Covid-19 : Adhex Technologies joue sur tous les fronts pour maintenir une activité de combat Adhex conçoit des adhésifs chirurgicaux, antimicrobiens, des étiquettes pour poches de sang, des films d’obturation à propriété optique…

, dans le réseau de Didier Hugue

Le spécialiste bourguignon des adhésifs technologiques pour l’automobile, la santé, le bâtiment et l’industrie déploie des trésors d’ingéniosité pour continuer de produire, même si l’automobile, son principal marché, est au point mort. La pandémie subie éveille une hyper-conscience au sein de ses équipes que pilote à distance ou sur place Roland de la Brosse, le président d’Adhex.


Le proverbe québécois : « La volonté ne se forge bien que dans l’adversité », colle parfaitement à l’état d’esprit qui règne aujourd’hui chez Adhex Technologies, concepteur et fabricants d’adhésifs techniques. C’est pourquoi l’entreprise implantée à Dijon s’est mise dans un nouvel ordre de marche pour continuer à produire.

« Nous n’avons jamais autant utilisé les technologies du numérique : partage d’écran, de fichiers, visioconférences…, et récupéré des informations pertinentes pour notre métier », indique Roland de la Brosse, le président de l’entreprise qui est aussi un groupe (*), avec trois filiales étrangères et le sérigraphe industriel Kerdaïno, récemment acquis près de Besançon.

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Machine d’enduction, l’un des équipements phares du fabricant d’adhésifs techniques. © Roland de la Brosse

Si le marché de l’automobile est au point mort (il représente 50% de l’activité habituellement), contraignant l’industriel à placer en chômage une partie de son effectif dijonnais de 380 personnes, la fabrication des produits pour la santé reste active, ainsi que certains composants pour l’industrie et le bâtiment.

Dans ces secteurs, Adhex conçoit des étiquettes alimentaires, des supports imprimés, des membranes d’isolations pour le toit et les murs, des adhésifs chirurgicaux, antimicrobiens, des étiquettes pour poches de sang, des films d’obturation à propriété optique…

Le monde économique de demain

«  Pas moins de 150 personnes de l’entreprise, principalement les services supports (administration des ventes, finances…), et une partie des ressources humaines comme de la R&D télétravaillent et en production, nous avons deux équipes en journée et une de nuit, soit 150 collaborateurs », détaille le dirigeant.

Rien n’est évidemment laissé au hasard pour respecter les gestes barrières, en réquisitionnant des salles et bureaux pour s’isoler, en assurant un nettoyage des postes, en fabriquant ses propres masques et gel, dont 200 litres par semaine offerts à des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). «  J’ajoute avoir mis en place une cellule de crise de 40 personnes pour répondre immédiatement à toutes éventualités. »

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Un ingénieur alternant met la main à la pâte pour remplir et mantentionner des bidons de colle. © Roland de la Brosse

À l’issue de cette feuille de route tracée, que pense Roland de la Brosse de la gestion du présent par les institutions et comment envisage-t-il l’avenir ? L’homme est aux antipodes du « va-t’en-guerre », adepte de la critique facile, fluide et abondante. Peu enclin à l’exposition, il a la parole discrète, voire rare.
«  Cette crise est plutôt bien gérée depuis le confinement en matière d’information sanitaire et de réaction économique avec les engagements financiers proposés  », souligne-t-il.

L’avenir, à ses yeux, demeure toutefois en demi-teinte. Il ne voit pas de risque industriel immédiat ou alors faible si la crise sanitaire s’arrête fin mai. « Le rebond viendra sauf, j’en ai peur, pour l’automobile ce qui n’est pas sans inquiétude pour nos filiales étrangères d’Espagne (**), du Brésil et de Slovaquie. Et plus globalement, il faudra modifier notre manière de travailler. »

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Impression d’étiquettes, dont de nombreuses pour le milieu médical. © Roland de la Brosse

Roland de la Brosse est le plus présent possible au côté de ses équipes. Un événement de l’entreprise lui a toutefois été impossible à fêter : le départ à la retraite de quatre salariés. « Cela m’a affecté de n’avoir pu leur dire tout le respect que je leur porte pour avoir tant donné à l’entreprise. »

Le groupe Adhex emploie au total 580 personnes dans le monde et son chiffre d’affaires atteint les 120 millions d’€. L’entreprise s’appelait antérieurement Plasto, avait été une filiale du groupe pharmaceutique Fournier, racheté en 2003 par Jacques Lepage et Roland de la Brosse.

(*) Associé à Bruno Loiseau, Roland de la Brosse exploite aussi une société sœur, baptisée Adhex Pharma (100 salariés) à Dijon, dernier fabricant français de patchs et films oraux dispersibles.
(**) Située à Vigo, la filiale espagnole venait de passer juste avant la crise sanitaire, de 5.000 à 13.000 m2 en déménageant sur un autre site.

Publié par Didier Hugue le 09 avril 2020 sur https://www.tracesecritesnews.fr


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