Covid-19 : La société ASTI à Paulhac (Haute-Loire) s’est réinventée pour fournir 7.000 masques en tissu par jour L’entreprise ASTI de Paulhac produit 40.000 masques par semaine

, dans le réseau de Adrien Poggetti

L’entreprise ASTI de Paulhac a modifié son activité pour produire, depuis quelques semaines, des masques en tissu. Travaillant avec d’autres ateliers du Puy-de-Dôme et de Haute-Loire, elle produit environ 40.000 unités par semaine.


« Au début de la crise, on avait un carnet de commande fourni. Qui pouvait nous faire tenir un mois et demi. J’ai finalement décidé de ne pas attendre et de recentrer la production vers les masques en tissu. » Thierry Hayet, PDG de l’entreprise ASTI à Paulhac est, depuis, devenu un acteur économique altiligérien indispensable en cette période de crise sanitaire.

A l’instar de l’entreprise Cosmétosource de Fontannes, qui produit une grande partie du gel hydroalcoolique utilisé sur le Brivadois, l’atelier de confection de Paulhac, accompagné d’autres, est en contact avec de nombreuses communes et entreprises locales pour leur fournir des masques barrière. Et pas seulement.

Thierry Hayet a repris la confection ASTI en 2016. L’entreprise, spécialisée dans la sous-traitance de housse de matelas pour Recticel Langeac a ensuite vu son activité se diversifier, notamment en travaillant pour Valdeco (Paulhaguet) à la confection de rideau et de tissus utilisés dans l’hôtellerie de luxe. En parallèle d’un rachat de Valdeco, effectué en 2019, la société a développé un partenariat avec la marque 1083 produisant notamment des jeans 100 % français. «  On a mis deux ans et demi à se mettre au point. »

Moins de trois semaines pour s’adapter

Avec la crise du Covid-19, l’adaptation s’est avérée plus rapide. En un peu moins de trois semaines, ASTI s’est équipé, formé, et a mis en place tout un circuit de production et de vente de masques en tissus. « On a cherché du tissu sécurisé auprès de nos fournisseurs. Et on a fait le maximum pour se fournir localement. Les élastiques viennent notamment d’une entreprise de l’est de la Haute-Loire. Quant au modèle de masque, il a été validé avec la préfecture du Puy-en-Velay. » Le système de gestion des ventes et des livraisons s’est lui aussi mis en place à partir de zéro. Travaillant pour les collectivités et les entreprises, ASTI dispose désormais de points de retrait à Brioude, Sainte-Sigolène et Clermont-Ferrand.

JPEG - 45.8 ko
Photo ASTI Valdeco.

Environ 7.000 unités par jour

L’entreprise a donc, dans un premier temps, collaboré étroitement avec les services de l’État en Haute-Loire. Thierry Hayet a contacté la sous-préfecture pour proposer ses services. Les choses se sont enchaînées : « La préfecture nous a prévenus des commandes qui arriveraient, en nous désignant celles qui étaient prioritaires. »

Au début, on produisait 3.000 masques par jour avec deux ateliers. On n’arrivait pas à suivre la demande. Le fait de travailler avec la préfecture nous a notamment permis de gérer la pression des clients. Aujourd’hui, on est sur des délais d’approvisionnement plutôt raisonnables

Pour en arriver là, Thierry Hayet a fait de la prospection depuis le lancement de cette nouvelle activité, et a conclu des partenariats avec d’autres ateliers : un dans le Puy-de-Dôme et sept en Haute-Loire. « Au total, nous sommes désormais dix. On produit environ 7.000 masques par jour. On est le seul atelier auvergnat à parler en milliers d’unités. On arrive à peu près à 40.000 masques par semaine. »

Masques barrière, non sanitaire

Les masques en tissu sortant des ateliers d’ASTI et consorts ne sont pas des masques sanitaires. « Il n’y a pas d’homologation ni de certification, précise Thierry Hayet. C’est un masque lavable. On en produit deux types, dont un de catégorie 2 filtrant environ 88 % des particules. On produit pour le grand public, pas pour les pharmaciens. Ce n’est pas un masque sanitaire, c’est un masque barrière. L’idée, c’était avant tout de répondre aux priorités le plus rapidement possible. » Le nombre de lavages possibles est actuellement en test. L’autre masque est quant à lui produit dans un tissu servant habituellement aux housses de couette, de 120g/m².

Cette fabrication n’est pas bénévole, elle permet à ASTI de conserver une activité, mais le PDG insiste : « Mon but, c’est d’en distribuer le maximum à tout le monde. En terme de prix, le masque de départ est à 3 €, l’autre à 4 €. Dans les deux cas on est inférieur au prix moyen du marché. »

Je pourrais les vendre beaucoup plus, ils partiraient. Mais ce n’est pas l’objectif. Je veux aider mes camarades chefs d’entreprise à tourner.

Parallèlement, ASTI commence à reprendre son activité classique. Mais Thierry Hayet précise : « Je maintiens le niveau de production de masques et j’essaye de trouver d’autres ateliers pour rester dans la course. En Auvergne, je suis le seul à fabriquer dans de telles quantités. Et qui plus est, cela a permis d’aider certains ateliers en difficulté. »

Pierre Hébrard

Publié par Pierre Hébrard le 30 avril 2020 sur https://www.lamontagne.fr


Pour en savoir plus :

- Covid-19 : Le fabricant de masques de protection Valmy croule sous les commandes le 04 février 2020
- Covid-19 : pour le PDG de Kolmi-Hopen, « la demande de masques va durer » le le 01 mars 2020
- Covid-19 : La société Valmy, dans la Loire, croule sous les commandes de masques le 3 mars 2020
- Covid-19 : Le gouvernement veut accélérer la production de masques, l’industrie sous pression le 30 mars 2020
- Covid-19 : Emmanuel Macron veut « rebâtir » l’indépendance économique de la France le 31 mars 2020
- Covid-19 : « Produire en France » : le virage souverainiste de Macron suscite l’ironie des oppositions le 31 mars 2020
- Covid-19 : la filière textile enclenche la production de masques à grande vitesse
- Covid-19 : La PME lyonnaise Ouvry produit un masque réutilisable 100 fois et vise 1 million d’unités par semaine, le 10 avril 2020
- Covid-19 : Déconfinement : quel masque pour quelle protection ? le 20 avril 2020
- Covid-19 : La société ASTI à Paulhac (Haute-Loire) s’est réinventée pour fournir 7.000 masques en tissu par jour le 30 avril 2020