Covid-19 : À Pluvigner, Hillrom produit un lit pour la réanimation toutes les 4 minutes On peut produire 230 unités par jour, un lit toutes les quatre minutes

, dans le réseau de Frédéric Nicolas

Dans cette période trouble, nombre d’entreprises ont dû réduire la voilure ou réorienter leur production. Certaines doivent répondre à une demande exponentielle. C’est le cas à Pluvigner, où Hillrom, le spécialiste des lits médicalisés carbure à plein régime.


Solidarité coronavirus Bretagne

Pas un chat à l’extérieur. La nationale qui mène à Pluvigner (56) sommeille. En pénétrant sur le site de production du groupe de technologie médicalisée Hillrom (*), le contraste est saisissant. «  Tout le monde est sur le pont  », confirme le directeur du site Marc Capdeville. Les 250 salariés de Pluvigner (auxquels s’ajoutent 160 personnes en télétravail) ont été renforcés par des travailleurs intérimaires pour répondre à une demande qui explose. « Depuis deux mois, nous avons une augmentation de 30 % des commandes… On doit produire 36 000 lits jusqu’à fin septembre 2020 ». Et tout le monde s’y est mis : «  Les salariés des sections « finances », « RH » ou formation sont venus prêter main-forte sur les chaînes de montage  ».

JPEG - 62.5 ko
Le site de production de Pluvigner de l’entreprise Hillrom tourne à plein régime depuis deux mois. (Le Télégramme / Gwen Rastoll)

« Un lit, c’est une vie »

L’objectif est crucial : « sortir » le plus de lits médicalisés, qui seront déployés où la demande se fait sentir. C’est-à-dire : partout dans le monde. «  Un lit, c’est une vie  », résume Marc Capdeville. « Ce sont d’abord des lits de réa… Mais ils sont également envoyés vers les hôpitaux pour le moyen séjour, le court séjour… Seulement, aujourd’hui, le besoin le plus urgent va vers la réanimation… On parle d’équipement pour les soins aigus, avec des matelas anti-escarres ». 85 lits viennent ainsi d’être installés dans le nouveau bâtiment de réanimation de l’hôpital Henri-Mondor à Paris, qui accueille des malades du covid-19.

JPEG - 66.9 ko
Le site de production de l’entreprise Hillrom, à Pluvigner, tourne à plein régime depuis deux mois. (Le Télégramme / Gwen Rastoll)

Des demandes du monde entier

L’urgence est mondiale : « Nous travaillons avec 100 pays dans le monde. Le site aux États-Unis est plus axé sur la production des respirateurs, et a également du s’adapter pour répondre aux besoins vitaux… De Pluvigner, nos lits vont aller dans une centaine de pays. Mais les grosses commandes en ce moment sont, sans surprise, la France, l’Italie, l’Espagne, et désormais le Royaume-Uni et le Moyen-Orient ». Sur les trois prochains mois, 13 000 lits sortiront du site de Pluvigner. « On peut produire 230 unités par jour, un lit toutes les quatre minutes ». La partie montage et usinage ne s’arrête pratiquement pas, produisant de 5 h du matin à 22 h, avec deux équipes qui se relaient. « Tout en gardant l’aspect de la sécurité des employés comme une priorité, nous avons notamment mis en place des contrôles de température chaque matin et nous avons interdit les visites extérieures ».

JPEG - 55.7 ko
Le site de production de l’entreprise Hillrom, à Pluvigner, tourne à plein régime depuis deux mois. (Le Télégramme / Gwen Rastoll)

Hillrom espère maintenir le cap. « Nous avons eu des craintes, notamment au niveau des matériaux, des barres de métal ou des supports en plastique qui étaient produits par exemple en Espagne. Comme nous n’étions pas considérés comme une entreprise prioritaire, dans un premier temps, cela n’a pas été si facile. La logistique a été compliquée au mois de mars... On ne parle plus de coûts, notre objectif, c’est de sortir le plus de lits pour les patients. Actuellement, nous avons deux semaines de stock ». Deux semaines pour produire 3 220 lits, pour autant de vies accompagnées.

(*) Hillrom est un groupe de technologie médicale, leader sur le marché, avec un chiffre d’affaires mondial de 2, 91 milliards de dollars en 2019 et plus de 10 000 salariés

JPEG - 66.3 ko
Le site de production de l’entreprise Hillrom, à Pluvigner, tourne à plein régime depuis deux mois. (Le Télégramme / Gwen Rastoll)

Publié par Gwen Rastoll le 10 avril 2020 sur https://www.letelegramme.fr


Pour en savoir plus :

- Covid-19 : En 2018, on pouvait fabriquer 200 millions de masques par an en France en Côtes-d’Armor
- Covid-19 : Une usine de masques fermée dans les Côtes d’Armor en 2018 : un crève-coeur pour l’ex-directeur
- Covid-19 : Fermée il y a deux ans, une usine bretonne produisait des millions de masques
- Covid-19 : Fermée par Honeywell, l’usine bretonne de fabrication de masques en phase de relance le 10 avril 2020
- Covid-19 : À Quimper, Armor-lux confectionne des masques en tissu le 19 mars 2020
- Covid-19 : Armor-Lux se lance dans la production de masques en tissu le 24 mars 2020
- Covid-19 : Une entreprise bretonne NG Biotech met au point un test « ultra-rapide » de détection du Covid-19 le 31 mars 2020
- Covid-19 : Emmanuel Macron veut « rebâtir » l’indépendance économique de la France le 31 mars 2020
- Covid-19 : À Rohan, Roc’han Maille fabrique 3 000 masques le 03 avril 2020
- Covid-19 : un essai clinique "Monaco" avec du sang de ver marin démarre en France
- Covid-19 : Des milliers de surblouses Armor-lux pour le centre hospitalier de Brest le 11 avril 2020
- Covid-19 : À Pluvigner, Hillrom produit un lit pour la réanimation toutes les 4 minutes le 10 avril 2020
- Covid-19 : À Guingamp, Dolmen a déjà fabriqué près de 20 000 masques le 10 avril 2020