseau HealthTech dont on va parler tout de suite.
M. Alexis Vernier – Directeur Solutions Digitales chez Alpix
M. Éric Mansuy – Directeur de production chez Maire-Didier

M. Christophe Juppin
Au cœur de la question de l’innovation dans le domaine de la santé, se pose le défi crucial de l’adhésion de tous les acteurs. Quels en sont les leviers ? Comment se déroulent les processus d’innovation en lien avec les patients et les professionnels de santé ?

Le Sud Haute-Marne est fortement tourné vers le médical puisque 2 000 personnes travaillent dans ce domaine : 50 % des entreprises rassemblées dans le cluster Nogentech, sont des entreprises de ce secteur (30 entreprises sur le territoire). Elles sont principalement spécialisées dans les dispositifs médicaux et les implants chirurgicaux. Il faut savoir qu’une prothèse de hanche et de genoux sur trois posée dans le monde est fabriquée entre Chaumont et Nogent. Particulièrement performant, le territoire a donc répondu à un appel d’offres de l’État sur les réseaux thématiques de la FrenchTech, et a été admis pour intégrer celui de la santé HealthTech. Ce réseau compte 24 acteurs qui ont désigné Guillaume Facchi en tant que secrétaire National pour représenter ce réseau en France et à l’international.

M. Guillaume Facchi
La FrenchTech a quelques années mais n’est pas une initiative forcément très connue en France. Ce mouvement a pour but de fédérer le monde des start-up, des scale-up, autour d’une seule marque française. Son principal objectif est de favoriser l’attractivité à l’international et d’apporter une visibilité en tant que membre d’un écosystème français, sous un thème qui permet d’identifier très rapidement la provenance de la start-up. N’importe quelle start-up peut se prévaloir de la marque FrenchTech. Pour les entreprises, cela donne accès à certains dispositifs et outils qui ont été mis en place par la FrenchTech. Ces dispositifs permettent soit de commencer une aventure start-up, soit d’accompagner une hyper croissance d’une start-up.

Le premier dispositif, Creadev, existait depuis quelques années. C’est un dispositif de financement public qui donne à un entrepreneur, personne physique ou à une jeune entreprise dont la création est intervenue avant un an, l’accès à un financement allant jusqu’à 30 000 €, donnés sous forme de subvention, permettant soit à un porteur physique, soit à une jeune entreprise de commencer à développer un premier prototype. Cette « petite enveloppe », bien que limitée, permet de débuter plus sereinement cette aventure. Ce dispositif de l’État a été mis en place lors de la création du réseau FrenchTech, géré par BPI France.
Le Pass FrenchTech s’adresse quant à lui plutôt aux entreprises, aux start-up en hypercroissance, l’objectif étant d’offrir un dispositif « packagé », coordonné entre tous les acteurs qui vont pouvoir intervenir dans l’accompagnement des entreprises (BPI France, DGE, business France, Coface, l’INPI, l’AFIC etc.), en se déplaçant collectivement dans l’entreprise pour établir une feuille de route, rédigée en concertation avec la structure concernée. Cette démarche est très adaptée aux entreprises numériques, aux entreprises de la santé, même si quelques améliorations sont encore à apporter. Aujourd’hui, les critères pour intégrer le Pass FrenchTech sont très élevés et très sélectifs : avoir un chiffre d’affaires ayant fait +100 % sur les trois dernières années (c’est-à-dire +100 % de N-3 à N-2, +100 % de N-2 à N-1 et +100 % de N-1 à N), ou avoir réalisé une levée de fonds de plus de 20 M€. Il y a très peu de candidats en France, donc très peu d’élus, mais cela s’avère très intéressant dans la mesure où cela permet aux entreprises d’être visibles sur toutes les communications de la FrenchTech et de participer à des déplacements présidentiels. Certains lauréats sont notamment partis récemment avec la délégation présidentielle en Asie, donnant un vrai « coup de pouce » au développement du business sur des marchés où ils n’étaient pas présents.
Le FrenchTech Visa est une procédure accélérée qui permet de recruter des étrangers et de les faire travailler en France. Le ministère des Affaires étrangères s’est engagé à mettre en œuvre ce processus pour permettre aux entreprises de recruter des talents à l’international plus facilement et d’attirer des investisseurs plus rapidement en France. La FrenchTech a mis en place des « Up FrenchTech », réparties un peu partout dans le monde. Des communautés multithématiques d’entrepreneurs français se sont installées dans différentes villes syndiquées et accessibles à la création de réseaux. Ils permettent d’identifier des partenaires possibles dans le pays cibles, par le biais de référents qui peuvent orienter les entreprises vers les bons interlocuteurs locaux. Des écosystèmes sont plus orientés vers la santé, notamment aux États-Unis.
Le concept est très ouvert : la mission FrenchTech basée à Paris peut être sollicitée pour des demandes d’informations. Des équivalents existent sur d’autres réseaux thématiques que le réseau HealthTech (par exemple la IoT Manufacturing qui a une visibilité sur les écosystèmes français et sur les Up FrenchTech). De la même manière, ils peuvent vous orienter vers le responsable du dispositif au niveau de la mission FrenchTech.

