Covid-19 : Déclaration sur la réunion du Comité d’urgence du Règlement sanitaire ‎international (RSI) concernant la flambée de nouveau coronavirus ‎‎(2019-nCoV) ‎ Le comité demande d’identifier la source de ce nouveau virus et son plein potentiel de transmission interhumaine.

, dans le réseau de Christophe Juppin

La réunion du Comité d’urgence convoquée par le Directeur général de l’OMS au titre du Règlement sanitaire international (RSI) (2005) pour examiner la flambée de nouveau coronavirus 2019 en République populaire de Chine a eu lieu le mercredi 22 janvier 2020, de 12 heures à 16 heures 30, heure de Genève (HEC), et le jeudi 23 janvier 2020, de 12 heures à 15 heures 10. Le Comité a pour rôle de donner son avis au Directeur général qui prend la décision finale sur la question de savoir si la flambée constitue ou non une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).


Le Comité fournit aussi des conseils en matière de santé publique ou suggère de manière formelle, selon les besoins, des recommandations temporaires.

Compte rendu de la réunion

Les membres et les conseillers du Comité d’urgence se sont réunis par téléconférence.

Le Directeur général a souhaité la bienvenue aux membres du Comité et les a remerciés de leur soutien. Il a ensuite donné la parole au Président, le Professeur Didier Houssin.

Le Professeur a aussi salué le Comité et a donné la parole au Secrétariat.

Le 22 janvier 2020, des représentants du Bureau du Conseiller juridique et du Département Conformité, gestion des risques et éthique de l’OMS ont informé les membres du Comité de leur rôle et de leurs responsabilités.

Il a été rappelé aux membres du Comité qu’ils étaient tenus à la confidentialité et qu’ils devaient signaler tout lien personnel, financier ou professionnel susceptible d’être perçu comme constituant un conflit d’intérêts. Chaque membre présent a été interrogé et aucun conflit d’intérêts n’a été jugé pertinent pour la réunion.

Le Président a ensuite passé en revue l’ordre du jour puis il a présenté les intervenants.

Le 23 janvier 2020, les représentants des Ministères de la santé de la République populaire de Chine, du Japon, de la Thaïlande et de la République de Corée ont fourni au Comité les informations les plus récentes sur la situation dans leurs pays. Le nombre de cas signalés en Chine est en progression, avec 557 cas confirmés à ce jour.

Conclusions et conseils

Le 22 janvier 2020, les membres du Comité d’urgence ont exprimé des vues divergentes sur la question de savoir si l’évènement constituait ou non une USPPI. L’avis émis par le Comité était alors que l’évènement ne constituait pas une USPPI, mais les membres du Comité sont convenus de l’urgence de la situation et ont suggéré que le Comité soit réuni à nouveau dans quelques jours pour examiner la situation plus avant.

Après l’annonce des nouvelles mesures de confinement prises à Wuhan le 22 janvier, le Directeur général a demandé au Comité d’urgence de se réunir à nouveau le 23 janvier pour examiner les informations fournies par les autorités chinoises sur l’évolution épidémiologique la plus récente et les mesures de gestion des risques prises.

Les autorités chinoises ont présenté de nouvelles informations épidémiologiques qui ont révélé une augmentation du nombre de cas, de cas présumés, de provinces touchées, et une proportion de décès parmi les cas signalés jusque-là de 4% (17 sur 557). Elles ont signalé des cas de quatrième génération à Wuhan et des cas secondaires hors de Wuhan, ainsi que quelques groupes de cas hors de la province du Hubei. Elles ont expliqué que des mesures de confinement rigoureuses (fermeture des réseaux de transport public dans la ville de Wuhan, ainsi que dans d’autres villes à proximité) avaient été prises. Après cet exposé, le Comité a été informé de l’évolution de la situation au Japon, en République de Corée et en Thaïlande, et de la possibilité qu’un nouveau cas ait été identifié à Singapour.

