Covid-19 : le groupe Lemoine, en Normandie, est le seul fabricant français à produire des écouvillons La fabrication d’écouvillons rhino-pharyngés de dépistage du COVID-19

, dans le réseau de Laure Lehaut

L’entreprise Lemoine, basée à Caligny (Orne), est depuis lundi 6 avril 2020 en capacité de produire des écouvillons nécessaires aux tests de dépistage du Covid-19. C’est la seule usine qui en fabrique en France. Le groupe en fabriquera jusqu’à 1,5 million par semaine, alors que l’Hexagone s’approche de la pénurie.


En pleine crise du coronavirus, l’entreprise ornaise Lemoine est en capacité de produire, depuis ce lundi 6 avril 2020, jusqu’à 1,5 million d’écouvillons par semaine. Cet outil, sorte de petite brosse introduite dans la narine du patient pour recueillir des cellules nasales profondes, est indispensable aux tests de dépistage du Covid-19.

Or, les écouvillons sont devenus introuvables en France. Comme nous le précisions en mars, ces matériels n’ont pas été commandés suffisamment tôt. Dans le même temps, les États-Unis se sont rués vers la société italienne Copan, principale fournisseuse d’écouvillons pour la France.

Course contre la montre

Le lancement de cette production française relève du défi industriel et sanitaire. «  La fabrication des premiers écouvillons a pu avoir lieu en seulement huit jours », précise le groupe Lemoine, leader européen dans la fabrication de produits de soin et d’hygiène à base de coton, avec 600 salariés. L’entreprise, aussi seul fabricant national de bâtonnets ouatés, a créé « une ligne dédiée » aux écouvillons dans l’une de ses usines.

Publié le Magalie LETISSIER le 07 avril 2020 sur https://www.ouest-france.fr/

Covid-19 : le groupe Lemoine, en Normandie, va produire les écouvillons pour le dépistage du Covid-19 en France

Le groupe Lemoine, installé près de Flers (Orne) va produire jusqu’à 1,5 million d’écouvillons par semaine pour répondre aux besoins de tests de dépistage du Covid-19.

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1,5 million d’écouvillons, destinés à réaliser les tests de dépistage du covid-19, vont être fabriqués par le groupe Lemoine, à Caligny, près de Flers (Orne). (©L’Éclaireur)

Installé à Caligny, près de Flers (Orne), le groupe Lemoine vient de se lancer dans la production de rhino-pharyngés destinés aux tests virologiques de dépistage du Covid-19 en France. C’est ce que vient d’annoncer le groupe ce lundi 6 avril 2020.

Jusqu’à 1,5 million d’écouvillons par semaine

Le groupe Lemoine est spécialisé dans la fabrication de produits de soin et d’hygiène à base de coton (disques de démaquillage et cotons-tiges).

Lorsqu’il a appris, le 25 mars 2020, la pénurie en France de ce type d’écouvillon, il s’est aussitôt mis en ordre de bataille pour être en mesure de les produire sur son site de Lemoine France à Caligny, en Normandie. Ainsi, il a créé au cœur d’une de ses usines, une ligne de production dédiée à la fabrication d’écouvillons rhino-pharyngés nécessaires pour le dépistage du Covid-19.

Le groupe est : « dès aujourd’hui, en capacité de produire jusqu’à 1,5 million d’écouvillons par semaine pour répondre aux besoins de tests de dépistage virologique indispensables pour l’ensemble des soignants, les personnes fragiles et celles à difficulté respiratoires. »

Une fabrication lancée en seulement 8 jours

«  La fabrication d’écouvillons rhino-pharyngés de dépistage du COVID-19 ne rentrant pas dans la gamme des produits fabriqués par le groupe, seul producteur français de bâtonnets ouatés, leader européen et numéro 2 mondial de son marché, il a fallu adapter totalement une ligne de production afin de respecter les spécificités d’un exemplaire d’écouvillon rhino-pharyngé de milieu hospitalier  », explique le groupe.

Grace à la mobilisation et à l’engagement sans faille des ingénieurs et des équipes techniques de Lemoine France, la fabrication des 1ers écouvillons a pu avoir lieu en seulement 8 jours, dans un cadre de production adapté de manière à garantir la sécurité de chacun.

Les 1ers échantillons tests ont ainsi été remis dès jeudi 2 avril 2020 à l’AP-HP, au service de santé des Armées à Percy, ainsi qu’à l’Institut Pasteur, pour les étapes de post-production indispensables, que sont la stérilisation en autoclave et la validation comme tout nouveau dispositif de santé, en l’occurrence dans le domaine de la virologie.

