Courlancy-Bezannes, la clinique des superlatifs, démarre son activité à Reims-Bezannes le mardi 22 mai 2018.

, dans le réseau de Adrien TINGRY

75 000 patients par an, c’est ce qui attend la nouvelle Polyclinique de Reims-Bezannes. C’est certainement la plus grande clinique de France. Courlancy-Bezannes démarre officiellement son activité le mardi 22 mai 2018 avec une première intervention en chirurgie vasculaire. Retour sur une construction hors norme.


LES FAITS
• Après vingt-six mois de travaux et deux mois d’installation, la polyclinique Courlancy-Bezannes ouvre ses portes. La première intervention chirurgicale a lieu ce matin, le premier accouchement est prévu pour le 27 mai. Les consultations ont débuté depuis une dizaine de jours.
• La fluidité des trafics, la fonctionnalité des installations ont prévalu dans l’édification de ce bâtiment pour que les soignants exercent leur métier dans les meilleures conditions.
• Le budget de cette réalisation est de 140 millions d’euros.

Les premiers patients sont arrivés le lundi 21 mai 2018. Ceux en provenance des autres cliniques rémoises du groupe Courlancy sont transportés par le Samu à partir du mardi 22 mai, à raison de cinq par jour. Certes, ici ou là, tout n’est pas fini. Des services continuent leur transfert ou leur aménagement quelques jours durant, mais le plus gros est fait, de quoi permettre à la méga-clinique d’être parfaitement opérationnelle depuis ce matin.

Le début d’un nouveau chapitre de cette grande aventure imaginée depuis une dizaine d’années, à une époque où il n‘était pas exclu que ce soit…l’hippodrome de Reims que l’on reconstruise à Bezannes, la ville nouvelle de la périphérie rémoise.
Le projet a quelque peu évolué en cours de route. Si bien qu’au lieu d’ouvrir en 2016 comme on le pensait initialement, c’est la première pierre qu’on posait le 21 janvier cette année-là.

A compter de cet instant, le planning a été respecté, contre vents et marées, sans temps mort, avec jusqu’à 350 ouvriers par jour au plus fort de l’édification. Un peu plus de deux ans de travaux plus tard, dont une station de tramway spécialement réalisée, Courlancy-Bezannes accouche d’un ensemble immobilier gigantesque de 43 866m2 de plancher entièrement équipé, sur un terrain de huit hectares, pour une facture globale de 140 millions d’euros.

Tout pour bébé et sa maman

Au bout d’un hall d’accueil aussi vaste qu’une cathédrale, la rue publique intérieure de 120 mètre de long, au rez-de-chaussée, donne la mesure de l’édifice et de son activité. En plus des consultations (commencées, elles, depuis une dizaine de jours), 27 spécialisés médicales différentes sont développées : 1 200 personnes, médecins compris, travaillent ici : deux accueils d’urgence (dont un dédié à la maternité) sont fonctionnels, 6 500 passages vont se succéder chaque jour.

Courlancy-Bezannes, c’est d’abord le lieu où doivent naître 4 000 bébés par an dans des conditions optimales de sécurité et de confort, pour eux et les mamans accompagnées tout au long de leur parcours, avec des pratiques parfois innovantes, comme l’hypnose, l’accouchement, l’écoute après la naissance à l’occasion d’un temps d’échange et de partage.

Des patiens acteurs

Développer les hospitalisations en ambulatoire (sur une seule journée) est un objectif des pouvoirs publics et une priorité à Courlancy, par ailleurs connue pour avoir mis au point un système de récupération rapide après chirurgie (RRAC) depuis début 2017. A terme, l’ambulatoire pourrait compter pour 70% de l’activité. Pour y parvenir, les promoteurs de cette entreprise font le choix d’associer les patients à leur parcours de soins en leur rendant acteurs. « Si un malade arrive en marchant normalement à la clinique, on ne le transportera pas sur un brancard vers la salle d’opération. Nous privilégions le parcours à pied. On ne porte pas le même regard sur un patient debout plutôt qu’allongé », citent en exemple Jean-Jacques Lemoine et Laurence Blin-Nouveau, de l’équipe de direction.

Fonctionnalité maximale

Si la fluidité des trafics est une obsession majeure de la clinique, au point de se doter d’un système de géolocalisation des patients, l’efficacité en est une autre. Celle-ci commence par la disposition des lieux, à l’instar de ce qu’il se fait dans le bloc opératoire et l’unité de surveillance continue (USC). Toutes les salles d’op, équipées de matériels suspendus (pour qu’ils ne soient pas en contact avec le sol), sont visibles d’un seul coup d’œil. Les différents secteurs de la partie réanimation sont regroupés de façon à gagner un temps précieux dans les déplacements. De même, chaque chambre est dotée de son chariot de soins avec tous les médicaments nécessaires au patient. Quant aux appareils techniques de pointe, comme ceux utilisés en coronarographie ou celui de la salle hybride, qui combine intervention chirurgicale et imagerie, ils ont fait l’objet de vérifications et de réglages très poussés par les ingénieurs qui les ont conçus, y compris en fonction du traitement de l’air ambiant. C’est ainsi qu’une équipe allemande est venue spécialement pendant plusieurs semaines qualifier la salle de coronarographie Siemens qui équipait auparavant la clinique Saint-André.

