Covid-19 : Denis Arnoult : « Après les masques, le dur retour à la réalité » Denis Arnoult souhaite le “vrai fabriqué” en France. Une production entièrement faite en France ou en Europe.

, dans le réseau de Alice GILBERT , Arounie Tavenet

Denis Arnoult, le président de l’Union des industries textiles de Champagne-Ardenne, par ailleurs gérant de France Teinture, s’inquiète de l’après-Covid. La grosse production de
masques en tissus ne doit pas cacher la réalité d’une saison stoppée dans le textile. Il alerte l’Etat avec une série de revendications. Il souhaite notamment le “vrai fabriqué” en France. Une production entièrement faite en France ou en Europe.


Dans l’esprit des dirigeants de l’industrie textile, l’heure est déjà à l’après-confinement.

Et, pour le moment, c’est plutôt la morosité qui l’emporte. Les commandes tardent à venir, et la situation financière de plusieurs sociétés laisse augurer des réveils douloureux.

« On a beaucoup parlé de la production de masques dans nos entreprises. Mais cela ne doit pas masquer la réalité, à savoir que le textile va devoir sauter une saison. Même les grandes sociétés locales s’inquiètent de cette perspective. Et dans ces conditions, la deuxième moitié de l’année s’annonce très difficile », confie Denis Arnoult, le président de l’Union des industries textiles de Champagne-Ardenne, par ailleurs gérant de France Teinture.

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Denis Arnoult, le président de l’Union des industries textiles de Champagne-Ardenne, par ailleurs gérant de France Teinture.

Certes, il rappelle les efforts fournis par nombre d’entreprises qui ont répondu à l’appel lancé pour la fabrication de masques. « Aujourd’hui, elles continuent à fabriquer, d’autant que les carnets de commandes sont proches de zéro, en tout cas très timides. Mais on constate un effondrement de la demande de masques textiles. Certaines entreprises se trouvent désormais à la tête de stocks sans savoir qu’en faire. Il est nécessaire que les pouvoirs publics se préoccupent de cette situation. »

Vers un pôle d’excellence textile

D’où une série de revendications qu’il adresse directement aux représentants de l’État. « Il faut que nos entreprises soient éligibles au chômage partiel au moins jusqu’au 31 décembre 2020. Il faut aussi envisager l’annulation des charges en mars, avril et mai, comme c’est le cas dans d’autres secteurs d’activité. Il faut aussi que le prêt garanti par l’État soit porté à deux ans. »

Il évoque aussi la suppression des charges patronales «  pour la période des congés payés  » et la diminution de l’impôt de production « de manière à rendre les produits français plus compétitifs ». Il est conscient que cela peut coûter à l’État, « mais entre deux maux, il vaut mieux cela que du chômage… ».

Quel avenir dans ces conditions pour la filière textile ? « Ce que nous souhaitons, c’est le “vrai fabriqué” en France. Une production entièrement faite en France ou en Europe. Il faudrait que cela soit pris en compte dans le cadre des marchés publics. Ce serait bon pour la question de l’impact carbone. Ça nécessiterait bien entendu un certain nombre de contrôles. »

C’est dans ce cadre que se profile l’idée de la création d’un pôle d’excellence textile. C’est aussi dans cette perspective que le salon Citext aura bien lieu, à Troyes, les 23 et 24 septembre 2020.

Jean-François LAVILLE

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Les métiers à tricoter ont bien tourné pour les masques. Et après ? (Photo d’archives)

Publié par Jean-François LAVILLE le 02 juin 2020 dans L’Est Eclair en page VI

Quand l’État imposait le made in Vietnam

La Poste, avec sa plate-forme de distribution de masques pour les professionnels, propose des maques textiles fabriqués... au Vietnam. Ce qui fait bondir Denis Arnoult, le président des industries textile de Champagne-Ardenne.
C’est la ministre qui était à l’origine de ce choix « pour ne pas surcharger » l’appareil productif français qui était, au moment de la décision, totalement débordé par la demande.
Mauvaise analyse : une semaine ou deux plus tard, on constate un effondrement de la demande de masques textiles.

Publié le 25 mai 2020 dans L’Est Eclair


Pour en savoir plus :

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