La haute couture du laboratoire Lars


Après plus de dix ans de recherche, le laboratoire de Côte-d’Or Lars, en collaboration avec le professeur Véronique Migonney de l’université Paris XIII, finalise la mise au point d’une prothèse ligamentaire bioactive et bio-intégrable. Une innovation attendue par le monde médical, car il s’agit d’un ligament greffé d’un polymère bioactif, c’est-à-dire colonisé par des cellules humaines.


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L’une des bonnes vieilles machines à coudre pour fabriquer les ligaments artificiels.

Les vieilles machines à coudre dépareillent un peu dans le décor très high-tech d’une des salles blanches du laboratoire Lars, implanté sur 1300 m2 à Arc-sur-Tille (Côte-d’Or).

Pourtant, ces équipements d’un autre âge sont toujours les seuls à pouvoir composer dans les règles de l’art les ligaments artificiels en polyéthylène téréphtalate (PET) de l’entreprise (5,66 millions d’euros de chiffre d’affaires, 7 salariés).

Ce savoir-faire dans les implants ligamentaires destinés à la chirurgie orthopédique et traumatologique, principalement pour le genou et, dans une moindre mesure, l’épaule et la cheville, le laboratoire Lars l’exerce depuis 1992 avec à sa tête depuis 16 ans un passionné, en la personne de Bernard Brulez, président du directoire et responsable opérationnel. « S’il n’est pas original par le matériau utilisé, notre produit l’est dans sa structure, constituée de fibres laissées libres, pré-orientées dans les zones intra-articulaires, ce qui permet, outre une amélioration mécanique, une meilleure réhabilitation », explique ce dernier.


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Une intervention chirurgicale facile, rapide et fortement recommandée dans certains cas, car moins traumatisante pour le patient.

Substitut dans certaines indications aux greffes, qui impliquent une chirurgie assez lourde par transplant d’un tendon du malade, les ligaments artificiels, plus simples à poser, offrent des avantages non négligeables. Et tout spécialement pour les sportifs de haut niveau qui récupèrent plus vite, se trouvent immobilisés moins longtemps et coûtent en conséquence moins cher à leur club.

Un futur ligament bioactif

En outre, leur fiabilité chez Lars n’est plus à démontrer. Un simple coup d’œil sur les nombreuses publications d’université comme d’instituts médicaux du monde entier le prouve à l’aune des millions de tests déjà réalisés, mariant à loisir tractions, flexion et torsion.

En croissance de 25% par an sur la dernière décennie, avec aujourd’hui pas moins de 10 000 unités annuelles vendues, dont 95% à l’exportation, l’industriel de la santé mise à fond sur la recherche. Sa dernière innovation donne des résultats plus que probants chez les brebis et va entrer en phase d’études pré-cliniques chez l’homme.

Il s’agit d’un ligament greffé d’un polymère bioactif, à savoir colonisé par des cellules humaines. S’il reste un tuteur artificiel, il se rapproche fortement de la structure d’un ligament biologique naturel par sa solidité et sa compatibilité.


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L’appareillage "maison" servant à la pose du ligament.

Un autre endroit de l’entreprise interpelle le néophyte : l’atelier de prototypage. Il sert à mettre au point toute l’instrumentation permettant la pose des ligaments et n’a rien à envier par ses équipements à une PME spécialisée dans la mécanique.


Crédit photo : Traces Écrites

Publié par Didier Hugue, le 01 mars 2011 dans Traces Ecrites NEWS


S’il reste un tuteur artificiel, il se rapproche fortement de la structure des ligaments biologiques naturels par sa solidité et sa compatibilité. "Cet implant offre, comme autres avantages, de masquer son origine synthétique, d’améliorer la tenue mécanique et de s’intégrer au corps sans provoquer de réaction de reje", explique Bernard Brulez, le président du directoire et responsable opérationnel chez Lars.

Testé avec succès sur des brebis et des chiens et très bientôt accrédité pour des essais chez l’être humain, ce produit est déjà salué par les plus grands spécialistes internationaux de la chirurgie orthopédique et traumatologique. Il permettra de mieux réparer toute rupture ligamentaire, notamment celle du ligament croisé antérieur du genou, très fréquente chez les sportifs de haut niveau.

Fondé en 1992 par Jacques-Philippe Laboureau, l’inventeur du ligament à fibres libres, le laboratoire Lars bénéficie d’une croissance moyenne de 25 % par an sur la dernière décennie. Implanté sur 1 300 m2 à Arc-sur-Tille, dans la périphérie de Dijon, il réalise 5,66 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie sept personnes.

Les équipements ultrasophistiqués de ses salles blanches cohabitent avec de vieilles machines à coudre. Elles demeurent les seules machines à pouvoir composer, dans les règles de l’art, les ligaments artificiels en polyéthylène téréphtalate que l’entreprise exporte à hauteur de 95 %.


Publié le 12 mai 2011 dans www.usinenouvelle.com

Pour en savoir plus :

- La haute couture du laboratoire Lars
- Bernard Brulez : la consécration modeste
- Bernard Brulez, leader mondial de l’implant ligamentaire artificiel