La phase de stérilisation en autoclave a été franchie avec succès (aucune modification du produit), aussi bien à l’AP-HP qu’à l’hôpital des Armées de Percy. Les premiers échantillons ont été déclarés conformes aux écouvillons référents par le Médecin Chef du service de biologie médicale de l’Armée à Percy ce week-end et les essais sont en phase de finalisation à l’AP-HP. Dès confirmation par l’AP-HP et à partir de ce lundi 06 avril 2020, Lemoine France est en capacité de produire jusqu’à 1,5 million d’écouvillons par semaine et de répondre aux premiers besoins identifiés dans les différents services hospitaliers.
Une fierté pour le groupe

Jeanne Lemoine, directeur général du Groupe Lemoine est fière de ce qu’a réalisé son entreprise : « C’est une immense fierté pour le Groupe Lemoine et ses équipes d’avoir su déployer leur savoir-faire français pour produire cet écouvillon rhino-pharyngé nécessaire aux tests de dépistage du COVID-19. Nous espérons que la disponibilité de ce matériel important pour tous les personnels médicaux aujourd’hui, à l’hôpital, en pharmacie, ou dans les laboratoires d’analyse biologique, les aidera dans leur travail au quotidien dans cette période si difficile. »

Elle ajoute : « Le Groupe Lemoine remercie l’ensemble des services médicaux, pharmaceutiques et administratifs de l’AP-HP et du service de santé des Armées à Percy, qui l’ont soutenu dans cette initiative, et lui ont apporté de précieuses et indispensables informations pour les phases post production, ainsi que le METI (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire) et la FEEF (Fédération des entreprises et entrepreneurs de France), qui l’ont accompagné dans cet effort ».

A propos du Groupe Lemoine

En 2017, la famille Lemoine, actionnaire du groupe éponyme, a fêté sa 40e année de présence dans le Bocage. En 1977, les époux Lemoine rachètent une entreprise de fabrication d’eau de Cologne (la société Roval), à Flers. C’est en 1985, à Athis-de-l’Orne, qu’ils ont créé la société Lemoine-France, spécialisée dans la fabrication de bâtonnets ouatés. Leur aventure dans le Bocage ne faisait que commencer.

En 1995, le groupe Lemoine fonde Phylstick, à Tinchebray, qui produit depuis 22 milliards de tiges plastiques par an. Puis, Phil Pack en 1997, à Athis-de-l’Orne, où sont fabriqués 1 500 tonnes de mèches de coton et 70 millions de boîte plastique. Il s’implante ensuite à Flers en 1998, qui figure aujourd’hui comme le dernier site de fabrication de coton Zig-Zag en France.

Outre cet ancrage ornais, le groupe Lemoine s’est également lancé à la conquête de l’Europe. En 1998, il fait l’acquisition d’Apco International, au Pays-Bas. Puis, en avril 2014, celle de la société RCD, chez son voisin allemand. « C’était très important pour nous de s’implanter en Allemagne, un de nos principaux concurrents en Europe, précise Jeanne Cluzet-Lemoine, représentante de la PME familiale. D’autant plus à l’est car cela nous donne une ouverture vers tous les pays limitrophes. »

Fondé en 1978 par Philippe et Jeanne Cluzet-Lemoine, le Groupe Lemoine a développé un savoir-faire unique dans la fabrication de produits de soin et d’hygiène à base de coton. En quelques années, la petite entreprise familiale est devenue leader sur son marché en Europe, et n°2 dans le monde, avec plus de 300 clients à l’international et 10 usines sur les 5 continents. Une expertise reconnue qui repose non seulement sur sa capacité d’innovation mais aussi sur son engagement fort en matière de développement durable.
Le Groupe Lemoine est une ETI 100% familiale, dont les dirigeants sont Philippe et Jeanne Lemoine, et leur fils Alexandre, qui les a rejoints en 2006.

Au 1er janvier 2020, la vente de cotons-tiges (Ndlr : coton-tige est une marque déposée) en plastique sera prohibée. Une interdiction qui prend effet dans le cadre de la loi sur la Biodiversité, adoptée mercredi 20 juillet 2016, par le Parlement. Ces bâtonnets ouatés font partie des principaux déchets que l’on retrouve dans l’océan. Les fabricants doivent donc remplacer le stick en plastique par une matière biodégradable. Une mesure écologique positive mais qui va donner du fil à retordre à l’entreprise Lemoine, leader européen du bâtonnet ouaté, basée à Caligny, près de Flers, dans l’Orne. Avec ses 600 personnes dont 250 sur l’usine de Caligny, l’entreprise familiale, fleuron de l’industrie ornaise, produit 120 millions de boîtes de bâtonnets ouatés par an, essentiellement en plastique.

Le député-maire de Flers, Yves Goasdoué, s’est mobilisé pour repousser l’interdiction des sticks en plastique des cotons-tiges. Sur proposition d’amendement, il a demandé à ce que l’interdiction soit mise en place en 2020, et non en 2018 comme initialement prévu, pour laisser le temps à l’industrie ornaise de s’adapter. L’amendement a été adopté.

Le directeur général du groupe, Alexandre Lemoine, s’est dit «  favorable à la loi » en juin 2016, même s’il reste à trouver des solutions alternatives au plastique.
Par quoi remplacer le plastique ? La loi prescrit toute matière biodégradable. « Le papier est évidemment la solution la plus simple, mais la filière nous amène dans le nord de l’Europe. Nous avons envie de développer une filière française », poursuit Alexandre Lemoine, évoquant un travail « avec les organismes de recherche publics ».

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De gauche à droire : Philippe et Jeanne Cluzet-Lemoine, les fondateurs du groupe Lemoine et leur fils, Alexandre, directeur général depuis 2006. © Ouest-France 2011

Publié le 06 avril 2020 sur https://actu.fr/normandie


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