La HealthTech est un réseau composé de 24 écosystèmes qui ont candidaté, qui ont été audités et référencés par la mission FrenchTech. Parmi eux, une dizaine sur Paris et 14 écosystèmes hors Île-de-France, dont celui de Nogentech. Plusieurs actions ont été définies pour répondre aux interrogations et aux préoccupations des entreprises dans les différents écosystèmes.

La feuille de route du réseau Health Tech compte six actions prioritaires :
1. La première action consiste à organiser un tour de France « HealthTech », sur différentes étapes (la première étape a eu lieu à Strasbourg, la seconde à Amiens, aujourd’hui Nogent, bientôt Marseille et Montpellier). Un dernier évènement devrait être créé où toutes les start-up et tous les écosystèmes vont se retrouver à Paris à la station F.
2. La deuxième action, c’est de travailler sur le Pass FrenchTech et d’adapter les critères d’évaluation actuellement très sélectifs, de façon à intégrer des entreprises en dessous des seuils de chiffres demandés mais prometteuses, qui auraient besoin d’être accompagnées par les dispositifs publics. Le contenu de l’accompagnement proposé sur le réseau doit aussi évoluer dans ce sens. En général, les entreprises de la santé sont des entreprises qui ne font pas forcément de chiffre d’affaires et qui ne vont pas rechercher exactement les mêmes partenariats que les entreprises du numérique ou les entreprises industrielles qui cherchent à développer leur « business » plus classiquement.
3. La troisième action est l’élaboration d’un argumentaire sur l’attractivité de la France : il est en effet complexe de lever des fonds importants en France, à part, peut-être, à Lyon et Paris. L’argumentaire permettrait de faire venir des investisseurs et des entrepreneurs pour entreprendre et de financer cet entreprenariat. Une première version existe, disponible et utilisable par tout le monde, qui valorise l’écosystème français des start-up dans la santé. Une deuxième partie est en cours d’écriture destinée à faire tomber certains préjugés sur la France, par exemple au regard de la fiscalité, puisqu’elle est un des pays les plus compétitifs en R&D dans le monde grâce au crédit d’impôt recherche, ou des grèves (qui sont plus nombreuses en Allemagne mais moins visibles). Un vrai décalage est présent entre ce qui est perçu à l’étranger et la réalité sur le terrain.
4. La quatrième action, c’est la présence sur des salons internationaux. Trois salons ont été ciblés en 2018 :
1. Le CES à Las Vegas, salon sur lequel la FrenchTech est présente historiquement, puisque c’est un salon qui est très orienté vers le numérique ;
2. JP Morgan, pour justement attirer plus d’investisseurs en France (un évènement a eu lieu en marge des conférences JP Morgan, organisé par BPI France, Sanofi, la FrenchTech et une association Wiz qui est l’association des entrepreneuses françaises de la santé) et montrer que la France est un pays où il fait bon investir ;
3. La convention BIO qui a eu lieu il y a une semaine à Boston, en lien avec l’action six.
5. La cinquième action consiste en la création ou le développement d’un évènement international, qui peut être existant en France, autour du capital risque.
6. La dernière action, consister à fédérer et animer une programmation dans la communauté d’entrepreneurs à Boston. Les entrepreneurs français syndiqués installés à Boston ont annoncé leur candidature en tant que Hub FrenchTech. L’objectif est de proposer une offre française d’accompagnement pour les entreprises françaises qui désirent s’internationaliser et ouvrir des filiales aux États-Unis.

