Covid-19 : des signes neuro liés à la gravité de l’infection, aux médicaments administrés ou à une atteinte virale directe ? une cohorte française n’écarte aucune hypothèse

, dans le réseau de Christophe Juppin

Encéphalopathie, agitation, confusion, atteinte du faisceau corticospinal, accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique, les signes neurologiques semblent fréquents et variés au sein d’une cohorte consécutive de 58 patients hospitalisés pour une forme grave de Covid-19 dans deux centres de soins intensifs à Strasbourg.


Ces résultats publiés dans « The New England Journal of Medicine » confirment les observations récemment rapportées dans « le Quotidien ». Et il est difficile à ce stade de rapporter avec certitude la cause exacte de ces manifestations, plusieurs hypothèses étant plausibles : «  On manque de données pour déterminer lesquelles de ces caractéristiques étaient dues à une encéphalopathie liée à la gravité de l’affection, aux cytokines, ou à l’effet ou au retrait des traitements, et quelles caractéristiques étaient spécifiques de l’infection à SARS-CoV-2 », écrivent les réanimateurs français.

Dans la cohorte, les patients hospitalisés pour syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA) liés au SARS-CoV-2 étaient âgés en médiane de 63 ans. Parmi eux, sept avaient des antécédents neurologiques à type d’accident ischémique transitoire (AIT), d’épilepsie partielle et de troubles cognitifs légers.

Des troubles de l’exécution persistants

Les observations neurologiques ont été enregistrées chez huit des 54 patients à l’admission (avant traitement) et chez 39 en présence de sédation et de blocage neuromusculaire. À la levée du blocage neuromusculaire, 40 patients (69 %) ont présenté une agitation et 26 sur les 40 ayant pu être évalués étaient confus.

Des signes diffus d’atteinte du faisceau corticospinal (hyperréflexie tendineuse, clonus de la cheville, réflexe cutanéo-plantaire bilatérale en extension) ont été retrouvés chez 39 patients (67 %). Parmi les patients sortis de soins intensifs, 15 sur 45 (33 %) présentaient des troubles de l’exécution avec inattention, désorientation ou des mouvements mal organisés à la commande.

Des AVC asymptomatiques révélés à l’imagerie

À l’IRM réalisée chez 13 patients en raison d’encéphalopathie inexpliquée, un rehaussement des espaces leptoméningés a été observé chez 8 d’entre eux et une hypoperfusion frontotemporale bilatérale chez la totalité des 11 patients ayant eu une imagerie de perfusion. Deux patients asymptomatiques avaient des signes de petit AVC ischémique et un autre des signes d’AVC subaigu.

Quant à l’EEG réalisé chez huit patients, il n’a rien montré de très probant, seulement des signes non spécifiques. L’un d’entre eux avait un ralentissement bifrontal diffus compatible avec l’encéphalopathie. Le LCR prélevé chez sept patients ne contenait aucune cellule, et chez deux d’entre eux, des bandes oligoclonales identiques à celles observées à l’électrophorèse du sérum ont été retrouvées. Les taux de protéines et d’IGF-1 étaient élevés chez l’un d’entre eux. La PCR était négative à SARS-CoV-2 chez la totalité des 7 patients.

Publié par Dr Irène Drogou le 17 avril 2020 dans https://www.lequotidiendumedecin.fr


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