LORnTECH : Le numérique lorrain cherche encore ses « Licornes » en juin 2016

, dans le réseau de Philippe HENAUX, Victoria Di CARLO
 LORNTECH - POLE METROPOLITAIN SILLON LORRAIN

Un an après avoir décroché le label French Tech, les Lorrains du numérique ont fait bouger le dossier LORnTECH. Pas de levée de fonds spectaculaires, mais des petites avancées qui permettent d’imaginer que le numérique peut devenir un secteur majeur.

«  Avoir le label French Tech , ça ne veut pas dire qu’il va y avoir des Google dans tous les garages de Lorraine. » Membre du Conseil de gouvernance de LORnTECH, Gilles Caumont, le patron d’Adista, n’attendait pas de révolution dans l’écosystème numérique lorrain.

Un an après la labellisation du dossier par les instances de la French Tech, le 24 juin 2015, la révolution n’a effectivement pas eu lieu. L’idée des pouvoirs publics était de faire émerger 5 ou 6 start-ups avec le potentiel de devenir des « licornes », ces entreprises valorisées à plus d’un milliard. Concrètement, après un an de travail, les chevilles ouvrières de LORnTECH n’ont pas trouvé de start-ups avec un tel potentiel. «  Mais il est beaucoup trop tôt pour dresser un bilan », affirme Régis Lhoste, de Sailendra. «  Le premier résultat, c’est que le monde du numérique lorrain apprend à se connaître, à travailler ensemble. Et c’est déjà beaucoup. » Fini les guéguerres Metz-Nancy, pour le dossier LORnTECH, les élus des villes de Thionville, Metz, Nancy et Epinal ont réussi à se mettre d’accord pour porter ensemble le dossier.

Une synergie autour de LORnTECH

« C’est tout le Sillon Lorrain qui est impliqué dans ce projet, et nous sommes les seuls en France dans ce cas. Anne Grommerch notamment, s’est battue pour que les quatre grandes villes obtiennent ensemble le label », souligne Clément Millerand, co-fondateur de la start-up MyRoom, média social de la colocation. Pour Nicolas Macheda, de My Music Teacher, le label LORnTECH a « créé une synergie » dont le rayonnement dépasse les frontières des quatre agglomérations. «  Nous qui sommes loin des quatre grandes villes du Sillon, à Sarrebourg, on sent pourtant que nous faisons partie de l’écosystème lorrain. » Mettre un pied dans la French Tech, c’est aussi pouvoir rendre concrets certains projets : « Nous espérons notamment que le label nous permette d’accéder à de grands évènenements internationaux comme le CES de Las Vegas », dévoile Linh Tran, de la société Divacore à Metz. Autre point positif pointé par les entrepreneurs du numérique : le recrutement.

« Pour certains profils, comme les très bons développeurs par exemple, travailler dans une entreprise de la French Tech est important », souligne William Boiché, de Clémentine. Les ambitions s’affichent, les projets sortent des cartons, Hackathons et autre Start-up week-end font le plein : « Depuis la labellisation, nous avons rentré dans le cluster autant de start-ups que pendant deux années normales  », souligne Fabian Costet, vice-président de Nancy Numérique. « Ce n’est pas le label qui m’a fait venir en Lorraine, je suis arrivé avant son obtention, mais le fait que le Sillon lorrain soit labellisé me conforte dans mon envie de rester sur ce territoire », indique Pierre Rouhaud, créateur de Stimul’Activ à Florange, venu du Limousin. « Le label nous permet d’avoir accès à de nombreux outils et interlocuteurs, auxquels nous ne pourrions pas avoir accès seuls. » Des start-ups qui se lancent, mais aussi qui se développent et qui restent en Lorraine : voilà un objectif très concret pour le dossier LORnTECH : « L’exemple de Mesagraph à Metz, rachetée en 2014 par Twitter est souvent cité comme une réussite lorraine. Pour ses créateurs, ce fut bien sûr un grand succès, mais qu’est-ce qu’ils ont semé en Lorraine ? Leur talent n’a pas bénéficié au territoire et à l’économie lorraine », analyse Philippe Hénaux, responsable de la mission ville numérique à la mairie de Metz, et membre de l’équipe opérationnelle de LORnTECH. Avis partagé avec Fabian Costet : «  On a observé ce phénomène de nombreuses fois. Ceux qui réussissent sont attirés par Paris ou par le Luxembourg. Si la French Tech peut contribuer à les fixer dans la région en leur donnant les outils pour réussir, ce sera déjà une très belle réussite. »

Parmi les outils, les fameux «  bâtiments totem » de LORnTECH, sont à peu près en place. A Metz, TCRM-Blida est en train de changer de modèle, pour devenir un vrai incubateur. A Epinal, l’Ecole Simplon s’est installée à côté des espaces de coworking. A Nancy, une société d’investissement Pôle Capital gère la pépinière baptisée Paddock , et les premières start-ups sont arrivées.

Le temps du privé

Cette organisation, a priori simple à mettre en oeuvre, a pris du temps. «  Nous avons un peu de retard dans nos objectifs  », concède Gilles Caumont. « Le dossier a d’abord été pris en main par les politiques, avant d’associer les industriels. Il est temps maintenant que le privé impose son rythme. » Le patron de ProConsultant Informatique et membre du conseil de gouvernance de LORnTECH, Hervé Obed, ne dit pas autre chose : « C’est évidemment le privé qui doit prendre les choses en main, faire en sorte que les choses s’organisent, et que la dynamique représente les besoins réels des entreprises  ». Besoins qui se traduisent notamment par le financement : « Avec le Fonds Venture Numérique, nous investissons actuellement dans sept dossiers sur une enveloppe totale de 7 M€ », précise Hervé Obed. « Nous allons être à court de notre capacité d’investissement très rapidement. Nous souhaitons disposer d’ici cinq ans de 30 M ?, par le biais de souscripteurs privés, mais aussi en faisant appel au nouveau conseil régional. »

Publié le par Jean-François Michel Ioanna Schimizzi, le 03 juin 2016 dans www.lejournaldesentreprises.com

Pour en savoir plus :

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- 11 novembre 2016, Le Paddock , bâtiment totem à Nancy, exemple à suivre
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