M. Christophe Juppin
Christophe Juppin propose d’échanger sur les processus d’innovation en lien avec les patients et les professionnels de santé.
Les dispositifs médicaux (implants chirurgicaux, ancillaires) en Haute-Marne ont été développés avec des chirurgiens et en collaboration complète avec le monde médical. Eric Mansuy, pouvez-vous nous expliquer comment votre entreprise innove, cette tradition de lien avec le monde médical existe-t-elle toujours ?

M. Éric Mansuy
L’entreprise Landanger est une entreprise qui a été créée il y a une cinquantaine d’années, qui a revendu aux Américains toute son activité orthopédique pour conserver l’activité chirurgie. Aujourd’hui, elle se rapproche de chirurgiens pour concevoir des instruments de cardiologie. Dans ce secteur en développement, les instruments sont de moins en moins invasifs et permettent aux patients de récupérer beaucoup plus rapidement. Grâce à nos quatre chefs de projet, au réseau commercial, à l’ancienneté de l’entreprise, les liens se font naturellement, dans les salons, dans les rencontres commerciales... La collaboration entre un chef projet et un chirurgien permet la mise au point d’un instrument plus performant que ceux qui existent aujourd’hui. Des milliers de références d’instruments existent, mais les nouvelles technologies permettent encore d’innover dans ce secteur.

Mme Delphine Descorne-Jeanny
Mme Delphine Descorne-Jeanny travaille chez Marle, entreprise de sous-traitance des produits et des implants orthopédiques qui fabrique pour la clientèle des laboratoires. L’innovation réside ici dans le procédé de fabrication et non dans le produit. Aujourd’hui l’augmentation des exigences réglementaires est un frein à l’innovation, même à ce niveau. Les tentatives d’améliorations des procédés, au meilleur prix, avec d’autres technologies innovantes sont contraintes par les exigences réglementaires. La moindre modification engendre en effet de nouveaux tests mécaniques, de fatigue, de validation ce qui implique des délais longs. Il est indispensable d’innover, mais il est de plus en plus difficile de mettre en place des technologies innovantes.

M. David Biguet
M. David Biguet est président de deux laboratoires fabriquant de prothèses de hanche, de genou et d’épaule et il est aussi président de Nogentech. Il distingue deux approches dans l’innovation : l’innovation technologique et l’innovation process.
Les entreprises à être force de proposition d’innovation technologique, en ayant fait tout le travail de validation en amont pour le proposer à ses clients, les chirurgiens. Le patient n’est pas le « client », le client, c’est le chirurgien. Les innovations sont dans les mains des laboratoires, parce que les laboratoires sont en contact direct avec les chirurgiens, qui choisissent un laboratoire en fonction de la technique opératoire et aussi du lien qu’il peut avoir avec lui. Par conséquent, comme l’expliquait Eric Mansuy, dans le cadre du développement, la meilleure façon d’être innovant, c’est d’intégrer des chirurgiens aux « groupes de conception ». Ils sont de deux types : d’une part des chirurgiens « scientifiques », qui sont des innovateurs, biomécaniciens, très créatifs, d’autre part, adossés à ces chirurgiens, des communicants. A partir des problématiques, des idées et des propositions des spécialistes, sont réalisés des prototypes, réalisés puis validés avec eux sur des tests cadavres. Si la valeur ajoutée est prouvée, le produit est industrialisé. Il y a deux types d’industrialisation : soit le laboratoire est autonome, capable de fabriquer la totalité des produits, soit il s’appuie sur des équipes sous-traitantes. Dans le bassin de la Haute-Marne, sur 25 sociétés du médical, 20 sont vraiment spécialisées dans la sous-traitance. Ces compétences-là sont donc nécessaires, dans un délai acceptable, bien que souvent la partie développement prend du temps, de trois à six mois. L’innovation pour le patient et le chirurgien, se fait avec des équipes de chirurgiens.
L’innovation process est importante sur la partie coût, parce que l’année dernière, en 2017, sur les prothèses de hanche, la baisse de prix imposée par l’État était de 15 % ce qui impose aux laboratoires du médical, des gains de productivité. C’est là où l’accompagnement et les modifications technologiques sont importants.

