French Tech Normandie : l’union a fait la force

, dans le réseau de Laure Lehaut, Pierre-André Martin
 NORMANDY FRENCH TECH,  CAEN NORMANDIE DEVELOPPEMENT

La délégation normande était au CES de Las Vegas avec Normandy French Tech qui s’est tenu du 6 au 9 janvier 2016. Son délégué général, Pierre-André Martin, en dit plus sur cette structure, « tiers de confiance » entre jeunes pousses innovantes et institutions ou grandes entreprises.

Une entité qui a su fédérer les énergies dans une région où cohabitent trois les grands pôles urbains de Caen, Rouen et Le Havre. Mais aussi pas moins de 95 formations liées, au sens large, aux technologies du numérique.

La France connectée : Comment est née la Normandy French Tech ?

Pierre-André Martin : A l’époque du lancement du mouvement French Tech, le numérique parlait déjà à beaucoup de territoires, y compris la Normandie. Nous avons candidaté car nous disposions d’un terreau fertile, avec les métiers du web et du e-commerce autour de Rouen ou la tradition de la micro-électronique du côté de Caen, avec l’essaimage d’un certain nombre d’entreprises par la présence de Phillips semi-conducteurs.

Aujourd’hui, on est est sur les trois ‘mots magiques’ de la French Tech : fédérer les acteurs pour créer des opportunités de rencontres, mettre en place un certain nombre d’outils pour accélérer le développement des jeunes entreprises et organiser des évènements pour la visibilité du territoire.

LFC : La Normandie possède trois grands pôles urbains, que sont Rouen, Caen et Le Havre. Comment êtes-vous parvenus à faire candidature commune ?

P.-A.M. : Au départ, certains envisageaient d’y aller seul. Les présidents des trois agglomérations se sont alors réunis pour poser le principe de travailler ensemble. Il fallait construire quelque chose de plus grand que nous tous individuellement. Le cahier des charges de la French Tech était également exigeant en termes de taille de l’écosystème, de levées de fonds… Et seul, ni Rouen, ni Caen, ni Le Havre ne pouvaient atteindre ces objectifs.

Il a ensuite fallu mobiliser pour créer un réseau capable de générer plus de visibilité pour le territoire et donc, pour ses entreprises. Ça a marché et ce qui est intéressant, c’est que des entreprises avec les mêmes expertises se sont retrouvées sans se connaître : nous avions par exemple deux start-up dans le big data à Rouen et une à Caen.

LFC : Est-ce difficile de maintenir une concurrence saine entre les trois agglomérations ?

P.-A.M. : L’équilibre entre les trois territoires est très important. Pour le maintenir, par exemple, nous organisons nos réunions en tournant entre chaque ville. Chacun a ses arguments et il a fallu trouver un positionnement stratégique qui les respecte tous.

Nous sommes donc partis sur trois thématiques : la smart city à Caen, la smart logistique au Havre, autour du port, et la smart industrie à Rouen. Chacune est une locomotive dans son domaine mais a aussi sa place dans le train des deux autres.

LFC : Le numérique peut-il vraiment être un levier de croissance pour le territoire normand ?

P.-A.M. : Le numérique est un enjeu de compétitivité énorme -cinq points de PIB et cela devrait continuer de croître-. Il y a un alignement des planètes particulièrement favorable et l’une des vertus du label French Tech, c’est d’arriver à ce moment-là.

A l’étranger, la French Tech, ça parle et ça aide pour nouer des partenariats, on sait que le label veut transformer la France en start-up nation. C’est un vrai plus.

LFC : Quels sont vos prochains défis ?

P.-A.M. : Il va falloir gérer la croissance de la Normandy French Tech. Nous fédérons aujourd’hui 188 adhérents et il faut entretenir la dynamique que nous avons créée. L’écosystème évolue et il ne faut pas que le soufflé retombe.

Plus d’informations sur le numérique dans les territoires sur Smartlink.fr

Publié dans www.lemonde.fr

Pour en savoir plus :

- Laure Lehaut, référente réseau thématique HealthTech, est votre contact Santé en Normandie
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