In’tech médical à Rang-du-Fliers, une réussite industrielle à la française

, dans le réseau de Laurent Massoptier, Caroline Auberger

In’tech médical veut encore grandir. La société de Rang-du-Fliers, qui fabrique des instruments pour la chirurgie orthopédique, s’est adossée à un fonds d’investissement. Elle a aussi un nouveau patron. Avec ses prédécesseurs, il nous livre l’histoire d’une réussite industrielle française. Comme quoi ça existe encore.

Il ferme la boîte mais devient son client.

L’histoire d’In’tech médical démarre par une catastrophe. On est en 1999. Le groupe américain Medtronic, qui a racheté quelques années plus tôt la société Sofamor-Danek, fabricant d’implants et d’instruments de chirurgie pour la colonne vertébrale, ferme le site de Rang-du-Fliers. Cent vingt salariés sont sur le carreau. Mais deux cadres, Jean-Luc Malpièce et Alain Degrave, relancent une entreprise sur les cendres encore chaude de l’usine abandonnée. Ils flairent un créneau dans la fabrication d’instruments pour la chirurgie orthopédique et créent In’tech médical. Leur premier client n’est autre que Medtronic. Un contrat qui permet à la jeune entreprise de partir sur de bonnes bases. « Ce groupe fait toujours partie de nos principaux acheteurs », indique Laurent Pruvost, le nouveau patron d’In’tech médical.

Grandir vite, c’est problématique.

Problèmes de riches, diront certains. Bien sûr, la croissance exponentielle d’In’tech médical a ravi ses responsables. Quelques chiffres pour en témoigner. Chaque année, l’entreprise connaît une progression de 10 à 15 % de son chiffre d’affaires. Il s’établit aujourd’hui à 26 millions d’euros. Elle emploie 260 personnes, dont 170 à Rang-du-Fliers, son siège social.

En moins de dix ans, elle a racheté des sites de productions à Annecy (en 2004), où travaillent 32 salariés, à Memphis, aux États-Unis (2004, 8 employés) et à Toulon (2008, 52 personnes). « En 99, on avait fait un business plan sur trois ans. On prévoyait d’arriver à 30 employés. Finalement, en 2002, on était 100 », raconte Alain Degrave, qui était en charge de la gestion financière de l’entreprise. « On s’est pris dans la dynamique. On a investi dans du matériel, dans la recherche et le développement. On était obligé de grandir pour atteindre une taille critique.
Sauf que cela demandait des dépenses lourdes et un fond de roulement important.
 » « Ils se sont développés uniquement sur leur fonds propres et grâce aux emprunts bancaires », ajoute Laurent Pruvost.

Racheté, mais toujours français.

Pour grandir encore, il était temps qu’In’tech médical s’adosse à des financiers. TSR capital a longuement analysé l’entreprise et son marché, avant d’accepter de s’y investir. Ce fonds d’investissement français détient désormais 70% du capital. Au même moment, les deux créateurs de l’entreprise, proches de la retraite, ont décidé de passer la main à Laurent Pruvost, directeur commercial jusqu’alors . Mais ils ne fuient pas, précisent-ils. Preuve en est, ils ont tous les deux réinvesti dans l’entreprise et possède chacun 10% du capital, tout comme Laurent Pruvost.

Encore investir aux États-Unis.

In’Tech médical s’adosse à TSR avec un objectif bien précis : doubler le chiffre d’affaires en cinq ans. La société rangeoise a pour cela deux axes de développement. D’abord se développer encore aux États-Unis en rachetant une société, mais aussi étendre l’offre produit en fabricant des boîtes spécifiques pour ranger les instruments qu’elle vend déjà. « On sent qu’on a encore du potentiel de développement, analyse Laurent Pruvost. La population vieillit, on opère de plus en plus, même les plus jeunes. Puis, il y a des pays qui s’ouvrent comme l’Inde, la Chine ou le Brésil. On fait un produit à forte valeur ajoutée. Si on garde notre avance technologique, notre entreprise a vraiment des perspectives intéressantes. »

Publié par Valéry DUHAUT le 23 octobre 2012 dans La Voix du Nord https://www.lavoixdunord.fr/


Pour en savoir plus :

- In’tech médical à Rang-du-Fliers, une réussite industrielle à la française en octobre 2012
- Chirurgie : In’Tech Medical reprend l’américain Turner Medical en septembre 2015
- Laurent Pruvost (In’tech Medical) usine son avenir à l’international en septembre 2019