M. Christophe Juppin
La société Alpix a elle aussi une démarche d’innovation, bien qu’il s’agisse d’une société relativement ancienne (25 ans d’existence), puisqu’elle a lancé un nouveau produit qui permet de gérer les données médicales.

M. Alexis Vernier
L’entreprise informatique est basée à Troyes mais n’est pas spécialisée dans le monde de la santé. Elle a d’autres activités, traditionnelles d’une société informatique : matériel, formation, conseil etc. Il y a quelques années, elle a été sollicitée par la direction du groupement hospitalier territorial de l’Aube et du Sézannais pour innover au niveau de la communication entre la ville et l’hôpital, assez restreinte. L’idée était de pouvoir mettre en relation les professionnels de chaque métier autour du patient qui « navigue » entre l’hôpital et son domicile ou son établissement de santé.

Pour cela, l’entreprise a dialogué avec deux types de professionnels (pharmaciens, médecins, chirurgiens) : ceux de l’hôpital et ceux de la ville. Le processus consiste à monter un groupe de travail avec ces deux types de population. A travers le recueil de leurs besoins, elle doit essayer de maquetter rapidement ce que pourrait être un outil facilitant les échanges entre eux. Le prototypage, en informatique est beaucoup rapide que dans l’industrie, parce qu’il suffit de dessiner. En quelques réunions, on peut ajuster, modéliser, modifier, supprimer et recommencer, sans que cela n’occasionne trop de coût. S’enclenche ensuite la partie développement, par étape, permettant d’ajuster et d’améliorer par rapport aux critiques. Le numérique facilite des cycles vraiment très rapides, de l’ordre de quelques semaines : maquettage, mise en production... En dehors des données médicales qui amènent des contraintes très fortes de sécurité, la communication et les outils en eux-mêmes permettent de produire rapidement du résultat palpable par ces professionnels. Ces données médicales, peuvent être partagées entre les médecins, les pharmaciens...Suivant le type de professionnel, la donnée peut être liée à de la téléconsultation, un outil correspondant a donc été mise en place, en déploiement dans les EHPAD de l’Aube. Il peut aussi s’agir de fiches de suivi qui vont permettre aux personnes âgées à domicile, ou en tout cas aux personnes qui les suivent, de fournir des informations quand elles doivent aller de façon programmée ou en urgence à l’hôpital. Et inversement, que l’hôpital puisse aussi nourrir efficacement les informations quand la personne rentre à son domicile. Pour un résident EHPAD, il peut y avoir une énergie énorme dépensée, pour aller simplement faire une consultation routinière. Et là, la téléconsultation pour ce type de patient est vraiment très adaptée.

M. Christophe Juppin
Des créations d’entreprises tout à fait performantes ont eu lieu sur le territoire Sud-Haute-Marne, à l’image de cette société créée par trois Chaumontais, revalorisée dix-huit ans après 1 Md$. Qu’est-ce qui pourrait aujourd’hui, faire que ce terreau, qui existe toujours, soit à l’origine d’une entreprise de ce genre. Quels sont les déclics, les mécanismes, les rapprochements, les relations, qui pourraient être à l’origine de ce type d’innovation ? Les grands groupes ont-ils parfois des activités innovantes qui pourraient être externalisés dans une Start’up ?

