A quoi ressemblera l’hôpital du futur ? La Paris Healthcare Week a démarré le 29 mai 2018.

, dans le réseau de Aurélien Seve

La Paris Healthcare Week a démarré le 29 mai 2018. Ce salon dédié à la santé présente, entre autres, les nouvelles technologies qui font leur apparition dans le monde médical. L’occasion de voir ce que l’hôpital du futur nous réserve. Les géants de la tech s’allient aux start-ups pour développer des solutions numériques.


Entre une machine destinée à rééduquer le périnée, des modèles de civières et un stand de chaussures de bloc opératoire de toutes les couleurs, on trouve de tout dans le coin dédié aux technologies de la santé à la Paris Healthcare Week, qui n’a rien à envier à Vivatech.

Dans cet espace se dessine le monde médical de demain, qui bouleverse aussi bien les usages des praticiens de santé que des patients. Des écrans tactiles à l’accueil de l’hôpital pour prendre rendez-vous, des ambulances autonomes sans conducteurs et des robots-chirurgiens qui opèrent tout seul ? Pas du tout. Les géants de la tech, comme Microsoft, s’allient aujourdhui aux start-ups pour développer des solutions numériques. Tour d’horizon des technologies qui vous attendront bientôt en consultation.

Fixer un rendez-vous facilement

Tout commence au moment de la prise de rendez-vous. Pour trouver un praticien disponible, rendez-vous sur un site de prise de rendez-vous en ligne. Pour le patient, rien de plus facile. Côté médecin, ce n’est plus une personne dédiée qui remplit fastidieusement les plannings. En 30 minutes, les emplois du temps de toute l’équipe sont mis au point grâce à des outils de gestion comme PetalMD. "Chaque médecin entre ses obligations, personnelles ou professionnelles, dans le planning. Grâce à une forte puissance de calcul, le service obtient alors le planning le plus équitable pour tout le monde", explique Olivier Horent, consultant chez Récurrence, une société qui accompagne PetalMD. En cas d’imprévu, le programme trouve un remplaçant en fonction de la spécialité du médecin. Le chef de service reçoit une notification et n’a qu’à valider la procédure.

Pour les praticiens qui effectuent régulièrement des remplacements dans des structures de santé, fini le bouche à oreille et les SMS reçus de façon aléatoire du genre "Dispo les 24 et 25 pour un rempla en consult au CHU ?". Tout se passe sur les applis comme Whoog. Ce système d’alerte envoie directement une notification à tous les profils de médecins qui correspondent au besoin. Le premier qui répond est alors officiellement inscrit auprès de l’établissement de santé pour la mission. Un système déjà mis en place dans plusieurs établissements français, comme au CHRU de Brest ou à l’Hopital européen de Marseille.

Une consultation "sur écoute"

Vient ensuite le moment de la consultation. Parmi les nouvelles aides au diagnostic qui accompagnent les professionnels figure l’analyse vocale. Le patient, qui explique ses symptômes et parle des antécédents médicaux présents dans sa famille, est en quelque sorte "mis sur écoute" par un logiciel appelé EmpowerMD. "Comme la commande vocale d’un téléphone, il comprend tout ce qui se dit dans le cabinet et identifie des mots-clés. Il les classe ensuite par famille et finit par donner des conseils de prescription au médecin", explique Antoine Denis, le directeur des solutions santé chez Microsoft. En ayant entendu "douleur dans la poitrine" et "ma mère a eu un cancer du sein", le logiciel proposera automatiquement une imagerie médicale de dépistage.

L’intelligence artificielle en radiologie

Avec ProjectInnerEye, ces imageries deviennent de plus en plus précises. Le radiologue n’a plus besoin de deux heures pour détourer une tumeur avec ses plans de coupe, c’est-à-dire, savoir précisément de quelle taille elle est et où elle s’est développée. "En moins d’une minute, le programme peut vectoriser la tumeur grâce à l’intelligence artificielle", souligne Antoine Denis. Un dispositif qui pourrait s’avérer particulièrement utile dans les situations d’urgence.

Opérer en réalité augmentée

Dernière étape du parcours de soin, le bloc opératoire, dans lequel la réalité augmentée fait son entrée. Au contraire de la réalité virtuelle, qui plonge l’utilisateur dans un monde parallèle fermé, la réalité augmentée se présente sous la forme de lunettes sur lesquelles viennent se greffer des images. Avec la paire de lunettes HoloLens mise au point par Microsoft, les chirurgiens peuvent voir en hologramme des scanners, des IRM et radiographies pour être le plus précis possible dans leurs gestes.

Elles permettent par exemple de repérer un vaisseau invisible à l’œil nu qu’il ne faut pas sectionner ou de se faire épauler à distance par des confrères spécialisés. En décembre dernier, une première opération de l’épaule avait eu lieu à l’hôpital Avicenne à Bobigny (Seine-Saint-Denis) avec l’HoloLens. Microsoft a confirmé dernièrement qu’une nouvelle paire de lunettes est en cours de développement. Le nouveau modèle pourrait être dévoilé en 2018.

Publié par Coralie Lemke le 30 mai 2018 dans https://www.usinenouvelle.com/


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