Le Comité a salué les efforts déployés par la Chine pour mener les investigations et maîtriser la flambée en cours.

Les éléments suivants ont été considérés comme étant d’importance majeure :

Il existe une transmission interhumaine du virus et, selon les estimations préliminaires, le taux de reproduction de base (RO) se situe entre 1,4 et 2,5. Une amplification de la transmission a eu lieu dans un établissement de santé. Sur les cas confirmés, 25% sont signalés comme étant sévères. La source reste inconnue (sans doute un réservoir animal) et l’étendue de la transmission interhumaine est encore peu claire.

Plusieurs membres du Comité ont considéré qu’il est encore trop tôt pour déclarer une USPPI, compte tenu de son caractère restrictif et binaire.

Sur la base de ces divergences de vue, le Comité d’urgence formule l’avis suivant :

À l’intention de l’OMS

Le Comité se tient prêt à une nouvelle convocation dans dix jours environ, ou plus tôt si le Directeur général le juge nécessaire.

Le Comité a appelé l’OMS à appuyer les efforts en cours moyennant une mission internationale multidisciplinaire, à laquelle participeraient des experts nationaux. Cette mission de l’OMS aurait pour objectif de passer en revue et d’appuyer les efforts visant à déterminer la source animale de la flambée et à évaluer l’ampleur de la transmission interhumaine, et de soutenir les efforts de dépistage dans les autres provinces de Chine, le renforcement de la surveillance des infections respiratoires aigües sévères dans ces régions, et les mesures de confinement et d’atténuation. Une telle mission permettrait de fournir des informations à la communauté internationale pour aider à comprendre la situation et son impact potentiel sur la santé publique.

Il convient que l’OMS continue à fournir tout l’appui technique et opérationnel nécessaire pour faire face à cette flambée, y compris moyennant ses vastes réseaux de partenaires et d’institutions collaboratrices, afin de mettre en œuvre une stratégie globale de communication sur les risques, et de permettre des progrès dans la recherche et des avancées scientifiques concernant ce nouveau coronavirus.

Compte tenu du fait que la situation épidémiologique évolue et que déclarer ou non une USPPI présente un caractère binaire restrictif, l’OMS devrait envisager un système plus nuancé, qui permettrait un niveau d’alerte intermédiaire. Un tel système permettrait de mieux refléter la gravité d’une flambée, son impact, et les mesures requises ; et d’améliorer la coordination internationale, y compris les efforts de recherche pour mettre au point des contre-mesures médicales.

À l’intention de la République populaire de Chine

- Fournir davantage d’informations sur les mesures de gestion des risques prises par l’ensemble des instances gouvernementales, y compris les systèmes de gestion de la crise aux niveaux national, provincial et dans les villes, ainsi que sur les autres mesures internes.
- Améliorer les mesures de santé publique rationnelles visant à endiguer et à atténuer la flambée en cours.
- Améliorer la surveillance et la recherche active des cas dans toute la Chine, en particulier lors des célébrations du Nouvel an chinois.
- Collaborer avec l’OMS et ses partenaires pour mener des investigations afin de comprendre l’épidémiologie et l’évolution de cette flambée, y compris des investigations spécifiques visant à comprendre quelle est la source du nouveau coronavirus, notamment le réservoir animal et les animaux impliqués dans la transmission zoonotique, et quel est son potentiel de transmission interhumaine, et le lieu de cette transmission ; ainsi que les caractéristiques cliniques associées à l’infection, et le traitement requis pour réduire la morbidité et la mortalité.
- Continuer à communiquer l’ensemble des données sur tous les cas à l’OMS, y compris les séquences génomiques, et les détails de toute infection chez des agents de santé ou de tout groupe de cas.
- Effectuer des dépistages au départ dans les aéroports et les ports internationaux des provinces touchées, dans le but de détecter à un stade précoce les voyageurs présentant des symptômes en vue d’une évaluation plus approfondie et d’un traitement, tout en réduisant au minimum les perturbations du trafic international.
- Encourager le dépistage dans les aéroports nationaux, les gares de chemin de fer, et les gares routières pour les trajets de longue distance si nécessaire.