M. Éric Mansuy
Cette entreprise LDR Médical que Christophe Juppin a évoquée, qui est basée à Troyes, avait déjà au départ une bonne base. Eric Mansuy a vécu durant cinq ans une partie de l’aventure. Un directeur commercial et deux chefs projet R&D, qui travaillaient pour Aesculap à Chaumont, avaient eu l’occasion de rencontrer de grands chirurgiens en France, du rachis notamment. Et ces trois personnes avaient développé un implant, sous Aesculap. Ils ont proposé cette innovation aux Allemands dirigeant l’entreprise, qui n’ont jamais voulu la mettre sur le marché. Les trois Chaumontais ont donc décidé de créer une petite start-up sur Troyes en 2000, et ils développé leur premier produit. Ils se sont tout de suite tournés vers les fournisseurs. Petit à petit, ils se sont appuyés sur leur connaissance du tissu industriel de Haute-Marne pour fabriquer les cages et les instruments. Des actionnaires les ont rapidement aidés dès les premiers tours de table. Ils ont développé une petite prothèse cervicale qu’ils ont posée après deux ans d’activité. Après cinq ans, ils ont souhaité aller vendre un nouveau dispositif de prothèse cervicale sur le marché américain. Et c’est là que l’aventure a vraiment « explosé ». L’aventure serait longue à raconter, mais on voit comment l’affaire démarre. Il faut quelques chirurgiens qui ont de bonnes idées, un ingénieur ou deux chefs de projet qui connaissent les chirurgiens et puis quatre salariés. Après, il faut aller chercher les financements.

M. Guillaume Facchi
Dans le domaine du médicament, le modèle est très clair, les stat’ups arrivent jusqu’en phase clinique et revendent la société à un grand groupe. Le premier critère de réussite, pour les entrepreneurs, est de savoir s’entourer, de faire preuve de persévérance malgré les difficultés. Guillaume Facchi est venu avec un de leurs membres strasbourgeois. Ils ont connu des hauts et ils ont connu des bas, comme dans l’exemple que Christophe Juppin a évoqué qui a eu aussi ses périodes de bas. Au final, ils ont quand même été valorisés 1 milliard. Donc, il faut réussir à continuer.

La force publique peut être un effet levier, de même que les pôles de compétitivité, les clusters, les agences économiques régionales, BPI France, les accélérateurs, les écosystèmes qui sont là pour accompagner et donner des conseils, mais c’est le chef d’entreprise qui a le dernier mot.

Les méthodologies d’innovation dans le domaine de la santé sont de plus en plus utilisées dans le domaine du médicament, où le pipe des molécules des grands laboratoires se réduit de plus en plus, obligeant à innover de manière différente. On ne développe plus une molécule mais une offre de soins. Ils se développent dans le domaine de la e-santé pour rajouter du service autour d’une molécule qui va être produite par tous les concurrents, ou d’une manière générique. Ce qui va être différenciant, c’est le service que le laboratoire va pouvoir fournir derrière. Un groupe comme Servier par exemple ne se présente plus comme un producteur de médicaments, mais comme un fournisseur de solutions santé.

A Strasbourg, cinq cents personnes, médecins, patients, designers, ingénieurs viennent lors de l’événement « Hacking Health Camp » sur un week-end. Ils travaillent sur des projets pendant cinquante heures, ce qui donne lieu à la création de start-up. Sur une vingtaine de projets, une ou deux start-up se créent à l’issue de cet évènement, certaines réussissent (tels une société qui développe l’hypnose en bloc opératoire pratiquée par des anesthésistes etc.). Des potentiels acteurs qui ne communiquaient pas entre eux se rencontrent.

C’est aussi visible dans le domaine du public. Aujourd’hui, Alsace BioValley discute avec l’ARS, et le département, alors qu’il y a encore deux ans, on ne se connaissait pas, on ne s’était jamais parlé. Connaître les acteurs et « faire tomber les murs », ça permet aussi de gagner en efficacité. Cette politique permet d’éviter que des entreprises qui n’ont pas de modèle économique, qui sont subventionnées par la force publique, « meurent » quand la force publique ne peut plus apporter de subventions. Discuter ensemble très tôt permet de diagnostiquer les projets non viables. Il est très important de travailler avec les chirurgiens, avec les utilisateurs finaux des produits et de former les futures générations à l’utilisation de la technologie.

