Le Funding Readiness Level, ou “FRL” Un indicateur du niveaux de besoin en financement

, dans le réseau de Christophe Juppin

Vous avez aimé le TRL comme mesure du niveau d’innovation ? Plus un seul projet qui ne se refère à cette échelle, initialement mise en place par la NASA. Voici le FRL, proposition de mesure du niveau de maturité en phase de levée de fonds pour les startup ! Why not ?

La compréhension des enjeux de la levée de fonds pour les Start up n’est pas toujours évidente pour les dirigeants. Pour faciliter la communication autour de cet exercice parfois fastidieux, les coachs startup Rainmakers proposent un nouvel outil : le Funding Readiness Level (FRL).

Un outil inspiré de la NASA

La NASA était en effet confrontée à un enjeu similaire : communiquer en interne et en externe sur les niveaux de maturité technologique des projets qu’elle incubait, et accessoirement gérer et équilibrer son portefeuille.

D’où l’invention du TRL (ou Technology Readiness Level) dans les années 70.

Il est composé de 9 paliers qui indiquent le niveau de maturité d’une technologie, de son développement à son déploiement/industrialisation. Il est utilisé, entre autres, pour accompagner les managers dans leur prise de décision, facilitant leur appréhension de la technologie.

Aujourd’hui, le TRL sert différents objectifs :
• Comprendre le niveau de développement d’une technologie ;
• Appréhender les risques quant à l’état de la technologie ;
• Disposer d’un socle commun pour formuler des business plans, prendre des décisions quant au financement, à l’intégration ou au transfert de la technologie.

Une première approche du FRL

Le Funding Readiness Level mesure le niveau d’avancement d’une levée de fonds.

Il est composé de 9 niveaux, correspondant aux différentes phases d’avancement :
• FRL xx1 : Cela correspond au commencement d’une levée de fonds, la Start-up a identifié un besoin de financement lié à son projet ;
• FRL xx2 à xx4 : Une fois le besoin identifié, ces étapes correspondent à la partie « marketing ». Il s’agit de la mise en place de la campagne, de l’élaboration de la documentation jusqu’à son lancement ;
• FRL xx5 à xx6 : Nous sommes ici à la partie « vente » dans le processus de la levée de fonds, lorsque la Start up enregistre les premiers retours auprès des investisseurs ;
• FRL xx7 à xx9 : Il s’agit des dernières étapes de la négociation auprès des investisseurs, des prémices jusqu’aux derniers accords.
Ainsi, le FRL est facilitateur de communication. Il permet de disposer d’un socle de références communes et ainsi de faciliter la communication en interne, entre les équipes au sein d’une même structure, et en externe (avec les leveurs de fonds et autres acteurs du financement).

Mais à la différence du TRL, monodirectionnel, il convient aussi de tenir compte du stade de maturité de la start-up.

Un FRL, 4 thermomètres !

Pensé par les leveurs de fonds pour les entrepreneurs, le FRL évolue tout au long de la vie d’une Start-Up et de ses différents besoins en financement .

• Le FRL 10x – auprès des Love Money : Correspondant au premier besoin de financement de la Start-up, lorsque les entrepreneurs développent leur solution pour le besoin des premiers utilisateurs de son service/sa solution.
• Le FRL 20x – auprès des Business Angel, fonds d’amorçage, plateformes de Crowdfunding : A la conquête de ses premiers clients, la Start-Up réalise une deuxième levée de fonds plus conséquente.
• FRL 30x – auprès de fonds d’investissement : Afin de financer son développement commercial et marketing et de capter les « early adopters » de son segment de marché.
• FRL 40x – auprès de fonds d’investissement : Il s’agit d’un premier passage à l’échelle décisif pour la Start-Up (le fameux gouffre), qui a alors objectif la conquête d’un nouveau segment de marché plus conséquent, la « early majority ».

Le FRL pour quoi faire ?

D’abord un usage pédagogique ! Il permet aux startup coach d’expliquer en quelques minutes comment se passe la levée de fonds, il donne l’occasion à la fois de dédramatiser le processus, mais aussi de montrer la nécessaire progression.

Ensuite un outil de communication. Dire en quelques mots où en est un projet lorsqu’on parle à un investisseur, représenter son portefeuille lorsqu’on est un incubateur ou un accélérateur, permettre à un candidat à la levée de fonds de formuler auprès des leveurs de fonds les marches qu’ils souhaitent franchir.

Enfin un enjeu symbolique, car nous avons à cœur de montrer que le financement des startups est un sujet sérieux, au moins aussi important que la technologie (d’où l’analogie avec le TRL), qui mérite des outils, des méthodes, un vocabulaire, accessibles et en même temps efficients.

Publié le 7 octobre 2019 sur https://www.rainmakers.fi/


Pour en savoir plus :

- La biotech nantaise joue la carte de la recherche et du numérique
- Quels sont les avantages liés au recrutement d’un jeune docteur en matière de CIR ?
- Crédit Impôt Recherche et embauche d’un « jeune docteur » : le duo gagnant !
- Bpifrance et France Biotech lancent le premier observatoire du transfert de technologies le 06 décembre 2018
- Les transferts de technologies, le point faible des startups de la santé
- La déclaration d’invention, un élément essentiel de propriété intellectuelle.
- La France récolte-t-elle les fruits de sa recherche médicale ?
- Le Classement 2019 des 100 Start-up les Plus Inventives en octobre 2019
- Le Funding Readiness Level, ou “FRL”