À l’intention des autres pays

On peut s’attendre dans n’importe quel pays à l’apparition de nouveaux cas exportés de Chine. Par conséquent, tous les pays doivent être prêts à prendre des mesures pour endiguer la flambée, y compris par une surveillance active, un dépistage précoce, l’isolement et la prise en charge des cas, la recherche des contacts et la prévention de la poursuite de la propagation de l’infection par le 2019-nCov, et à communiquer l’ensemble des données à l’OMS.

Les pays sont invités à communiquer les informations à l’OMS en vertu du Règlement sanitaire international (RSI).

Des conseils techniques sont disponibles à l’adresse : https://www.who.int/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019.

Les pays doivent prêter une attention particulière à la réduction de l’infection chez l’homme, à la prévention de la transmission secondaire et de la propagation internationale, et s’attacher à contribuer à la riposte internationale moyennant des efforts multisectoriels de communication et de collaboration et une participation active à l’amélioration des connaissances sur le virus et la maladie, ainsi qu’aux progrès de la recherche. Les pays doivent aussi suivre les conseils de l’OMS concernant les voyages.(1)

À l’intention de la communauté internationale

Étant donné qu’il s’agit d’un nouveau coronavirus, et qu’il s’est avéré par le passé que des coronavirus semblables nécessitaient des efforts importants de partage systématique des informations et de recherche, la communauté internationale doit continuer à faire preuve de solidarité et de coopération, conformément à l’article 44 du RSI (2005), ses membres s’épaulant mutuellement pour identifier la source de ce nouveau virus et son plein potentiel de transmission interhumaine, pour se préparer à l’éventuelle importation de cas, et mener les travaux de recherche visant à mettre au point le traitement nécessaire.

Le Directeur général a remercié le Comité pour l’avis émis.

(1) https://www.who.int/ith/2020-0901_outbreak_of_Pneumonia_caused_by_a_new_coronavirus_in_C/fr/.

Contacts pour les médias

Tarik Jasarevic
Chargé de communication
OMS
Téléphone : +41227915099
Portable : +41793676214
Email : jasarevict@who.int

Publiée par Tarik Jasarevic le 23 janvier 2020 sur le site de l’Organisation mondiale de la santé - https://www.who.int/fr


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Si vous êtes malade, portez un masque "chirurgical" jetable pour protéger vos proches.
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Hugo Clément @hugoclement · 27 mars 2020
Répartition des décès covid-19 par classe d’âge (sur 507 décès) :
0-14 ans : 0%
15-44 : 1%
45-64 : 6,3%
65-74 : 14,4%
75 et + : 78,8%
Point épidémiologique du 24 mars 2020 par Santé publique France
https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/documents/bulletin-national/covid-19-point-epidemiologique-du-24-mars-2020
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Nicolas Meilhan
@NicolasMeilhan· 8 avril 2020
L’Île-de-France & le Grand-Est restent les 2 principaux clusters avec 223 & 107 décès en 24h. Si la situation s’améliore sur les réanimations dans le Grand-Est, le pic des réanimations en Île-de-France n’est toujours pas atteint alors qu’il semble passé sur le reste de la France

Pour en savoir plus :

- Covid-19 : Déclaration sur la réunion du Comité d’urgence du Règlement sanitaire ‎international (RSI) concernant la flambée de nouveau coronavirus ‎‎(2019-nCoV) le 23 janvier 2020
- Covid-19 : 5 choses à savoir sur le covid-19 avec l’expert des virus à Reims le 10 mars 2020
- Covid-19 : La France en pénurie de masques : aux origines des décisions d’État
- Covid-19 : éclairage du Pr Philippe Juvin, chef de service des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou le 17 mars 2020
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