Covid-19 : À Paris, une batterie d’imprimantes 3D pour endiguer le coronavirus le 02 avril 2020 La plus importante plateforme d’impression 3D de matériel médical d’Europe.

, dans le réseau de Christelle Ayache

Une soixantaine de machines ont été installées à l’hôpital Cochin le 1er avril 2020 pour créer les milliers de pièces de matériel médical dont auront besoin patients et personnels soignants face au Covid-19.


À l’abbaye de Port-Royal, dans l’odeur boisée de la salle capitulaire, le portrait tricentenaire de mère Angélique Arnaud préside une assemblée de cubes électriques. Entre les lambris et les colonnes de chênes, des dizaines d’imprimantes 3D ont pris place. On en trouve le même nombre dans la pièce d’en face. Soixante au total, qui ronronnent en coulant à jet continu des filaments de plastiques pour fabriquer en urgence les milliers de pièces de matériel médical dont les hôpitaux parisiens ont cruellement besoin.

Il n’aura fallu que cinq jours pour que l’idée se concrétise. « C’est l’université de Paris qui est à l’initiative de ce projet en partenariat avec l’AP-HP, et avec le soutien du groupe Kering », affirme Gérard Friedlander, doyen de la faculté de médecine de l’université Paris-Descartes. Les bouches restent closes sur le montant de la somme avancée par le géant du luxe, mais le cachet avancé s’élèverait à plusieurs centaines de milliers d’euros.

Assez pour permettre la mise en place de ce dispositif hors norme, et son financement pour les quatre prochains mois, logistique et ingénieurs compris. Ces derniers, au nombre de cinq, ont été détachés sur ce projet par la start-up française Bone 3D, spécialisée dans l’impression de pièces de matériel médical. Ces éléments qui manquent cruellement alors que l’afflux de patients vers les hôpitaux ne tarit pas.

« C’est un des projets qui va permettre de franchir la crise », explique le docteur Roman Hossein Khonsari en présentant les machines. Ces imprimantes offrent en effet la possibilité de produire, rapidement et en grande quantité, du matériel en plastique pour les soignants et le traitement des malades : visières de protection pour le visage, valves pour respirateur artificiel d’urgence, matériel d’intubation, masques, poignées, et plus encore.

« Les seules choses que ces machines ne peuvent pas imprimer, ce sont des masques et des surblouses », vante sans trop d’exagération le doyen Gérard Friedlander, « mais des entreprises partout en France reconvertissent leurs lignes de production pour faire face à ces besoins ».

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Une pièce en cours d’impression à l’hôpital Cochin, à Paris, le 3 avril 2020. Sébastien Soriano, Le Figaro

Là est la grande différence avec une imprimante 3D. Alors qu’il faut plusieurs jours pour modifier une ligne de production, une imprimante 3D permet de créer dans la même journée des pièces différentes, et de passer du dessin d’un modèle virtuel à la création à grande échelle de prototypes en quelques heures seulement. C’est à la création des dessins et patrons de pièces, et à leur mise en production, qu’œuvreront 24 heures sur 24 les ingénieurs de Bones 3D et les équipes de l’AP-HP.

« Nous sommes en lien avec l’Agence de l’équipement des produits de santé, qui nous communique des listes de dizaines de pièces requises, ça serait impossible à fournir sans ces imprimantes », abonde Roman Hossein Khonsari. « C’est tout simplement la plus importante plateforme d’impression 3D de matériel médical d’Europe. »

Posé sur une table au milieu des machines, un écran d’ordinateur affiche en relief le modèle d’une valve en cours d’impression. À côté, ouvert, un croquis au stylo noir de la même pièce. Une illustration de la réactivité de ce dispositif, qui se réinvente au fur et à mesure que les commandes arrivent, et devrait prochainement pouvoir se mettre au service des services hospitaliers des autres régions de France. « Nous avons choisi d’installer cet ensemble dans l’hôpital Cochin, au plus près des malades, mais ce n’est pas que pour Paris », affirme le doyen Gérard Friedlander. « On le mobilisera pour les autres régions à mesure que la vague avancera. »

Publié par Pierre Sautreuil le 3 avril 2020 sur https://www.lefigaro.fr


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Damien Licata Caruso @DamienLicata · 03 avril 2020
Vue grand angle de 44 des 60 imprimantes 3D installées à Cochin et qui vont tourner 24h/24 pendant 4 mois pour fournir des pièces sur mesure pour tous les appareils des hôpitaux parisiens. Commandes sur http://covid3d.org #3Dprinting #COVID19.

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Ilroy Plowright @IlroyPlowright 04 avril 2020
Hier 3 avril, à @HopitalCochin, ce qui peut être qualifié de véritable usine s’est constituée.
Ces imprimantes, visiblement des @Stratasys, produiront en ABS des DM allant des consommables pour respirateurs aux adaptateurs en passant par des montures de lunettes.

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Ilroy Plowright @IlroyPlowright· 04 avril 2020
Sur une période pour le moment portée à quatre mois, des ingénieurs de Bone3D lanceront et monitoreront les impressions. Des prototypes seraient déjà en cours de qualification et - fonction des modèles - une capacité de production de 300u/jrs à 3000u/semaine est annoncée.

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Ilroy Plowright @IlroyPlowright · 04 avril 2020
Nommée 3D COVID, cette initiative de l’@APHP est rendue possible grâce au solide appui financier de @KeringGroup
http://3dcovid.org accueille les demandes et permet également de se tenir informé des stocks disponibles.
Les 60 imprimantes Stratasys ont été livrées au petit matin le 1er avril 2020 et installée avec Bone3D, CADVision et les équipes de l’hôpital Cochin. Notre nouveau lieu de travail : la magnifique salle capitulaire de l’Abbaye de Port-Royal !

Pour en savoir plus :

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