« L’innovation et l’excellence »

Nouveau PDG du groupe Courlancy, le radiologue rémois Alain Guillemot revient sur les idées-forces qui ont conduit à la réalisation de cet équipement exceptionnel à plus d’un titre.

Dans quel but a été créée la clinique Courlancy-Bezannes ?
L’idée en revient à mon prédécesseur, Jean-Louis Desphieux. En 2007-2008, quand Courlancy a racheté le groupe Saint-André, il s’est projeté dans l’avenir et a compris que les trois cliniques rémoises du groupe Courlancy (Courlancy, Saint-André et Bleuets) allaient vieillir, voir mal vieillir. Il a donc pensé à rassembler en un lieu unique et moderne, la quintessence de notre savoir-faire. Le choix de Bezannes, entre autres pistes comme Thillois et la Neuvillette, s’est fait pour de multiples raisons, notamment la proximité de l’autoroute, du TGV et du tramway. Le résultat final est différent des premiers plans puisque nous gardons Courlancy-Reims et Les Bleuets.

L’enveloppe prévue de 140 millions d’euros a-t-elle été dépassée ?
Non. Le groupe Icade Santé, propriétaire des murs et habituellement tourné vers la rénovation plus que vers la construction, prend en charge 100 millions d’euros. Les 40 millions d’euros restants proviennent de la société civile et immobilière créée par les médecins. C’est leur clinique.

Vous n’avez pas participé au financement de la station de tramway dédiée à la clinique. Pour quelle raison ?
Parce que la santé est un bien précieux et que je trouve logique que les collectivités font un effort dans le service public que nous rendons alors qu’on évalue à près de 7 000 le nombre de passages quotidiens que va générer la clinique. Et puis, c’est dans l’air du temps qu’on puisse venir se faire soigner en tramway !

Par quels mots qualifiez-vous cette clinique ?
L’innovation technologique et l’excellence des praticiens et des personnels. Nous avons d’abord réfléchi au projet médical, que nous voulions mettre en œuvre avec nos équipes de cadres dirigeants et intermédiaires qui se sont investies de façon hors norme ! L’architecte urbaniste Jean-Michel Jacquet a ensuite imaginé le bâtiment en intégrant de nombreux paramètres, par exemple sur la fonctionnalité des espaces, la fluidité des trafics des personnels, des patients et des visiteurs.

« Un système de géolocalisation des patients, porteurs d’un bracelet avec une puce, assurera plus de fluidité »

Cette clinique inclut les dernières normes environnementales. Les économies que nous allons réaliser vont être très importantes. Le Groupe Icade Santé nous offre le système de géolocalisation des patients qui vont porter un bracelet avec une puce. D’ici quelques semaines, nous saurons en temps réel où ils en sont de leur parcours de soins, pour davantage d’efficacité. Nous disposons de matériels extrêmement performants, comme la salle hybride qui va combiner chirurgie et imagerie d’une très grande précision.

Quand pensez-vous atteindre votre rythme de croisière ?
Franchement, dès le mois de juin 2018. Nous ne pouvons pas nous permettre de demander aux patients d’attendre un peu au motif que nous emménageons. C’est pour cela que tout est planifié dans les moindres détails.

Qu’en est-il du projet de Jean-Louis Desphieux d’ouvrir un centre de consultations en région parisienne pour attirer la clientèle vers Reims ?
Nous nous sommes concentrés jusqu’ici sur l’ouverture de la clinique, ce projet était donc entre parenthèses mais il est toujours d’actualité. Il faut savoir que les tarifs des actes médicaux sont les mêmes et d’ailleurs en baisse. La différence des prix se fait sur les dépassements d’honoraires et dans ce domaine nous sommes très attractifs par rapport à Paris. D’une manière générale, nous voulons intensifier notre maillage. Nous avons également en projet, à côté de la clinique, la création d’un hôtel destiné aux accompagnants des patients.

Publié par Jean-Michel François le 22 mai 2018 dans http://www.lunion.fr


C’est le grand déménagement à la Polyclinique Reims-Bezannes. L’une des plus grandes de France, une technologie dernier cri. L’établissement flambant neuf s’étend sur 45.000 m².

Sa capacité d’accueil est de 320 lits en hospitalisation complète, et de 60 places en chirurgie ambulatoire. Outre l’accueil des patients aux urgences, la Polyclinique dispose de 22 salles d’opérations, 2 salles césariennes, ou encore de 9 salles d’accouchement.

Ce pôle de santé ultra-moderne regroupe 27 spécialités et emploie 150 médecins. Chaque année, 75.000 patients

Les premiers patients sont arrivés lundi 21 mai 2018. Ceux en provenance des autres cliniques rémoises du groupe Courlancy sont transportés par le Samu depuis le mardi 22 mai 2018.

Publié par CC avec Laurence Laborie le 18 mai 2018 dans https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est

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© Laurent Meney / France 3 Champagne-Ardenne

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