A Strasbourg, Domain Therapeutics veut lever 30 millions d’euros et essaime des start-up pour l’industrie pharmaceutique le 11 septembre 2019 Le modèle économique de l’entreprise s’appuie sur la création de sociétés mono-produits qui développent les innovations sorties de ses laboratoires.

, dans le réseau de Guillaume Facchi

La biotech strasbourgeoise qui vient de fêter ses dix ans le 11 septembre 2019, se prépare à une forte croissance pour devenir un acteur de poids dans l’industrie pharmaceutique. Spécialisée dans le développement et la découverte de nouvelles molécules thérapeutiques, Domain Therapeutics initie une levée de fonds, d’une trentaine de millions d’€. Son modèle économique repose aussi sur la création de start-up par produit qu’elle valorise auprès des industriels de la pharmacie.

Implantée à Illkirch, près de Strasbourg, Domain Therapeutics emploie 57 salariés, 47 en Alsace et 10 dans sa filiale canadienne. Et l’effectif pourrait doubler d’ici à deux ans. «  Nous avons besoin de cette croissance pour devenir plus crédible auprès des industries pharmaceutiques. Nous y parviendrons par croissance externe et interne  », annonce Pascal Neuville, le directeur général de l’entreprise à l’occasion du 10ème anniversaire de la société, fêté le 11 septembre 2019 sur le Bioparc à Illkirch.

Le docteur en biologie moléculaire, cofondateur en 2008 de Domain Therapeutics avec Youssef Bennani, docteur en chimie, souhaite notamment renforcer les compétences de la société dans le domaine du business développement et a recruté pour ce faire, au sein du conseil d’administration, une ancienne salariée de Merck, Sylvie Ryckebusch, qui était responsable des licences en neurologie et en maladies auto-immunes.

Le développement de nouvelles molécules thérapeutiques nécessitant de gros moyens, Domain Therapeutics cherche régulièrement à séduire de nouveaux investisseurs.

En mai 2019, Seventure Partners, son actionnaire principal, renforçait sa participation avec un apport de 3,5 millions d’€ afin d’initier une levée de fonds d’une trentaine de millions d’€. « Nous espérons finaliser cette levée de fonds d’ici six à neuf mois. Les fonds serviront à réaliser de nouveaux programmes de recherche et à financer de façon plus importante les sociétés que nous créons », précise Pascal Neuville.

Car le modèle économique de l’entreprise s’appuie aussi sur la création de sociétés mono-produits qui développent les innovations sorties de ses laboratoires. Ces start-up sont ensuite financées par des investisseurs en capital-risque, puis vendues à une industrie pharmaceutique.

En 10 ans, la biotech alsacienne a créé six sociétés. La dernière en date Ermium Therapeutics, née en juin 2019, développe des molécules pour le traitement des maladies auto-immunes. Jusqu’à 3 millions d’€ seront investis dans cette nouvelle société. A chaque fois, l’objectif est de conserver une part du capital assez importante pour ne pas être «  dilué » une fois la vente effectuée auprès des industries pharmaceutiques.

Trois nouvelles sociétés en cours de création

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10 ans après sa création, Domain Therapeutics se déploie sur deux sites, à Strasbourg (le laboratoire alsacien en photo) et à Montréal. © Julie Giorgi.

eN 2018, l’une de ces jeunes pousses, Prexton Therapeutics, a été vendue à Lundbeck pour pas moins de 100 millions d’€. Ce laboratoire danois versera potentiellement jusqu’à 805 millions d’€ en paiement de développement et d’étapes règlementaires et commerciales. Le prix à payer pour détenir les droits mondiaux du foliglurax, un médicament, en essai clinique de phase 2, utilisé pour traiter les symptômes de la maladie de Parkinson.

En tant qu’actionnaire et propriétaire du brevet, Domain Therapeutics a touché 6 millions d’€ de cette transaction, mais pourrait recevoir 101 millions d’€ en fonction des étapes de développement. Une somme qui pourrait être encore plus importante si l’entreprise en était l’actionnaire majoritaire…

Cette transaction significative valide la stratégie de la biotech alsacienne. Dans les 18 mois à venir, Pascal Neuville annonce la création de trois nouvelles sociétés.

Deux dans les domaines de recherche historiques de l’entreprise : la maladie de Parkinson et l’immuno-oncologie (traitement des cancers), et la troisième dans le traitement de la douleur, afin de développer un médicament qui n’agit pas sur les récepteurs opiacés (en cause dans une crise de santé publique aux Etats-Unis pour leurs effets de forte dépendance).

« Nous ne visons pas la mise sur le marché car c’est encore une autre échelle, mais nous aimerions amener nos candidats médicaments jusqu’en essai clinique de phase 2 », prévient le directeur général qui est aussi le président de SEMIA, l’incubateur de la Région Grand Est. Domain Therapeutics n’a pas fini de faire parler d’elle.

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De g. à d. Youssef Bennani, président, et Pascal Neuville, directeur général. © Julie Giorgi.

Publié par Julie Giorgi, le 17 septembre 2019
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