Covid-19 : en Bretagne et en Anjou, ces PME qui se diversifient dans les masques Plusieurs PME investissent durablement dans la production de masques FFP2 et chirurgicaux..

, dans le réseau de Frédéric Nicolas

Les Celluloses de Brocéliande, à Ploërmel, filiale d’Intermarché, investit dans cinq lignes de production de masques FFP2 et chirurgicaux. Près d’Angers, AppCell a inventé un masque à forte respirabilité produit en rouleaux sur des rotatives.


Alors que plusieurs ateliers textiles commencent à laisser tomber les masques, plusieurs PME y investissent durablement. Des initiatives qui diffèrent des projets de réouverture d’unités de production comme celle arrêtée par Honeywell en 2018, à Plaintel dans le département des Côtes-d’Armor en région Bretagne.

Non loin, Ploërmel située dans le département du Morbihan, en région Bretagne, abrite les Celluloses de Brocéliande, une filiale d’ Agromousquetaires , le pôle industriel d’Intermarché. L’usine fabrique des couches et des protections hygiéniques. Elle installe cinq lignes de production de masques FFP2 et chirurgicaux.

Un peu plus bas, à Beaucouzé, près d’Angers, située dans le département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire, la PME AppCell a conçu et commercialise « Butterfly » un masque qui permet une meilleure respiration.

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Les Celluloses de Brocéliande : Le directeur Patrick Viseux, Fanny Henry, chef de produit et Nicolas Tréhin, coordinateur sécurité, travaillent avec 170 salariés pour fournir des couches à tous les magasins du groupe Intermarché. https://www.ouest-france.fr/bretagne/ploermel-56800/ils-fabriquent-un-million-de-couches-par-jour-1772636

Commande de l’Etat

« Nous fabriquions des masques en 2007 au moment de la grippe aviaire », raconte le directeur de l’usine des Celluloses de Brocéliande, Patrick Viseux. « En 2009, nous avons installé une machine pour le virus H1N1 », poursuit-il. « Nous avons arrêté en 2010 parce que nos clients importaient de Chine. Nous avons vendu la machine il y a un an…  ».

Le redémarrage a été sollicité par l’Etat. L’usine de Ploërmel, qui réalise 70 millions d’euros de chiffre d’affaires, a accepté une commande de 130 millions de masques pour la fin de l’année 2020, dont environ deux tiers de FFP2 et un tiers de chirurgicaux. Elle a investi dans cinq lignes de production qui utilisent les machines made in France de Cera (Saint-Etienne) et OSE (Angers). «  Nous avons l’habitude du travail du textile non tissé [le meltblown, NDLR] et des élastiques  », résume Patrick Viseux. Une soixantaine de salariés sont embauchés.

De son côté, AppCell, qui a été créé en 2018 par Jean-Pierre Billiard, son fils Matthieu Billiard et Denis Menoret, est spécialisé dans le contrecollage et l’assemblage des matières. L’atelier d’Angers lie le non-tissé au PVC (pour l’étanchéité des toitures, par exemple), le tissu ou le cuir à des mousses pour l’aéronautique ou le luxe. La diversification dans les masques est le concours de deux circonstances.

Des Chinois désespérés Mi-février 2020

Mi-février 2020, d’abord, un industriel chinois fournisseur de mousse de mélamine, Synoyqx, appelle au secours, en quête de masques à importer dans son pays. «  Ils étaient désespérés », se souvient Jean-Pierre Billiard. Quelques semaines plus tard et la construction en Chine de 8.000 sites de production, c’est la France qui quémande des masques aux Chinois. Le coronavirus se répand dans l’Hexagone. Et là, c’est l’épouse infirmière de Matthieu Billiard qui se plaint de la difficulté de respirer avec des masques chirurgicaux.

Les fondateurs d’AppCell imaginent alors en quelques jours un procédé révolutionnaire. Plutôt que de découper du tissu sur des presses et d’y coudre des élastiques, ils utilisent des rotatives qui prédécoupent des rouleaux de fibre de polyester non tissé, un brevet déposé dans 147 pays. Cette fibre laisse passer 700 litres d’air par mètre carré et seconde pour la catégorie UNS1 et 1.500 pour les UNS2, contre 180 à 200 pour les masques chirurgicaux. AppCell adapte cinq lignes de production chez trois sous-traitants pour une production de 1,5 million de pièces par semaine et par ligne pour un prix public conseillé compris entre 35 et 50 centimes l’unité.

La production des UNS1 ou UNS2 (90 % ou 70 % de filtration des particules sous 3 microns) se fait par rouleaux de 500. Quelque 200 lignes de rotatives sont susceptibles d’être converties au procédé. Les commandes affluent des entreprises agroalimentaires de l’Ouest. Les masques, certifiés par la Direction Générale de l’Armement, sont particulièrement adaptés à ceux qui doivent les porter quatre heures de suite. Ils le sont moins aux personnes âgées auxquelles la mairie de Paris a voulu les distribuer.

Publié par Philippe Bertrand le lundi 18 mai 2020 sur https://www.lesechos.fr


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Ancien élu écologiste, secrétaire d’État à l’Économie solidaire sous Lionel Jospin, Guy Hascoët est à l’origine de la création des Sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC). C’est lui qui a été chargé de piloter la mission d’étude sur la relance de la production de masques et vêtements de protection, près de Saint-Brieuc. https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-usines-de-masques-dans-le-pays-de-saint-brieuc-la-mission-de-guy-hascoet-6803712
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Le masque français qui veut changer la donne ; Publié par Luc Lenoir le 8 mai 2020 dans
https://www.lefigaro.fr/sciences/coronavirus-le-masque-francais-qui-veut-changer-la-donne-20200508
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De son côté, AppCell, qui a été créé en 2018 par Jean-Pierre Billiard, son fils Matthieu Billiard et Denis Menoret, est spécialisé dans le contrecollage et l’assemblage des matières.

Pour en savoir plus :

- Covid-19 : La France en pénurie de masques : aux origines des décisions d’État
- Coronavirus. « J’ai été moquée, mais la solution, c’est la réponse maximale », confie Roselyne Bachelot le 20 mars 2020
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