Covid-19 : Des masques « made in » Aube à 20 centimes ? Karim Sadki veut arrêter d’équiper nos soignants avec du matériel chinois

, dans le réseau de Bruno Dumortier

Karim Sadki, le patron de Pack’innov à La Chapelle-Saint-Luc, veut monter une usine de masques FFP1 ou FPP2 à Saint-Pouange dans le département de l’Aube en région Grand Est.. Avec l’ambition de monter très vite en puissance.


«  Je veux monter la plus grande usine de masques en Europe  », assure Karim Sadki, le patron de Pack’innov, une menuiserie installée dans la zone industrielle de La Chapelle-Saint-Luc.

Là, il fabrique des structures de fauteuil en sous-traitance. Il emploie trois personnes, il en a employé jusqu’à neuf. « Cela n’aura rien à voir. Ce sera une autre entreprise. Les locaux, je les ai déjà, ce sera à Saint-Pouange. On peut démarrer la production dans quinze jours », poursuit cet ingénieur en emballage-conditionnement, chimie et biochimie.

« Tout est prêt »

Tous les documents sont sur son bureau. Le modèle des machines, les certifications, les contrats pour la matière première. « Tout est prêt. Je vais m’associer avec un partenaire industriel, le fabricant de machines. Les masques, on peut les produire dans un premier temps à 40 centimes, puis, très vite, à 20 centimes pièce », assure le porteur de projet, particulièrement remonté contre les prix pratiqués aujourd’hui. Pas du tout impressionné par le projet concurrent monté par BioSerenity à Rosières-près-Troyes, il compte même accélérer son projet. « Cela motive encore plus. La concurrence, c’est bon pour tout le monde  », poursuit-il. Son seul regret, c’est d’avoir attendu des aides de la Région qui ne sont jamais – ou pas encore – venues. « Je dois avoir un problème  », persifle-t-il.

« Le but, c’est d’arrêter d’équiper nos soignants avec du matériel chinois. »

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Karim Sadki dans son bureau, avec ses actuels outils de menuiserie et, devant lui, les différentes cerfications des machines à fabriquer des masques à 82 000 dollars pièce.

Sa vie d’entrepreneur, certes, n’a pas toujours été tranquille, mais il justifie volontiers ses déboires, notamment la chute de son entreprise précédente entraînée par la faillite de Simpa. «  Depuis, j’autofinance toutes mes machines. Les banques ne regardent pas ça : elles me disent que je n’ai pas de fonds propres positifs. Mais tout est à moi !  », insiste-t-il avant de couper : «  Ce n’est pas grave. Je vais me débrouiller. On va le faire. Il y a un marché. »

Décrocher une commande ferme

Pour l’aider à démarrer, il aimerait quand même décrocher une commande ferme. « Une commande publique. Par exemple de la Région. »

Et de souligner : «  Le but, c’est de créer de l’emploi et d’arrêter d’équiper nos soignants avec du matériel chinois. C’est un choix de société. »

Le prix des machines, il n’a pas peur de le dévoiler, c’est 82 000 dollars. Elles produisent plus de 10 000 masques par heure. Après un démarrage avec quelques machines, il envisage une montée en puissance rapide jusqu’à plusieurs dizaines de machines.

L’usine, telle qu’il la voit, sera équipée de stérilisateurs au gaz pour répondre aux normes médicales. Elle fabriquera aussi des charlottes, des surblouses et des surchaussures. Et de conclure : « À terme, c’est 90 emplois, voire plus. »

Publié par Bruno DUMORTIER le mercredi 13 mai 2020 sur https://abonne.lest-eclair.fr


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