De nouvelles pistes à Limoges contre le cancer du poumon en juillet 2019 La Sortiline pour venir à bout du cancer du poumon.

, dans le réseau de Raphael Nieto, Sylvain Levy

Les recherches menées par une équipe de chercheurs de la chaire de pneumologie expérimentale de Limoges pourraient conduire à contrer la maladie.

Sortiline. Voilà le nom de cette protéine qui est peut-être l’une des clés pour venir à bout du cancer du poumon. Depuis sa création en 2012, la chaire de pneumologie expérimentale de Limoges a en tout cas fait des découvertes encourageantes sur cette protéine. Elle pourrait d’abord permettre un diagnostic précis.

« On a pu mettre en évidence un nouveau mécanisme dans le cancer du poumon, explique le professeur François Vincent, co-directeur de la chaire. Chez un patient malade, la sortiline est modifiée et associée à deux récepteurs, TrkB et EGFR, dans des microvésicules. Par simple prise de sang, on peut observer ces microvésicules. Et selon la présence plus ou moins forte de ce complexe constitué de ces trois acteurs, on peut avoir une indication sur l’agressivité ou non du cancer. »

Pour le moment, des études sont menées afin de confirmer l’intérêt de ce biomarqueur dans le diagnostic précoce.

Limiter la propagation des cellules cancéreuses

La sortiline aurait également un autre rôle intéressant. Elle serait capable de limiter la propagation des cellules cancéreuses en inhibant le récepteur EGFR qui favorise le développement tumoral.

« L’EGFR est situé sur la membrane de la cellule, indique le professeur Fabrice Lalloué co-directeur de la chaire. Il envoie des signaux en continu et déclenche la prolifération des cellules tumorales. Mais quand la sortiline est présente, on a remarqué qu’elle séquestrait l’EGFR à l’intérieur de la cellule et l’empêchait ainsi de faire proliférer les cellules cancéreuses bloquant donc la croissance tumorale. »

Les chercheurs impliqués dans le projet travaillent également sur un autre mécanisme, impliquant toujours la sortiline et qui pourrait permettre de bloquer l’action de l’EGFR. « On sait que l’EGFR agit à d’autres niveaux dans la cellule, ajoute Fabrice Lalloué. On a constaté que la sortiline est quelquefois présente à ces différents niveaux, sans doute pour bloquer l’action de l’EGFR. »

Déceler les tumeurs précocement

C’est l’une des raisons pour lesquelles la chaire, a été reconduite pour trois années supplémentaires mercredi 3 juillet. Pendant les prochains mois, l’équipe de la chaire de l’Université de Limoges va approfondir ces découvertes en collaboration étroite avec les pneumologues (service du professeur Boris Melloni) et les chirurgiens du CHU de Limoges.

« L’objectif est d’arriver à évaluer l’intérêt de la détection du complexe protéique dans le sang des patients afin de l’utiliser en tant que biomarqueur pour le diagnostic précoce du cancer du poumon, confie le professeur François Vincent. Actuellement, 70% des diagnostics du cancer du poumon sont malheureusement effectués à un stade évolué, où la maladie est déjà avancée. Les traitements sont alors moins efficaces. Mais si on peut déceler précocement des tumeurs de quelques centimètres dans le poumon, il sera alors possible de les retirer chirurgicalement et d’améliorer le pronostic des patients. C’est tout le challenge. »

Les chercheurs vont également essayer de percer les autres secrets de la sortiline afin de parvenir à contourner les mécanismes de résistances thérapeutiques. Et si tout se passe au mieux, le professeur François Vincent pense que ces découvertes seront applicables aux patients « d’ici six ou sept ans ». Mais pour atteindre ses objectifs, la chaire a besoin de soutiens financiers. Elle compte pour cela sur ses partenaires de toujours : la Fondation partenariale de l’Université de Limoges et l’ALAIR-AVD, son mécène, qui est une entreprise régionale de santé née de deux associations de patients.

Soutenir la chaire

Si vous souhaitez faire un don à la chaire, vous pouvez l’effectuer via la Fondation partenariale de l’Université de Limoges située 1 avenue d’Ester à Limoges.
Un formulaire est disponible sur son site web (plus d’informations par téléphone : 05 55 35 88 60 ; ou par email : fondation@unilim.fr).

Déborah Adoh

Publié par Déborah Adoh le 06 juillet 2019 dans www.lepopulaire.fr


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