M. David Biguet
Pour David Biguet, on trouvera toujours des chirurgiens avec des idées qui sont parfois folles, qui n’étaient pas faisables pendant un moment et qui le deviendront ensuite. Je crois aux idées dans le domaine orthopédique et de l’articulation. La créativité dans le domaine médical ne semble pas prête à s’éteindre, même si tout paraît avoir été imaginé dans le domaine des implants. Il y aura toujours des marchés de niche, parce que de nouvelles maladies arrivent, et avec elles de nouvelles formes de médecine.
David Biguet pense que les innovations arriveront toujours, comme le dit Éric Mansuy. Un changement d’actionnaire, l’arrivée d’un Américain important ou d’une contrainte économique vont entraîner l’abandon de certains projets des chirurgiens. Cela peut créer de l’insatisfaction dans l’équipe commerciale, ou dans l’équipe R&D. Deux salariés vont s’entendre pour développer le projet et créer une start-up. C’est pour David Biguet, le modèle qui fonctionne le mieux dans le domaine du dispositif médical traditionnel.

En revanche, il se pourrait qu’il y ait dans le futur plus de « licornes » dans l’innovation informatique, l’accompagnement, le suivi, l’aide à la décision au bloc opératoire. Exemple, lorsqu’on fait « charger » un genou au bloc opératoire, on emmène sept bacs qui font à peu près 15 kg au chirurgien en lui amenant la totalité des implants possibles alors qu’il ne va en poser qu’un seul. Et dans les cinq kits d’instruments tout pourrait être résumé à un ou deux kits. On déplace l’équivalent de presque 100 kg, pour aller poser sur le patient, à peu près 700 grammes. Il y a aujourd’hui un énorme déficit de planification opératoire. David Biguet croit énormément à la planification que pourrait résoudre l’aide informatique. Ce sont des modèles qui peuvent réduire les coûts opératoires et c’est plus facile de présenter un prototype informatique, parce que, comme le disait Alexis Vernier, c’est moins compliqué. David Biguet croit vraiment à ces Licornes qui vont être plutôt informatiques et aidantes.

Sur le dispositif médical en tant que tel, David Biguet embraye tout de suite sur quelque chose qui va « casser » l’ambiance de l’innovation, c’est le nouveau règlement qui va arriver en 2020 et qui sera obligatoire. Avant de pouvoir vendre un produit sur le marché, il faudra l’avoir testé pendant deux ans, auprès d’une centaine de patients, avant de pouvoir le commercialiser. Aujourd’hui, entre le moment où on conçoit un produit et le moment où on le vend, il se passe un an et demi. En 2020, on va passer à près de quatre ans pour développer le même nouveau produit. Les délais seront considérablement allongés, entre le développement, les tests, l’édition d’un rapport, la demande d’autorisation à la vente. Là où un groupe sera capable de financer cette partie-là, une start-up se trouvera en difficulté. Parce qu’on va commencer à parler d’un ou deux millions d’euros. Cette nouvelle régulation pourrait générer un effondrement de la création de start-up, à cause de cet environnement restrictif.

M. Guillaume Facchi
Guillaume Facchi est d’accord, mais pense qu’aujourd’hui, les organismes régulateurs ne savent pas traiter l’aspect informatique. À Strasbourg, on a une start-up qui a développé une solution de reconstitution d’images 3D d’un patient à partir de l’imagerie médicale, pour la préparation de la chirurgie digestive. Ils ont voulu faire des démarches pour être remboursables, sauf que l’institution leur a demandé une étude clinique sur 3000 patients. La start-up devait donc lever un montant phénoménal pour financer l’étude clinique. L’entreprise ne va finalement pas demander le remboursement et va travailler avec les mutuelles. Elle aurait pu s’éteindre si elle n’avait pas « pivoté » vers cet autre marché.

