Covid-19 : la Normandie compte relocaliser des productions industrielles Les pouvoirs publics encouragent les industriels du médical à fabriquer en France

, dans le réseau de Laure Lehaut

Dans la perspective du futur contrat de plan Etat-Région et alors que la crise sanitaire montre les insuffisances de l’appareil productif français, Hervé Morin président de la Région Normandie, annonce ce jeudi 30 avril 2020 à Val de Reuil (Eure) son intention de muscler l’industrie normande. Sanofi ou Fareva avancent déjà des projets précis dans les principes actifs de médicaments.


La Normandie lance un pavé dans le débat sur la relocalisation de la production en France provoqué par la pandémie. C’est rien de moins qu’une nouvelle politique industrielle qu’Hervé Morin, président de la Région va appeler de ses voeux ce jeudi 30 avril 2020 alors que son territoire normand est déjà fortement industriel avec 19 % des emplois relevant du secteur.

Invoquant les « limites de la capacité de notre appareil industriel à fournir des produits en réponse à la crise sanitaire » Hervé Morin a confié jeudi 30 avril 2020 une mission à Bernard Leroy. Ce dernier préside la Communauté d’agglomération Seine-Eure (103.000 habitants) qui accueille 40 groupes internationaux et abrite 15.000 emplois industriels.

« Cette nouvelle politique industrielle sera déclinée au travers des contrats de plan Etat-Région en mobilisant les fonds européens » confie Bernard Leroy. « Avec les différents pôles de compétitivité, nous allons nous occuper des secteurs fragilisés par la crise comme l’aéronautique tout en identifiant les opportunités à développer, en particulier dans la santé  ». C’est un sujet qu’il connaît bien pour avoir facilité l’accueil ou le développement - entre Louviers et Val de Reuil des groupes comme Johnson & Johnson, Sanofi-Pasteur ou une filiale du groupe familial Fareva.

C’est sur ce site de Val de Reuil qui fabrique avec 523 salariés des produits pharmaceutiques et des principes actifs qu’Hervé Morin doit évoquer ce jeudi 30 avril son ambition industrielle. Bernard Fraisse, le très discret Pdg-fondateur de Fareva (1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires) explique « aux Echos » voir d’un bon oeil que les « pouvoirs publics encouragent les industriels à fabriquer en France  » après la « prise de conscience  » de la perte d’indépendance européenne, notamment en matière de principes actifs et de médicaments, qui, à plus de 60 % sont fabriqués en Asie.

1 à 2 ans pour les matières actives

Il faudra, selon lui, «  compter 1 à 2 ans pour commencer à rapatrier la fabrication de matières actives en Europe  ». Il estime aussi que les industriels devront être « accompagnés financièrement pour produire en Europe ». De son côté Philippe Luscan, vice-président exécutif de Sanofi en charge des affaires industrielles, prévient qu’il va falloir « intégrer le critère de production en Europe dans la fixation du prix du médicament  ». Autant de chantiers institutionnels qui ne relèvent pas des prérogatives de l’exécutif régional.

En attendant, le groupe Sanofi, qui fait exception en produisant 80 % de ses principes actifs, planche sur la création d’une filiale dédiée à la fabrication de ces molécules en Europe pour des clients tiers. «  Le principe actif dans le médicament, c’est aussi stratégique que le moteur de la voiture » martèle Philippe Luscan, qui pilote le projet.

La nouvelle société doit réunir les activités de principes actifs de six usines européennes dont deux françaises travaillant déjà pour des tiers, Vertolaye (Puy de Dome) et Saint-Aubin les Elbeuf en Seine-Maritime. A en croire Philippe Luscan, le site normand de 325 salariés cristallise « le savoir-faire technologique » français. « C’est la plus grosse capacité au monde de fermentation de souches de bactéries pour la fabrication d’antibiotiques ». Une expertise qui figurera sans doute dans le rapport que Bernard Leroy remettra à Hervé Morin en octobre 2020.

Claire Garnier (Correspondante à Rouen)

Publié par Claire Garnier le 30 avril 2020 sur https://www.lesechos.fr


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Eric Ciotti @ECiotti · 31 mars 2020
Emmanuel #Macron a enfin pris la mesure des besoins massifs de masques, respirateurs et tests.
Notre pays sera prêt en mai, sans doute bien après le pic de l’épidémie...
#coronavirus #covid19

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Lionel COSTES @COSTESLionelEr · 1 avril 2020
"L’histoire retiendra que c’est depuis la filiale d’un groupe canadien qu’@EmmanuelMacron a battu le rappel, mardi 31 mars 2020, pour « rebâtir notre souveraineté nationale et européenne »" :
https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/01/emmanuel-macron-veut-rebatir-l-independance-economique-de-la-france_6035160_3234.html
Covid-19 : Emmanuel Macron veut « rebâtir » l’indépendance économique de la France le 31 mars 2020

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Courvoisier Avocat @JuliaCourvoizzz · 7 avril 2020
Notre système de santé, financé par des taxes et impôts parmi les plus élevés du monde, dépend donc de la Chine à 80%. Que ce soit pour les masques ou les médicaments. Et j’en passe ! Je vous assure qu’après le confinement, ça va valser à l’Elysée. #DehorsLesRomano #Voyous

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Les Echos @LesEchos · 30 avril 2020
Coronavirus : la Normandie compte relocaliser des productions industrielles
https://www.lesechos.fr/pme-regions/normandie/coronavirus-la-normandie-compte-relocaliser-des-productions-industrielles-1199489#xtor=RSS-147

Pour en savoir plus :

- Y a-t-il un risque pour l’approvisionnement en médicaments en février 2020 ?
- Il faut tirer les conséquences de la dépendance de l’approvisionnement chinois en mars 2020
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