Des chercheurs de l’université de Reims préparent un nouveau médicament contre les tumeurs cancéreuses le 11 décembre 2019 à Reims. La molécule prive la tumeur de son alimentation et active la mise en place d’une réponse immunitaire

, dans le réseau de Christophe Juppin

Stéphane Dedieu et son équipe du laboratoire MEDyC de l’université de Reims (URCA) ont développé une molécule dont l’efficacité anti-cancéreuse a été établie auprès de nombreux animaux porteurs de tumeurs. Cette molécule présente des propriétés thérapeutiques prometteuses. La prochaine étape va être de tester cette molécule chez l’homme au travers d’essais cliniques.

L’équipe du laboratoire MEDyC de l’Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) a mis au point une molécule qui cible l’environnement des tumeurs cancéreuses et présente des propriétés thérapeutiques prometteuses.

« Nous avons un candidat-médicament très prometteur dans la lutte contre le cancer », annonce le Professeur Stéphane Dedieu. C’est l’aboutissement de plus de 12 ans de recherche au sein de l’université de Reims. « Notre découverte a débuté par des simulations bio-informatiques qui nous ont permis de définir notre cible moléculaire : une protéine nommée TSP-1 ».

Regroupés au sein du laboratoire MEDyC, les chercheurs ont commencé par étudier le rôle de cette TSP-1 vis-à-vis des tumeurs. « Cette protéine présente dans l’environnement des tumeurs joue un rôle important lors du développement des cellules cancéreuses. Elle empêche l’action du système immunitaire et permet à la tumeur de recevoir l’oxygène et les nutriments nécessaires à sa croissance et son développement. Elle participe aussi à limiter l’efficacité des chimiothérapies et de la radiothérapie  ». L’équipe a alors entrepris de créer en laboratoire une petite molécule, nommée TAX2, afin de contrer les effets délétères de la TSP-1.

« TAX2 a une double mission. Celle de priver la tumeur de son alimentation et celle d’activer la mise en place d’une réponse immunitaire dirigée contre les cellules cancéreuses  » .

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Le professeur Stéphane Dedieu a créé une molécule qui désorganise l’environnement de la tumeur et la met à mal. - Christian Lantenois

Les tests ont été menés avec succès sur 13 animaux porteurs de différents cancers (mélanome, tumeurs cérébrales, cancer du pancréas, cancer de l’ovaire). « Nous avons choisi de travailler contre les tumeurs les plus résistantes  ».

Les injections de TAX2, trois fois par semaine, ont permis de diminuer de manière importante la taille des tumeurs. Les métastases qui permettent aux tumeurs de coloniser d’autres organes ont aussi été réduites significativement.

« D’autres équipes de recherche dans le monde tentent également d’agir sur l’environnement de la tumeur mais nous sommes les seuls à adopter cette stratégie et à cibler la TSP-1 dans ce contexte. De plus, les études toxicologiques précliniques que nous avons effectuées laissent présager une absence de toxicité pour le patient » , se réjouit le chercheur.

Stéphane Dedieu vient de créer à Reims avec deux associés (Albin Jeanne et Abderrahim Lachgar) une start-up de biotechnologie appelée Apmonia Therapeutics. La société aura pour vocation de transformer ces découvertes en nouveaux traitements contre le cancer.

« La priorité d’Apmonia Therapeutics est de valider au niveau clinique notre candidat-médicament TAX2. Nous conduisons les travaux réglementaires permettant de satisfaire aux exigences des agences du médicament. Nous avons besoin de 2 millions d’euros pour initier les essais cliniques. La région Grand Est et la Banque publique d’investissement (BPI) nous soutiennent déjà et nous travaillons à une levée de fonds permettant d’atteindre cet objectif ». Si tout va bien, les essais sur l’homme commenceront à l’horizon 2021.

Catherine Frey

Qui est Stéphane Dedieu

Stéphane Dedieu, 43 ans, est originaire du Lot-et-Garonne. Il a fait son doctorat en biologie-santé à l’université de Bordeaux avant d’effectuer un post-doctorat au sein d’une unité Inserm de la faculté de médecine de Lille. Il a ensuite été recruté par l’université de Reims comme maître de conférences avant de devenir professeur en 2014. Il mène ses recherches et dirige une équipe au sein du laboratoire MEDyC. Ce laboratoire, placé sous la cotutelle de l’Université de Reims-Champagne-Ardenne et du CNRS, présente la particularité d’être pluridisciplinaire. Il associe des biologistes, des biophysiciens, des informaticiens et des cliniciens.

Sa start-up de biotechnologie, Apmonia-Therapeutics, est présidée par le chercheur Albin Jeanne, docteur de l’université de Reims, et avec qui il travaille depuis une dizaine d’années (mail : contact@apmonia-therapeutics.com).

Edité par Catherine Frey le 11 décembre 2019 sur https://www.lunion.fr


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