M. David Biguet
Cependant d’autres exemples existent dans le milieu orthopédique, qui fonctionnent si on ne demande pas le remboursement à l’État. En matière d’imagerie médicale, deux sociétés viennent d’être achetées par le groupe Wright Medical Tornier, dont la société brestoise Imascap. Cinq personnes ont créé une solution innovante de préparation chirurgicale : reformer la partie osseuse, remontrer et à partir d’un scanner définir quel est l’implant adapté, enfin faire de la simulation. Elle a été vendue 70 M$ et elle a trois à quatre ans de vie. Elle n’a pas été proposée à la Sécurité Sociale. Ce type de société a de la valeur pour être rachetée par des grands groupes. Ce sont des start-up qui vont se créer dans le seul et unique but de se vendre à des laboratoires et pas nécessairement de fabriquer des solutions innovantes. Est-ce que c’est vraiment utile ? C’est un débat. On n’est pas sur la création d’un produit, on est en train de créer de la valeur à quelque chose que l’on va vendre. Mais David Biguet est persuadé que ce sont les soft qui vont créer de la valeur dans l’avenir. Emmanuel Macron semble l’avoir compris par ses participations aux salons de l’informatique et de la high-tech. Et cela, parce qu’il y aura sans doute création de valeur ajoutée ne demandant pas trop d’investissement. Pour rappel : 97 % des start-ups meurent dans les deux ans, soit une sur trente qui va survivre, entraînant pour les 29 autres des souffrances financières et humaines. Le modèle start-up a des limites, d’où l’envie de promouvoir des sociétés avec des fonds suffisamment solides pour pouvoir monter des systèmes innovants.
David Biguet a eu le plaisir d’aller avec Christophe Juppin défendre le dossier Nogentech auprès de la FrenchTech à Bercy. Des gens intéressants nous ont écouté. À Bercy, il y a des gens qui connaissaient la Haute-Marne, parce qu’ils étaient venus visiter la société Marle qui a une réputation mondiale. Donc, en allant défendre notre écosystème, il expliquait qu’en Haute-Marne, il n’y a pas tant de start-up que ça. Par contre, il y a énormément de sociétés qui ont su évoluer. Elles sont parties d’une technologie historique et un jour, un farfelu est venu dans la boîte, il a apporté de la R&D et il a eu une idée un peu bizarre. Parfois, des chefs d’entreprise de l’écosystème l’ont cru et l’ont aidé. Dans ce développement-là, la société a fait une mutation, elle est passée d’une vieille technologie à une technologie innovante et elle s’est diversifiée. Si elle se trompait, elle avait les reins solides et souvent, elle ne mourait pas, par contre quand elle réussissait, elle faisait de la croissance, de l’accroissement, du chiffre d’affaires et ainsi de suite. C’est l’exemple de l’entreprise Marle. C’est pour cela que pour David Biguet, le modèle start-up pur, cela le gêne un peu à cause des 29 Start’up sur 30 qui vont avoir des problèmes. David Biguet pense qu’il faut vraiment aider les entreprises à comprendre que l’innovation est importante.

M. Guillaume Facchi
L’entreprenariat c’est garder les talents pour éviter qu’ils ne partent. C’est leur dire : « Vous avez un projet, effectivement, on va vous aider à développer votre projet et on fera un bilan », ça permet de garder une motivation et de motiver les talents pour qu’ils restent, parce qu’ils trouvent un environnement où ils peuvent développer des idées, ce qui n’est pas le cas dans tous les grands groupes. Des grands groupes l’ont compris, ils ont soit des incubateurs en interne et du coup permettent à leurs employés d’intégrer des incubateurs, soit des partenariats avec des incubateurs. C’est un facteur d’innovation dans les grands groupes, permettant aux talents de travailler une partie du temps sur leur projet, avec la possibilité d’une concrétisation. Soit c’est une techno qui va intéresser le Groupe et elle l’intégrera, soit l’innovateur partira créer sa Start’up, mais ce sont de bons moyens de garder et d’attirer des talents.

M. Éric Mansuy
Concrètement, plusieurs secteurs se détachent des classifications : parmi eux le domaine vétérinaire. De plus en plus de chefs de projet quittent leur entreprise pour développer des implants pour chiens, chats ou autres. Tout cela peut être développé facilement parce qu’il n’y a pas de réglementation. Tout ce qui qui est prothèse externe, tout ce qui ne va pas entrer dans le corps humain, peut sans difficulté être vendu directement aux gens pour les aider dans leur quotidien. Il y a peut-être des chemins plus faciles que l’orthopédie, dont le contexte va devenir extrêmement compliqué pour démarrer des projets.

