Ille-et-Vilaine. Vers la fin des souris de laboratoire ? Adapter des tests in vitro sur des modèles cellulaires en trois dimensions (3D)

, dans le réseau de Roxanne Amelot

Le laboratoire de l’Anses de Fougères (Ille-et-Vilaine) développe des modèles cellulaires 3D. Ces « micro-organes » pourraient à terme remplacer les cobayes. De nombreux laboratoires sont à la recherche de cultures cellulaires et de nouveaux modèles alternatifs pour remplacer l’expérimentation animale.


Le laboratoire de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) de Fougères, en Ille-et-Vilaine, cherche à limiter drastiquement l’usage de l’expérimentation animale.

L’établissement développe des modèles cellulaires toujours plus sophistiqués, à partir de cellules humaines, qui peuvent mimer le fonctionnement des organes humains. Si bien, que ces « micro-organes » pourraient, à l’avenir, se substituer, en partie, aux souris et rats de laboratoire pour les expériences scientifiques (mais plus difficilement pour celles étudiant l’impact d’une expérience sur plusieurs organes ou un organisme entier). Une piste de recherche suivie par de nombreux laboratoires à travers le monde.

Une méthode plus éthique et prédictive

Le laboratoire fougerais axe ses recherches sur la protection de la santé humaine. Il se distingue, notamment, par ses travaux sur la toxicologie des contaminants alimentaires. Des équipes de chercheurs mesurent la toxicité des substances présentes dans les aliments ou dans l’air inhalé et en évaluent les effets sur les cellules humaines. En particulier sur celles du foie : les hépatocytes. « Notre objectif, aujourd’hui, est d’adapter ces tests in vitro sur un modèle cellulaire en trois dimensions (3D) », explique Ludovic Le Hégarat, toxicologue.

Un outil éthique «  beaucoup plus pertinent et prédictif car plus représentatif de notre métabolisme, souligne Tahar Ait Ali, directeur adjoint. Il permet aussi de faire de nombreux tests en changeant les conditions  ».

Au stade expérimental

L’équipe espère proposer cette méthode à ses homologues nationaux et européens. Elle devra, dans un premier temps, démontrer que celle-ci donne des résultats fiables et qu’elle peut être adaptée à tous les types de substances. Comme les médicaments ou les pesticides, par exemple.

Publié par Sounkoura-Jeanne DEMBELE le 09 janvier 2020 dans https://www.ouest-france.fr

Laboratoire de Fougères
Adresse : 10B rue Claude Bourgelat, PA de la Grande Marche, Javené CS 40608 35306 Fougères Cedex
Tél : +33 (0) 2 99 17 27 47
Directeur : Pascal Sanders

Le laboratoire de Fougères contribue principalement à une meilleure connaissance des bénéfices et des risques associés à l’utilisation des médicaments vétérinaires et des désinfectants ainsi qu’à l’évaluation de toxicité des résidus et des contaminants, par la filière agro-alimentaire.

À la recherche de nouveaux modèles alternatifs pour remplacer l’expérimentation animale

Le développement de modèles alternatifs pour remplacer l’expérimentation animale a été l’un des sujets de la journée Modèles in vitro et in vivo pour le développement de molécules en santé, organisée le 7 décembre 2017 à Rennes par le centre d’innovation technologique ID2Santé et le pôle Atlanpole Biotherapies.

Pour l’instant, ils ne peuvent pas se substituer totalement aux animaux : «  L’agence qui autoriserait la commercialisation d’un médicament sans test in vivo préalable prendrait un grand risque en cas de scandale sanitaire  », explique Carlo Chiavaroli, de la société Voisin Consulting Life Sciences, l’un des intervenants. Mais de nouveaux tests alternatifs se développent, utilisables notamment en début d’étude. Les chercheurs et entrepreneurs bretons cultivent, par exemple, des bactéries dans des conditions mimant la cavité buccale, ou étudient le transport de molécules pharmacologiques grâce à des cultures cellulaires.

Publié par Roxanne Amelot le 01 janvier 2018 dans le Magazine Sciences Ouest N° 358

Contact :

Roxanne Amelot
tél. 02 23 23 73 21
roxanne.amelot@id2sante.fr

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Exemple de cultures cellulaires. Un chercheur de l’université de Tel-Aviv montre un prototype de cœur humain imprimé en 3D. (AMIR COHEN / REUTERS)
Les scientifiques israéliens qualifient cette première de « percée médicale majeure » qui permet d’accroître les possibilités de greffe.
« C’est la première fois qu’on imprime un cœur dans son intégralité avec ses cellules et ses vaisseaux sanguins, c’est aussi la première fois qu’on utilise de la matière et des cellules provenant du patient  », a dit l’un des scientifiques, le professeur Tal Dvir, qui a dirigé les recherches.
Une approche prometteuse mais plusieurs difficultés demeurent.
Publié le 15/04/2019

Pour en savoir plus :

- Matinée « Santé, Intelligence Artificielle et Cybersécurité : quels enjeux ? » le 22 novembre 2018 à Rennes
- De nouveaux antibiotiques mis au point par un laboratoire de l’Inserm et l’Université de Rennes 1 le 9 juillet 2019
- Ille-et-Vilaine. Vers la fin des souris de laboratoire ? le 09 janvier 2020
- La Santé à Rennes, une filières d’excellence le 18 juin 2020