Covid-19 : « J’ai été moquée, mais la solution, c’est la réponse maximale », confie Roselyne Bachelot le 20 mars 2020 Nous avions un stock près d’un milliard de masques chirurgicaux et de 700 millions de masques FFP2.

, dans le réseau de Christophe Juppin

L’ex-ministre de la Santé Roselyne Bachelot avait dû gérer l’épidémie de grippe H1N1 pour laquelle la réponse de l’État avait été qualifiée de surdimensionnée par l’opinion publique, à la fin des années 2000. « J’ai été moquée mais j’avais raison », confie-t-elle ce vendredi 20 mars 2020 à Ouest-France, face l’absence de « stock d’État de masques FFP2 » révélée par l’actuel ministre de la Santé Olivier Véran en pleine crise du coronavirus.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a affirmé qu’il n’existait pas de «  stock d’État de masques FFP2 », alors que l’État en détenait 600 millions en 2012. Un stock qui a fondu depuis comme neige au soleil. Pour quelle raison ?

En 2009-2010, Roselyne Bachelot avait dû gérer l’épidémie de grippe H1N1 pour laquelle la réponse de l’État avait été qualifiée par l’opinion publique de "surdimensionnée". La ministre avait alors été raillée par les humoristes, les chansonniers, les politiques et les Français.

« Quand on veut armer un pays contre une épidémie... »

Michel Issindou - député PS

Aujourd’hui, c’est un peu sa revanche. « Il suffirait de relire mon audition après la grippe A, je n’ai qu’une théorie : en matière de gestion d’épidémie, l’armement maximum doit être fait. Nous avions un stock près d’un milliard de masques chirurgicaux et de 700 millions de masques FFP2. J’ai été moquée pour cela, tournée en dérision, mais quand on veut armer un pays contre une épidémie, c’est ce qu’il faut ! »

Roselyne Bachelot a quitté le gouvernement et a été remplacée, après Xavier Bertrand qui assuré la transition, par Marisol Touraine, sous la présidence de François Hollande, en 2012. « Mon successeur n’a pas jugé utile de réarmer le pays en masques, ni de prolonger l’établissement autonome chargé de constituer la réserve sanitaire. Peu à peu, le stock de masques a fondu. C’est extrêmement regrettable ».

Comme « conduire une Ferrari sur une route verglacée »

En matière de gestion des risques sanitaires, poursuit Roselyne Bachelot, "la seule solution, c’est la réponse maximale, la protection maximale". L’ex-ministre ironise. "J’avais raison à l’époque. Je pensais qu’on me rendrait justice après ma mort. J’ai dû attendre dix ans." Gérer une crise sanitaire, ajoute Roselyne Bachelot, c’est "conduire une Ferrari sur une route verglacée. C’est très compliqué."

Que pense-t-elle de la gestion de la crise par l’exécutif ? " Olivier Véran est un bon ministre qui gère ça bien. Le chef de l’État prend les décisions appropriées. Le problème avec les masques ne vient pas d’eux. De toute façon, l’heure n’est pas aux polémiques, il faut respecter le confinement, rester chez soi. Faire preuve d’obéissance civile. Il n’y a que cela à faire ."

Publié par Arnaud WAJDZIK le 20 mars 2020 sur https://www.ouest-france.fr


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Laurence Parisot @LaurenceParisot· 21 mars 2020
Hommage à ⁦@R_Bachelot ⁩ pour son intelligence d’alors et sa sagesse d’aujourd’hui.
https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-la-revanche-de-roselyne-bachelot-tournee-en-derision-l-epoque-6787174

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Jean Louis @JL7508· 20 mars 2020
"2 milliards de masques !!!"
Se souvient-on de cette interview où Elise Lucet, grassement payée par le contribuable, reprochait à Roselyne Bachelot d’avoir pris trop de précautions pour protéger les Français de la grippe H1N1 en 2009 ?
Roselyne Bachelot avait raison.

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Belharraa @Belharraa · 21 mars 2020
12 janvier 2010 - Michel Issindou, député PS « Il y a 180 morts par jour du tabac. Il y a 300 000 dans ce pays tous les ans, il y en a donc 10 000 par jour. On n’est peut être pas obligé de s’alerter, de s’affoler en permanence. La vie c’est aussi fait de ce risque là. Quand on est né, on doit vraissemblablement mourrir à tous les coups ! (...) On a tous des provisions considérable de masques, on n’est pas capable de me dire quand il faut les mettre, c’est un gaspillage de deniers public ! Qu’est-ce qu’on peut faire d’utile de ces masques ? » , Roselyne Bachelot entendue en commission après la grippe H1N1 : « Les masques sont une précaution en cas de pandémie. Ce n’est pas au moment où la pandémie surviendra qu’il faudra constituer les stocks. » Ouch. #COVID19

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Hélène Kaplan @HK__49_3 · 22 mars 2020
Roselyne Bachelot, déconfinée du purgatoire des rangées arrières. Son expérience est précieuse, ses intuitions exactes. Quel que soit le pouvoir des administrations centrales, c’est au ministre qu’incombe l’entière responsabilité de ses actes, de ses paresses, de ses lâchetés.

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C à vous @cavousf5 · 23 mars 2020
Quand la Commission d’enquête parlementaire reprochait à @R_Bachelot d’en avoir trop fait lors de la grippe H1N1.
Elle réagit dans #CàVous

Pour en savoir plus :

- 5 choses à savoir sur le covid-19 avec l’expert des virus à Reims le 10 mars 2020
- Face au COVID-19 BioValley France est en recherche active de cahiers des charges pour la confection de masques (chirurgicaux , FFP1 et FFP2) le 16 mars 2020
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