M. Christophe Juppin
Par rapport au croisement de domaines d’activité, notamment, est-ce qu’on ne va pas à terme, vers des implantations peut-être plus biologiques que métallurgiques ? Est-ce qu’il n’y a pas des évolutions qui peuvent se faire à terme dans ce domaine ?

M. Guillaume Facchi
La médecine régénérative est une piste qui est aujourd’hui étudiée. Beaucoup de questionnements éthiques existent autour de cellules souches. En Europe, aujourd’hui, il est impossible de développer une solution dans ce sens, ce qui est davantage possible aux États-Unis. C’est une voie d’innovation. Si demain, on découvre une technologie de rupture qui permet de développer de nouvelles générations de prothèses ou qui va révolutionner vraiment le secteur, il y aura peut-être une place. Après, il y a toute une partie d’innovation incrémentale où effectivement, on peut rajouter du service autour de technologies qui sont très matures. Beaucoup de start-up se créent autour de ça. On prend une technologie, on la détourne et on répond à un besoin qui n’est pas couvert par une technologie. Exemple déjà utilisé plus tôt : l’hypnose est très utilisée en anesthésie pour de petites opérations, mais elle mobilise les personnes qui ne peuvent rien faire d’autre. Pourquoi ne pourrait-on pas automatiser l’hypnose en utilisant la réalité virtuelle ? Une start-up s’est développée autour de cette technologie. Des tests sur la réalité virtuelle et la douleur sur les grands brûlés ont donné de très bons résultats. En partant de technologies existantes et en détournant l’usage premier, on parvient donc à avoir des innovations, non pas de rupture, mais incrémentales, des innovations organisationnelles aussi. Le numérique et la puissance de calcul devraient révolutionner la pratique hospitalière.
Une entreprise américaine a fait une étude sur les hôpitaux américains : “60 % du temps des employés de l’hôpital, c’est pour faire de la gestion administrative et 40 % sur du temps de soins.” Et évidemment, ils utilisent : papier, tableau blanc, mais pas le numérique.
Des optimisations peuvent être faites permettant de dégager du temps efficace au personnel soignant, pour se concentrer sur le métier. Des start-up se créeront. Effectivement, il y a un taux de mortalité à trois ans qui est phénoménal. Il y a aussi un constat qu’on fait les grands groupes, c’est que souvent, ils ont du mal à innover en interne, parce qu’il y a trop de processus, alors que dans une petite structure, c’est souvent plus facile. Donc il y a souvent des politiques d’open innovation qui sont mises en place, ou alors, des incubateurs sont mis en place en interne pour favoriser ça. Les grands groupes se rendent compte qu’ils ont besoin d’ouverture pour pouvoir eux-mêmes innover. C’est pour cela que les laboratoires coupent de plus en plus les budgets de leur R&D en interne pour dégager des possibilités pour investir à l’extérieur.

M. Christophe Juppin
Christophe Juppin remercie les intervenants, il annonce que Nogentech et Alsace BioValley vont poursuivre leurs échanges entre l’Alsace et la Haute-Marne, grâce aux partenariats en cours avec un chef de projet en cours de recrutement. Ils auront l’occasion d’échanger ou de faire se rencontrer des start-up ou des entreprises innovantes qui pourront éventuellement croiser des sujets et développer de nouveaux produits.

Pour en savoir plus :

- Guillaume Facchi, Monsieur #Healthtech
- Nomination du Secrétaire National du réseau #HealthTech : Guillaume FACCHI le 23 ‎novembre ‎2016 à Paris-Bercy
- Le réseau thématique #HealthTech inaugure son Tour de France des écosystèmes le 22 mars 2018 à Strasbourg
- Conférence du Cluster Le Bloc « L’intelligence artificielle au service de la santé » le 30 mai 2018 à 16h à Amiens.
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