Biotech : le long chemin de Genfit jusqu’au Nasdaq en mars 2019 De la difficulté à lever des fonds

, dans le réseau de Christophe Juppin

La biotech française a été freinée dans son développement par le manque de liquidités en Europe. Elle vient de céder des droits sur sa molécule phare à un partenaire chinois.

Le parcours du français Genfit, spécialiste de la maladie du foie gras ou NASH (stéatohépatite non alcoolique), illustre bien les difficultés rencontrées par les biotech européennes pour grandir. Alors qu’il a fêté en 2019 ses vingt ans, il espère réussir à commercialiser son premier produit en 2021. Créé en 2002, son concurrent le plus proche, l’américain Intercept, devrait mettre avant lui son premier produit sur le marché.

Le parcours de Genfit a été long, et même avec un temps de développement moyen des nouveaux médicaments d’une douzaine d’années, la difficulté à lever des fonds y est pour beaucoup. La société, qui a fait son entrée sur Euronext en 2006, a continué, en parallèle, à recourir à des placements privés, mais ceux-ci n’ont jamais dépassé les 50 millions d’euros. Ces refinancements successifs, pour des montants limités, l’ont conduit, en outre, à concentrer ses efforts sur l’Elafibranor, laissant en suspens d’autres projets. Seule son entrée au Nasdaq, en mars 2019, lui a, enfin, permis de lever 155 millions de dollars.

Accord chinois

Genfit est désormais à parité avec ses concurrents américains pour accéder à la ressource financière mais aussi gagner en visibilité. Un point qui a certainement joué en sa faveur dans l’accord qu’il vient de signer avec la société chinoise Terns Pharmaceuticals, basée à Shanghai et San Francisco et spécialisée dans le développement de nouveaux traitements contre les maladies du foie.

Genfit a cédé à Terns les droits exclusifs de développement, d’enregistrement et de commercialisation de l’Elafibranor en Chine. En contrepartie, Genfit a reçu 35 millions d’euros et il percevra jusqu’à 193 millions de dollars (170 millions d’euros) supplémentaires. Pour que le produit soit mis sur le marché en Chine, un essai clinique de phase III doit, en effet, être réalisé. Certaines molécules de Terns, en développement, pourront aussi être associées à l’Elafibranor, car le traitement de la NASH passera par les combinaisons de molécules.

Catherine Ducruet

Publié par Catherine Ducruet le 01 juillet 2019 dans https://www.lesechos.fr/

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