Coeur artificiel : Carmat a implanté six patients au 5 avril 2018 , une étape cruciale avant commercialisation Carmat fait part d’avancées dans l’essai clinique pivot de son coeur artificiel

, dans le réseau de Christophe Juppin

La société française Carmat a annoncé avoir implanté son cœur artificiel intégral sur six patients parmi la vingtaine inclus dans son étude "pivot". Le succès de cette dernière est crucial pour démarrer la commercialisation en Europe de cette prothèse innovante.

La société française Carmat a annoncé jeudi 5 avril 2018 avoir implanté son cœur artificiel intégral sur 30% des patients de son étude "pivot", étape clinique dont le succès est crucial pour démarrer la commercialisation en Europe de cette prothèse innovante. "Six patients" ont pour l’heure été implantés dans le cadre de cet essai, qui doit inclure au total une vingtaine de personnes souffrant d’insuffisance cardiaque au stade terminal, a précisé Stéphane Piat, directeur général de Carmat, dans un entretien à l’AFP. La société n’a pas indiqué dans quels pays ces implantations ont été réalisées.

Le taux de survie à un mois a atteint 100% pour les patients

La procédure chirurgicale a réussi pour chacun d’entre eux, et sa durée a été réduite de 21% sur les trois derniers patients par rapport aux trois premiers de l’étude, a souligné M. Piat. Selon Carmat, cela démontre à la fois "une forte amélioration" de l’apprentissage des équipes chirurgicales et une "bonne reproductibilité du geste opératoire". Le taux de survie à un mois a atteint 100% pour les six patients, contre 75% lors du précédent essai dit de "faisabilité", lequel portait sur quatre patients, tous en France, et qui s’était échelonné de fin 2013 à début 2016.

Sur le papier, les patients du nouvel essai sont toutefois "plus stables" que ceux de la première étude, qui en plus de leur insuffisance cardiaque terminale souffraient de maladies associées, comme l’insuffisance rénale, a rappelé M. Piat. "On a aussi baissé l’âge moyen de 9 ans par rapport à l’étude de faisabilité : sur les 6 patients implantés à ce jour dans l’étude pivot, la moyenne d’âge est de 60 ans", a encore prévenu le directeur général. "Il y a déjà eu des retours à domicile" de patients inclus dans la nouvelle étude, a-t-il indiqué, sans communiquer en revanche sur d’éventuels nouveaux décès.

Le premier patient de cette étude avait été implanté en France en août 2016 mais était mort quelques mois plus tard, à la suite d’une mauvaise manipulation des batteries de sa prothèse. L’essai avait alors été suspendu pendant six mois par l’Autorité nationale de sécurité du médicament (ANSM), le temps que Carmat procède à des améliorations de son dispositif. L’étude a repris depuis octobre 2017 à l’étranger, avec des implantations au Kazakhstan, puis en République tchèque.
Un succès si plus de la moitié des patients survivent à six mois

Carmat a aussi récemment obtenu l’autorisation d’étendre son essai au Danemark, mais n’a pas encore réalisé d’implantations dans ce pays, a ajouté M. Piat. Au-delà du Danemark, Carmat vise à étendre son réseau de centres cliniques dans trois pays supplémentaires, pour accélérer le rythme des implantations et tenir le calendrier serré que l’entreprise s’est fixé. Carmat espère finir toutes les implantations dès que possible cette année, afin d’avoir les résultats complets de l’étude entre fin 2018 et début 2019, quand elle compte obtenir le marquage CE pour démarrer la commercialisation en Europe. L’étude pivot pourrait être considérée comme un succès si plus de la moitié des patients survivent six mois après avoir été implantés.

Carmat mène toujours en parallèle des discussions avec l’agence américaine du médicament, la FDA, en vue d’initier une étude de faisabilité sur son coeur artificiel aux États-Unis, point de départ pour espérer accéder à terme au marché américain. La société vient par ailleurs d’ouvrir en région parisienne une nouvelle usine d’assemblage robotisé de ses prothèses, destinée à répondre à la montée en puissance de l’étude clinique pivot et à produire à l’avenir ses premiers lots commerciaux.

Publié par Sciences et Avenir avec AFP le 06 avril 2018 dans www.sciencesetavenir.fr

Publié par la depeche le 05 avril 2018 dans www.ladepeche.fr


Carmat se spécialise dans le développement de cœur artificiel, le dispositif le plus complexe qui existe. Elle a commencé à fournir des stents et puis des valves. Et actuellement, elle va plus loin. Afin d’améliorer ses prothèses, l’entreprise a accès à des milliers de données. Elle a fait sept implantations dont deux à l’étranger. Peut-on considérer Carmat comme une licorne française ? Quelles sont ses ambitions ? - On en parle avec : Stéphane Piat, directeur général de Carmat. - Plus Grand Plus Fort, du lundi 29 janvier 2018, présenté par Stéphane Soumier, sur BFM Business.

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Mise en ligne le 29 janvier 2018 dans bfmbusiness.bfmtv.com

Mise en ligne le 29/01/2018

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Le coeur artificiel Carmat est composé de deux éléments : une prothèse implantable faite de matériaux biocompatibles empêchant au sang de former des caillots et un système externe d’alimentation et de communication des données du rythme cardiaque.
© FRANCK FIFE / AFP

Pour en savoir plus :

- La France, paradis des jeunes pousses innovantes de Healthtech