Covid-19 : Le cuivre, élément antibactérien ? La durée de survie in vitro du SARS- CoV-2 et des autres coronavirus sur le cuivre est décrite comme très inférieure à celle observée sur de l’acier inoxydable ou du plastique

, dans le réseau de Alain CANIAUX

Face à l’épidémie de Covid-19, différentes pistes de protection sont à l’étude : les vertus du cuivre en font partie. L’entreprise Lebronze alloys, basée à Suippes dans la Marne, développe du matériel d’aménagement pour particuliers, collectivités et Ehpad.


Aujourd’hui, alors que la crise sanitaire du Covid-19 a impacté le quotidien de la planète entière, les questions et réflexions qui se posent concernent « l’après ». Comment se protéger des bactéries, autrement qu’avec des masques, des gants, du gel hydroalcoolique ? Comment adapter dans son environnement des solutions à la propagation du virus et autres bactéries ? Si le cœur de métier de l’entreprise Lebronze alloys est la métallurgie et la production de pièces et métaux pour le secteur industriel, du transport, de l’énergie ou médical, une partie de sa production concerne les poignées de portes, mains courantes et plaques de poussée.

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Les espaces collectifs du groupe scolaire Sylvain Lambert de Bezannes ont été́ équipés de poignées en cuivre.

Des poignées de porte en cuivre

Baptisée « Steriall », cette dernière est le fruit de plusieurs années de recherche menées conjointement avec les laboratoires de microbiologie Fonderephar de Toulouse et l’Université de Reims Champagne Ardenne URCA. Lebronze alloys poursuit en effet depuis plus de dix ans des recherches sur le comportement des bactéries, des champignons et des virus au contact des alliages de cuivre dans le but de réduire le risque infectieux. «  La durée de survie in vitro du SARS- CoV-2 et des autres coronavirus (MERS, SARS-CoV-1, Human Coronavirus 229E) sur le cuivre est décrite comme très inférieure à celle observée sur de l’acier inoxydable ou du plastique  », indiquent les recherches, publiées dans le New England Journal of Medicine, et sur lesquelles s’appuie le groupe mené par Lebronze alloys.

« Nous dépensons 7 à 8 M€ par an en recherche et développement », précise Michel Dumont, président de l’entreprise. « 5% de notre R&D est consacré à cette gamme. Ce choix est guidé par une démarche citoyenne et de RSE. »


La Marne au coeur de la recherche sur le cuivre

Dans la Marne, l’entreprise a ainsi équipé école, collège et mairie de Bezannes, sur la volonté du maire Jean-Pierre Belfie, toujours à l’affût d’aménagements à la pointe de l’in- novation, mais également des Ehpad. Dans le reste dans la France, des cliniques et maisons de santé ont aussi fait appel à Lebronze alloys dans l’objectif de réduire la persistance microbienne sur les surfaces.

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« Nous ne prétendons pas avoir la solution miracle mais nous pensons que cela peut être une barrière parmi d’autres », indique Michel Dumont, président du groupe Lebronze alloys.

« L’efficacité du cuivre et des alliages de cuivre pour détruire de nombreuses familles de virus et de bactéries – y compris des bactéries présentant des mécanismes multiples de résistance aux antibiotiques (BMR) à l’origine des infections associées aux soins les plus problématiques – est connue depuis plusieurs décennies et fait l’objet de nombreuses publications », assure Michel Dumont.

« D’ailleurs la Marne est au cœur de cette connaissance et de cette recherche sur le cuivre, menée depuis de longues années, notamment dans les milieux viticoles où ses vertus pour traiter le mildiou, sous forme de bouillie bordelaise, sont reconnues.  »

L’intérêt des poignées de portes et autres poignées de poussées trouve donc tout son sens dans des environnements à fort passage. Si les études confirment que le Covid-19, tout comme la majorité des virus et bactérie, résiste très peu de temps au contact de cette matière, l’aménagement d’autres espaces, comme les transports en commun pourrait devenir un futur axe de développement pour Lebronze alloys.

« Si nous y trouvons un intérêt, il est avant tout citoyen, car avec 200 M€ de chiffre d’affaires, la gamme Steriall n’en représente qu’une part marginale », insiste Michel Dumont. « Le but est véritablement d’essayer de réduire la transmission manuportée. » Néanmoins, les salariés même de l’entreprise semblent convaincus des vertus du cuivre car plus de 3 000 commandes ont été passées par le personnel pour équiper leur domicile. Si l’entreprise en produit aujourd’hui 5000 par semaine, elle a la capacité de quadrupler sa production.

Publié par Nastasia Desanti le lundi 27 avril 2020 dans Les Petites Affiches Matot Braine, n°7861 -https://forumeco.fr/

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Le centre hospitalier de Rambouillet dans les Yvelines (78) à équipé en 2011 ses services de réanimation et de pédiatrie avec des éléments en cuivre et alliages de cuivre antivirals et antibactériens.

Pour en savoir plus :

- Un hôpital teste le cuivre pour lutter contre les infections en juillet 2011
- Les alliages de titane pour le médical
- Un guide sur l’aptitude à l’utilisation des DM co-signé Cetim et Snitem
- Symposium « Matériaux antimicrobiens », 19 septembre 2018, à Reims
- Covid-19 : Les poignées en cuivre expérimentées dans la Marne sont un « moyen supplémentaire » de se protéger du coronavirus le 24 mars 2020
- Covid-19 : Une entreprise du Japon développe une feuille de fils de cuivre tressés qui accélère l’inactivation des particules virales le 10 avril 2020
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