Covid-19 : Les tests de sérologie, clé du déconfinement le 30 mars 2020 Dans les laboratoires parisiens, quatre projets portent sur la caractérisation d’anticorps spécifiques.

, dans le réseau de Sophie VILLEDIEU

En permettant d’identifier en masse les personnes immunisées contre Covid-19, les tests de sérologie doivent permettre une stratégie de déconfinement progressif. Des dizaines existent déjà, mais leur évaluation retarde un déploiement à grande échelle.


Quand et comment sortir du confinement ?

La réponse dépend désormais du déploiement à grande échelle d’un nouveau type de tests dits "sérologiques". Deux millions de kit ont été commandés "pour avril" afin de "préparer le pays à la phase de déconfinement" a annoncé le ministre de la Santé Olivier Véran. Jusqu’ici, ce sont des tests diagnostiques qui ont été utilisés. Une technique d’amplification génétique dite PCR (réaction en chaîne par polymérase), qui permet de détecter le virus en analysant des échantillons prélevés à l’aide d’un écouvillon au fond de la cavité nasale. La sérologie, elle, est une analyse sanguine qui recherche la présence d’anticorps spécifiques au virus Sras-Cov-2 responsable du Covid-19. Ces petites molécules, des glycoprotéines, sont produites sur mesure par le système immunitaire pour repérer et détruire un agent pathogène identifié. S’il y a des anticorps correspondant au Sras-CoV-2, cela signifie que la personne a déjà été infectée et est immunisée, au moins pour un temps. Elle peut donc librement circuler sans risque d’infecter les autres ou soi-même. "Nous nous préparons à tester très largement la population", a ainsi confirmé Olivier Véran samedi 28 mars 2020. Mais quand ?

Des dizaines de tests sérologiques en cours d’évaluation

Des dizaines de laboratoires et entreprises ont déjà développé voire commercialisé des tests de sérologie (voir liste). Qu’il s’agisse de kits de détection rapide ou de procédures par automates pour tester des centaines d’échantillons à la fois. “Le marché potentiel est très important, et la course fait donc rage”, commente le Pr Michel Goldman, immunologue, directeur de l’Institut interdisciplinaire pour l’innovation en santé I3h (Belgique).

"La question est aujourd’hui d’évaluer quels sont les dispositifs à recommander dans une stratégie de déconfinement progressif de la population. Mais on trouve déjà beaucoup de choses, les firmes commencent à envoyer des kits dans les cabinets de médecins. En Belgique, nombre d’hôpitaux ont déjà commencé à tester leur personnel. Aux États-Unis, il y a même de la vente directe en ligne”, énumère Michel Goldman. "Certains kits peuvent même être utilisés chez soi : ils se présentent sous la forme de bandelettes sur lesquelles on dépose une goutte de sang, comme le font les diabétiques. Si la bandelette change de couleur, vous avez les anticorps... Mais c’est excessivement dangereux ! On ne peut pas faire reposer une stratégie de déconfinement sur des auto-tests. C’est ce que la Grande-Bretagne envisageait de faire sans attendre, avant de décider, tout de même, de prendre le temps de les évaluer."

Mieux vaut être sûr de la fiabilité des tests qui seront choisis, pour ne pas déconfiner des personnes sur la base de faux positifs (lorsque le test indique que la personne a été infectée alors que ce n’est pas le cas). Mais depuis le début, Sras-CoV-2 pose justement un défi de sensibilité pour la sérologie. “Une large part de la population est infectée par des coronavirus chaque année, nous expliquait Frédéric Tangy, chef du laboratoire Virus et Immunité de l’Institut Pasteur. Et il faut être sûr que les tests repèrent bien les anticorps contre Sras-Cov-2 et pas ceux que nous pourrions avoir contre d’autres coronavirus.

Dans les laboratoires parisiens, quatre projets (sur les seize lancés sur le coronavirus) portent sur la caractérisation d’anticorps spécifiques. L’un d’eux a ainsi abouti à un prototype prometteur actuellement en cours d’évaluation. L’objectif est de mener une “première enquête sur la prévalence des anticorps parmi les personnes qui ont été exposées au coronavirus Sras-CoV-2.” Comprendre : des soignants et/ou des proches de cas confirmés. Quand ? Marc Eloit, chef de projet à l’Institut Pasteur indique à nos confrères de BFMtv le 25 mars être en capacité de réaliser des tests "dans les prochaines semaines" sur des échelles pilotes, soit "quelques centaines à quelques milliers de personnes".

Publié par Hugo Jalinière le 30 mars 2020 sur [https://www.sciencesetavenir.fr/
https://www.sciencesetavenir.fr/sante/les-tests-de-serologie_142846?utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1585563890]


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Sciences et Avenir @Sciences_Avenir · 30 mars 2020
Quand et comment sortir du confinement ? La réponse dépend d’un nouveau type de tests, dits "sérologiques", du Covid-19.
Des dizaines existent déjà, mais leur évaluation retarde un déploiement à grande échelle #confinementjour14 @hugojaliniere
https://www.sciencesetavenir.fr/sante/les-tests-de-serologie_142846?utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1585563890

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Brandelet Michel @MichelBrandelet · 06 avril 2020
Coronavirus : les tests sérologiques bretons validés et financés
https://www.sortiraparis.com/actualites/coronavirus/articles/213318-coronavirus-les-tests-serologiques-bretons-valides-et-finances
Bravo a NGBiotech

Pour en savoir plus :

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