La Région Grand Est sur le terrain de la santé en Haute-Marne

, dans le réseau de Christophe Juppin

En décembre, la Région Grand Est présentera sa politique santé 2020-2025. Pour finir de l’élaborer, elle va sur le terrain, comme c’était le cas à Langres mardi 13 octobre 2020 où le président Jean Rottner et ses services sont venus écouter les professionnels et les élus.


Quand on pense à la santé, on pense surtout à l’État en imaginant que lui seul a cette compétence. De plus en plus, les collectivités s’engagent. Et la crise sanitaire que nous traversons accélère cette dynamique et cette recherche de solutions par les territoires et pour les territoires. La Région Grand Est entend être un acteur majeur au service de la santé. C’est ce que sont venus dire mardi à Langres, le président de Région, Jean Rottner et sa vice-présidente en charge de la santé, Véronique Guillotin, médecin elle aussi de formation et sénatrice de Meurthe-et-Moselle.

La Région Grand Est construit sa feuille de route et présentera en décembre 2020 sa politique régionale 2020-2025 en faveur de la santé. En attendant, la Région est venue encore enrichir sa copie en donnant la parole aux professionnels de santé locaux et aux élus. « Nous sommes là pour apprendre, pour comprendre et pour trouver ensemble des solutions », a commenté à la fin de la réunion le président de Région qui sillonne ainsi tout le Grand Est pour aller « écouter » ce que les territoires ont à dire en matière de santé. C’est la santé au sens large qui est prise en compte par la Région comme a pu le détailler Véronique Guillotin, qui a aussi parlé d’environnement, de qualité de vie et de prévention.

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le président Jean Rottner et sa vice-présidente en charge de la santé, Véronique Guillotin sont venus écouter les professionnels et les élus à Langres mardi 13 octobre 2020 . (photo : Celine Clément)

Un budget de 210 millions d’euros

La Région a la compétence en matière de formations sanitaires et sociales qu’elle finance à hauteur de 110 millions d’euros par an. Mais plus globalement, le Grand Est indique engager près de 210 millions d’euros par an pour la santé, toutes interventions confondues. Après une présentation de l’état d’avancement de l’élaboration de cette future politique de santé, la parole a été donnée mardi à la salle, qui a exprimé espoirs et préoccupations de terrain.

Jean Rottner est aussi et surtout venu dire que tout le monde a son rôle à jouer pour faire progresser la santé, de la plus petite commune à une plus grande agglomération pour arriver à la Région voire à une coopération interrégionale. Chacun peut apporter sa pierre à l’édifice et concourir aussi plus globalement à l’attractivité des territoires, sans laquelle la lutte contre la désertification médicale sera définitivement perdue.

C. C.

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La Région prend le pouls du terrain. (photo : Celine Clément)

Lever les barrières administratives

Que retenir des échanges ? Beaucoup de choses intéressantes ont été dites. On a appris par exemple que deux projets de centres de santé sont à l’étude en Haute-Marne, à Saint-Dizier et à Chaumont, portés par la Mutualité française.
Ce type d’établissement vient en complément de ce qui existe au niveau des maisons de santé pluridisciplinaires et qui ont, pour beaucoup, prouvé leur efficacité comme est venu le dire le Dr Carole Larger qui a eu des interventions pertinentes et sans langue de bois. Les centres de santé permettent de proposer un large panel de modalités d’exercice de leur métier aux professionnels de santé. Les projets haut-marnais concernent de la médecine générale. Les échanges ont permis de reposer sur la table la question des stagiaires et du blocage administratif toujours à l’œuvre qui empêche les étudiants en médecine à Dijon de venir en stage en Haute-Marne car il ne s’agit pas de la même région administrative de santé.

« Pour les paramédicaux, c’est exactement le même problème et ce n’est pas normal (…) Il faut lever ces barrières administratives (…) Ce ne sont que des questions politiques  », a souligné le Dr Carole Larger. Qui a aussi évoqué les blocages administratifs liés par exemple au projet d’extension de la maison de santé de Fayl-Billot, « C’est pénalisant », a-t-elle dit. Comment préparer et anticiper les départs en retraite de médecins, «  pourquoi ne pas mettre en place une forme de compagnonnage ? », a proposé Éric Darbot, président du PETR de Langres.

Place et rôle à renforcer des hôpitaux locaux ; problème des internes de spécialités ; point sur les consultations avancées proposées par le CHU de Dijon dans le cadre du GHT (*) 21-52 et plus globalement renforcement des liens avec la Côte-d’Or ; faire avancer les ESP (Équipe de Soins Primaires) et les CPTS (Communauté Professionnelle Territoriale de Santé) sont quelques-uns des sujets évoqués. Anne Cardinal, la maire de Langres, a conclu les échanges indiquant, comme les autres intervenants, que la santé est un domaine complexe qui s’appuie sur de nombreux leviers comme ceux de la mobilité et de l’attractivité.

(*) GHT : Groupement hospitalier de territoire.

Publié par Celine Clément dans le journal de la Haute-Marne (JHM) n°9553 du jeudi 15 octobre 2020. http://www.jhm.fr


Pour en savoir plus :

- « SOS Médecins à la campagne », 8 ème forum des solutions, à Aignay-le-Duc le 28 février 2020.
- La Région Grand Est sur le terrain de la santé en Haute-Marne à Langres le 13 octobre 2020