Covid-19 : à Villers-Outréaux, la broderie Lévêque fabrique des « lingots », des masques normés La broderie Lévêque s’est lancée dans la confection de masques normés à « usage non sanitaire »

, dans le réseau de Laurent Massoptier, Pauline Wartel, Perrine Lespagnol

La Maison Lévêque, à Villers-Outréaux, dans le département du Nord en région Hauts-de-France, s’est lancée dans la confection de masques normés à « usage non sanitaire » de catégorie 1, qui garantissent la protection. Le brodeur appelle ses confrères à en fabriquer pour satisfaire la demande.


La Maison Lévêque, à Villers-Outréaux a décidé de se lancer dans la confection de masques en tissu. Un prototype a été envoyé à la direction générale de l’armement, qui a accordé la norme « UNS1 ». «  On voulait une norme, sinon, c’est comme donner une voiture sans freins  », considère Isabelle Lévêque, l’une des dirigeantes de l’entreprise.

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«  On voulait une norme, sinon, c’est comme donner une voiture sans freins  », considère Isabelle Lévêque, l’une des dirigeantes de l’entreprise.

« Nous avons choisi de travailler en trois couches. Nous avons fait tester notre masque, il est de cathégorie 1. Nous nous sommes engagé à en faire 5 000 masques et nous allons essayer d’augmenter la cadence pour passer à 7 000, ou 8 000 masques si on arrive a se regrouper avec d’autres brodeurs. », explique Isabelle Lévêque.

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« Nous avons choisi de travailler en trois couches. Nous avons fait tester notre masque, il est de cathégorie 1. Nous nous sommes engagé à en faire 5000 et nous allons essayer d’augmenter la cadence pour passer à 7 000, ou 8 000 si on arrive a se regrouper avec d’autres brodeurs. », explique Isabelle Lévêque.

Nous faisons des masques de qualité, mais assez rapide car les client en ont réellement besoins. Il y a donc trois épaisseurs de tissus, le dession est informatisé et les piqueurs dessinent le modèle brodé.

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Joelle et sabine découpent ensuite le modèle en tombé de métier, les oreilles sont découpés.

Joelle et sabine découpent ensuite le modèle en tombé de métier, les oreilles sont découpés, et les masques sont lavés. Ils sont ensuite revérifiés avant emballage par 10 pièces.

Publié le 24 avril 2020 dans https://www.lavoixdunord.fr/

Villers-Outréaux : La broderie Lévêque fait la fierté du territoire depuis 50 ans

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Créée il y a 50 ans par André Lévêque, le papa, la maison Lévêque a depuis été reprise par ses fils, Franck et Sébastien Lévêque. Ils ont investi dans des technologies de pointe pour séduire les plus grands.

Créée il y a 50 ans par André Lévêque, le papa, la maison Lévêque a depuis été reprise par ses fils, Franck et Sébastien Lévêque. Ils ont investi dans des technologies de pointe pour séduire les plus grands.

Remonter le fil de l’histoire de la broderie Levêque c’est évoquer une success story comme on les aime. En 1969, André Lévêque, fils d’agriculteurs, installe un métier à broder dans la ferme familiale, rue de la République. Il se lance en autodidacte dans le secteur du macramé. Avec sa femme, Françoise, et ses enfants, il fera évoluer l’entreprise et deviendra une référence dans le secteur.

Aujourd’hui, la maison Lévêque est une belle réussite. Elle dispose de neuf machines à broder et regroupe 21 salariés. Ce sont les fils d’André et sa belle-fille, Franck, Sébastien et Isabelle Lévêque, qui ont repris la tête de l’entreprise il y a une dizaine d’années. « Mais on était déjà avec notre père dès 1998. On a grandi au milieu des machines à border » se souvient Sébastien. Franck voyage beaucoup car il s’occupe de la commercialisation. Sébastien supervise toute la production tandis qu’Isabelle se charge de la finition et de l’expédition.

Des broderies uniques

La broderie a connu une crise importante en 2000. « Les turcs sont arrivés avec des machines comme les nôtres mais ont proposé des prix plus bas grâce à une main d’œuvre bon marché. Comme les dentelliers, nous sommes confrontés à la concurrence asiatique…l’Inde, la Chine, etc… » confie Sébastien Lévêque. La maison Lévêque a donc dû se diversifier et investir dans de nouvelles technologies pour s’en sortir. « Avant, les brodeurs travaillaient sur un seul marché, nous on s’est diversifié. On est par exemple les seuls brodeurs de France capables de poser des paillettes. On a aussi un Département métallisation. On peut donc poser de l’or ou de l’argent sur les broderies….On fait plein de choses très très modernes » explique Franck Lévêque.

Pour les plus grands

Aujourd’hui, la broderie travaille pour les plus grands noms de la lingerie, du prêt-à-porter, du tissu d’ameublement… Les noms des clients doivent rester confidentiels mais il y a par exemple parmi eux quelques grands représentants de la haute-couture. On a pu notamment voir les broderies Levêque au festival de Cannes ou sur la tenue de Conchita Wurst lors de sa victoire à l’Eurovision en 2014. Signe qu’elle est en développement, la Maison Lévêque a racheté il y a 4 ans un bâtiment rue Curie (non loin du site historique) qui appartenait jusqu’ici à la broderie Deschamps. Elle est donc désormais installée sur deux sites.

Les machines tournent de 5 h à 21 h. Elles sont capables de broder sur différentes matières. Par exemple, des rideaux ou des chaussures. Ensuite, les équipes retouchent à la main les éventuels défauts. Enfin, le produit est conditionné puis vendu partout dans le monde. Il est possible d’admirer plusieurs échantillons de leurs créations à la maison de la broderie de Villers-Outréaux. Cette dernière a justement rouvert ses portes récemment, après des travaux de rénovation. Dans le futur, la maison Lévêque souhaite continuer à investir et notamment développer son service commercial/communication. « On veut travailler davantage sur l’aspect marketing. Aujourd’hui, il y a un manque de communication sur la broderie… Le but est de sauvegarder nos emplois » explique Isabelle Lévêque.

Publié par Paul Sion le lundi 7 octobre 2019 sur https://www.lobservateur.fr/cambresis/

Contact :
Broderies Leveque et Fils
24 Rue de la République,
59142 Villers-Outréaux
Téléphone : 09 77 44 55 32


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